Ce samedi 23 octobre, plusieurs milliers de personnes ont manifesté contre l’extrême droite dans les rues de Lyon. Selon la préfecture du Rhône ils étaient 1800, contre 5000 d’après les organisateurs. (Photo Hadrien Jame)

Près de 2000 personnes manifestent contre l’extrême-droite à Lyon, reportage

Les opposants de l’extrême droite s’étaient donnés rendez-vous ce samedi après midi place Bellecour, à l’appel de plusieurs collectifs et associations d’extrême gauche. Le cortège, composé de 1800 personnes selon la préfecture, 5 000 selon les organisateurs, s’est fait entendre, notamment aux abords du Vieux-Lyon, considéré comme un bastion de l’ultra droite.

Surtout marquée par les manifestations des anti-pass depuis le début de l’été, ce samedi 23 octobre la Presqu’île de Lyon a accueilli un autre genre de contestation. Sur les coups de 14 heures, plusieurs milliers de manifestants se sont réunis sur la place Bellecour pour dénoncer les "violences d’extrême droite", à l’appel de nombreuses organisations de gauche et extrême gauche. 

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Emmené par la Jeune Garde, une organisation antifasciste fondée en 2018 à Lyon et qui rassemble de nombreux jeunes, le cortège a rapidement pris la direction du pont Bonaparte afin de franchir la Saône et de rejoindre le Vieux-Lyon. Malgré la présence d’une poignée de Gilets Jaunes en tête de cortège, ce qui a parfois créé quelques tensions avec le service d’ordre de la manifestation, les manifestants arrivent unis dans le 5e arrondissement. 

Le cortège était composé de groupes antifascistes mais également de nombreuses organisations syndicales. (Photo Hadrien Jame)

Pas d'incidents au passage du Vieux-Lyon

Au passage du pont, le ton est donné d’entrée par le porte-parole de la Jeune Garde Raphaël Arnault, qui déclare "Vous inquiétez pas, on assurera s’il y a une attaque de fachos". Un message loin d’être anodin alors que le cortège composé de 1800 personnes, selon la préfecture du Rhône, et 5 000 selon les organisateurs, s’avance sur les quais du Vieux-Lyon, un quartier considéré comme un bastion de l’ultra droite.

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Lyon, "berceau" des groupes d'ultra-droite selon la commission d'enquête (2019)

La plupart des rues permettant d'accéder au Vieux-Lyon par les quais de Saône étaient fermées par des cordons de policiers. (Photo Hadrien Jame)

Alors que les manifestants défilent devant le palais des 24 colonnes, et que les drapeaux aux couleurs rouges, blanches et noires des différentes organisations comme le Planning familial Rhône ou encore les syndicats CGT, Solidaires et FSU, flottent au-dessus du cortège, les chants et les huées s’intensifient. Derrière les cordons de policiers qui empêchent l’accès aux rues du Vieux-Lyon, on aperçoit de petits groupes d’individus en noirs,  impossible d’affirmer s’il s’agit de membres de l’ultra-droite, mais ils sont copieusement huées. 

La jeunesse antifasciste donne de la voix

Au fur et à mesure de l’avancée sur le quai les chants se font de plus en plus fort au son d’un entraînant "Siamo tutti antifascisti" ("Nous sommes tous antifascistes !"), repris à tue-tête par les jeunes manifestants de la Jeune Garde, qui animent la tête de cortège dans une ambiance plutôt joyeuse. À l’approche de la Traboule, ancien fief du groupe Génération Identitaire, une organisation d'ultra-droite dissoute par le gouvernement, la situation se tend un peu.

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À l'approche de la Traboule, l'ancien fief de Génération identitaire, la tension est montée d'un cran. Mais il n'y a pas eu de débordements. (Photo Hadrien Jame)

Pendant que le gros du cortège continue sa route en direction de la place des Terreaux un groupe s’attarde en criant des "Lyon, Lyon Antifa" au milieu d’une fumée noire dégagée par un fumigène. Place Ennemond Fousseret, la tension monte pendant plusieurs minutes, avant que finalement l’attroupement ne se disperse devant la présence des forces de l’ordre, sans conséquence. Tout comme le reste du passage dans le Vieux-Lyon qui n’aura pas donné lieu à des incidents. 

Unis face à l'extrême droite

Une quinzaine de minutes plus tard, alors que la tête du cortège s’apprête à rentrer sur la place des Terreaux les manifestants s’arrêtent rue Constantine pour entamer des chants et des clappings. Au rythme du tambour, les "Lyon c’est ma ville, fasciste de m****, je la défendrais, vive la Jeune Garde", se font entendre depuis la place, où les terrasses de cafés sont encore bien occupées sur les coups de 16 heures.

À l'entrée sur la place des Terreaux la Jeune Garde lance un grand clapping. (Photo Hadrien Jame)
Le cortège a terminé son parcours, sur ls coups de 16 heures, sur la place des Terreaux par quelques discours. (Photo Hadrien Jame)

Calme et plutôt bon enfant de bout en bout, le cortège qui se voulait "uni contre les violences d'extrême droite" s'est fait entendre et a montré sa cohésion dans les rues de la Capitale des Gaules, que les mouvements de gauche considèrent "comme un "laboratoire de l'extrême droitedepuis maintenant plus de 10 ans". Selon le secrétaire départemental de l'Union départementale CGT du Rhône, Joao Pereira-Afonso, ils ont "rappelé haut et fort que Lyon n'accueille pas de bon gré ces groupuscules". 

Malgré le froid, le soleil a brillé haut au-dessus de la tête des manifestants tout l'après-midi. (Photo Hadrien Jame)

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