Manifestation contre l’insécurité à Lyon le 21 septembre 2020, organisée par les mouvances identitaires © Antoine Merlet
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Alain Chevarin : “Lyon est le laboratoire intellectuel des extrêmes droites françaises”

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À l’été 2019, devant la commission d’enquête sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite en France, Lucile Rolland, alors cheffe du service central du renseignement territorial (SCRT), explique aux députés : “On peut pratiquement dire que le berceau [des groupuscules d’extrême droite, NdlR] (…) est la région lyonnaise (et) s’étend à la région Auvergne-Rhône-Alpes.” En septembre dernier, Alain Chevarin, ancien professeur de lettres à l’IUFM de Clermont-Ferrand, publie Lyon et ses extrêmes droites (éditions de la Lanterne). ll analyse les conditions historiques et politiques qui ont permis de faire de la capitale des Gaules “le laboratoire intellectuel des extrêmes droites françaises”.


“On trouve à Lyon quasiment tous les partis, mouvements ou groupuscules d’extrême droite, des plus anciens aux plus récents”

Lyon Capitale : Quel panorama d’ensemble dressez-vous de l’ultra droite à Lyon ?

Alain Chevarin : Je n’emploie pas ici le terme “ultra droite”, que je préfère réserver aux mouvements clandestins ou terroristes, qui ne sont pas le sujet de mon livre ; je parle des extrêmes droites, ce qui à mon avis rend mieux compte, précisément, du panorama de cette mouvance et des passerelles qui existent entre les partis et mouvements très divers la composant, des relativement modérés aux plus radicaux. Lyon se distingue par plusieurs caractéristiques. L’implantation des extrêmes droites y est remarquable par sa densité et sa diversité : on y trouve quasiment tous les partis, mouvements ou groupuscules d’extrême droite, des plus anciens aux plus récents, de l’Action française à l’ex-Bastion social, des nationaux-catholiques aux néo-païens, des activistes violents aux électoralistes frontistes. Cette implantation est aussi remarquable par sa pérennité et, sauf pour le Rassemblement national, sa concentration géographique dans les quartiers médiévaux ou Renaissance du Vieux-Lyon, où groupes et mouvements extrémistes ont ouvert depuis deux décennies des locaux associatifs, salles de sport, bars et magasins, signe d’une volonté de s’approprier ces quartiers.

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