Le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke, s’est rendu ce vendredi 9 octobre au lycée Édouard-Herriot, dans le 6e arrondissement de Lyon, pris pour cible hier matin par des individus ayant jeté des mortiers d’artifice et blessant quatre personnes.
Si les lycéens sont moins nombreux que la semaine dernière devant leurs établissements scolaires, le mouvement de contestation se poursuit. Le lycée Édouard-Herriot, situé dans le 6e arrondissement de Lyon, déjà théâtre d’affrontements la semaine passée avec les forces de l’ordre, a été marqué par un nouvel incident jeudi matin alors qu'un blocus avait lieu. Plusieurs individus ont lancé des mortiers d’artifice sur la façade de l’établissement, blessant deux membres de l’équipe de direction, un agent et un parent d’élève, qui se trouvaient alors sur le perron. Une porte vitrée et une fenêtre ont été fissurées.
"Ça a été extrêmement bref, extrêmement bruyant. C’est comme si vous étiez au cœur d’un feu d’artifice", a confié ce vendredi 9 octobre le directeur de l’établissement, Damien Coursodon, présent au moment des faits. Une plainte a été déposée.
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Confondre et condamner
Un "déchaînement de haine", dénoncé par le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke, qui s’est rendu sur place cet après-midi pour apporter son soutien à la communauté éducative et promettre de "ne rien lâcher" pour confondre les auteurs et les faire condamner. "Les malfrats qui se sont attaqués à cet établissement ont voulu s’en prendre à l’histoire, au patrimoine, mais il y a aussi une volonté de s’en prendre aux personnes. C’est inacceptable", a-t-il poursuivi. Le président de la collectivité a annoncé qu'une dizaine de plaintes sont actuellement déposées par la Région.
Après une semaine de mobilisation, les dégâts sur l’ensemble du territoire sont toujours estimés entre 25 et 30 millions d’euros. "C’est considérable", a encore déploré Fabrice Pannekoucke, arguant avec force que "ça ne peut pas être au contribuable de payer." "C’est pour cela que nous devons être fermes et déterminés sur le fait que les casseurs doivent être appelés en responsabilité", a-t-il martelé. Antoine Guérin, préfet délégué à la défense et à la sécurité, a par ailleurs annoncé que plus de 200 personnes ont été interpellées depuis le début du mouvement dans le Rhône, quand 44 policiers et gendarmes ont été blessés. "Nous continuerons à interpeller tous ceux qui commettent des actes de violence et des dégradations", a-t-il assuré.

Et d'ajouter : "On a le droit de manifester et d’exprimer des revendications, mais on n’a pas le droit de commettre des violences et de s’en prendre à des personnes." Alors que le maintien de l’ordre est particulièrement critiqué ces derniers jours, notamment après qu'un adolescent a perdu une main après l'explosion d'une bombe de désencerclement à Lens, le préfet soutient : "Nous sommes dans la retenue. Lorsqu’une manifestation est déclarée, les forces de l’ordre sont dans l’accompagnement, mais lorsqu’on commet des violences, elles interviennent. Les forces de l’ordre mesurent leur réponse. Elles sont là pour protéger et empêcher ces violences."
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"Les élèves ont des choses à dire et ils ont une profonde envie d’agir"
Fabrice Pannekoucke a également assuré "être à l’écoute" pour comprendre une jeunesse "parfois perdue", "mais ça n’est pas à confondre avec des acteurs extérieurs aux établissements qui ne sont pas en recherche d’apprentissage ou d’amélioration des qualités d’enseignement, mais qui ont la volonté d’en découdre et de semer le chaos", a-t-il poursuivi. Agents mobilisés, 300 millions d’euros investis en 2026… "Nous sommes au rendez-vous", a martelé le président de Région. À ce titre, Fabrice Pannekoucke a indiqué que plus aucun établissement d’Auvergne-Rhône-Alpes n’est considéré comme insalubre, alors que la ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé jeudi que 114 lycées français sont classés "rouges" et 400 "oranges."

"Aujourd’hui, on est présents parce qu’on souhaite continuer notre mission. Ce moment a perturbé ce droit à manifester et à apporter des revendications. Il y a eu des dégradations, mais les stigmates sont encore plus forts dans nos têtes", s'est aussi désolé le chef d’établissement, après ce qu’il décrit comme "un moment de sidération." "Il y a une vraie unité pour continuer à enseigner et à éduquer parce que ces gamins seront meilleurs demain et ils auront appris des choses à nos côtés", a-t-il espéré. Se pose désormais la question d’un possible retour en classe la semaine prochaine. Dès lundi, le directeur réunira en ce sens l’ensemble des équipes pour organiser le retour des élèves. "On sera au travail et on veut tous un retour en présentiel. En revanche, on ne peut pas faire comme s’il ne s’était rien passé. Les élèves ont des choses à dire et ils ont une profonde envie d’agir", a plaidé le directeur du lycée Édouard-Herriot. S’il admet "ne pas avoir toutes les réponses", Damien Coursodon a promis d’accompagner ses élèves "qui ont peur du présent, du futur et de ne pas trouver de boulot". "On leur doit. On doit les soutenir dans cela", a-t-il conclu.
