Hôtel de Région. @WilliamPham

Lyon : avec un budget de 300 millions d’euros, la Région donne la priorité à la sécurité en Auvergne-Rhône-Alpes

Lors des dernières élections régionales, Laurent Wauquiez avait placé la sécurité au coeur de son programme. À l’occasion de l’ouverture de l'assemblée plénière estivale de l'assemblée régionale, ce lundi, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a dévoilé son plan pour renforcer la sécurité en AuRA, avec notamment l'expérimentation de la reconnaissance faciale dans les transports.

Augmentation des effectifs de la police ferroviaire, déploiement d’un dispositif de reconnaissance facial, création d’une brigade régionale de sécurité "pour venir en appui" aux lycées ou encore installation d’un centre chargé de superviser la sécurité dans les transports scolaires, sont autant de mesures présentées, ce lundi matin, par Laurent Wauquiez afin de "renforcer la sécurité" en Auvergne-Rhône-Alpes. Devant le conseil régional, l'élu Les Républicains déclarait ainsi "j'assume d'agir pour la sécurité, sans devoir l'enrober par d'autres mots, car l'enrober, c'est ne plus agir vraiment. En matière de sécurité, ce dont nous avons besoin, c'est d'agir".

Une compétence qui interroge

"En doublant le budget alloué à la sécurité pour atteindre plus de 300 millions d’euros", sur la nouvelle mandature, le nouvel exécutif régional annonce donc clairement son intention de donner la "priorité à la sécurité". Un choix de thématique qui interroge, car, lorsque l’on s’intéresse à la répartition des compétences entre les collectivités, la sécurité ne fait pas directement partie des prérogatives de la Région et est surtout dévolue aux communes, à l’État ou encore aux départements. Pour développer sa politique sécuritaire, la collectivité régionale développe donc des projets liés à la sécurité dans des domaines où elle possède bien des compétences. Comme les transports ou les lycées. 

En doublant le budget de la région alloué à la sécurité, le président de la collectivité Laurent Wauquiez "veut agir vite et concrètement". © Antoine Merlet

L’exécutif, qui a été reconduit pour un second mandat, prévoit ainsi d’augmenter de "50 % les effectifs de la police ferroviaire d’ici la fin de la mandature". Cela devrait se traduire par une première augmentation de "30 % d’ici la fin de l’année", promet Laurent Wauquiez. Outre le déploiement de nouvelles caméras de vidéoprotection, qui sont déjà au nombre de 1 900, réparties dans 120 gares d’Auvergne-Rhône-Alpes, la Région entend équiper de nouvelles rames avec des caméras qui permettront une surveillance en temps réel. 


"Nous allons défendre [...] le droit d'avoir une sécurité qui ne nous rende pas tous suspects, car le risque c'est de tomber dans une surveillance généralisée." Fabienne Grébert conseillère régionale EELV


La région va expérimenter la reconnaissance faciale 

L’ex-président des Républicains a également dévoilé le "lancement, à titre expérimental", d’un dispositif qui ne manquera pas de faire parler et qui a déjà cristallisé les tensions lors du conseil régional du jour. Afin d’accompagner "le travail de la police et de la gendarmerie nationale", la collectivité régionale va mettre en œuvre la reconnaissance faciale pour résoudre des cas de délinquance dans les transports. Son utilisation devrait toutefois être très encadrée, selon Laurent Wauquiez le dispositif ne pourra pas être utilisé en "temps réel", mais seulement "a posteriori" et ne sera "accessible qu’aux autorités compétentes, sur réquisition". 

Par la voix de Fabienne Grébert, l’opposition écologiste n’a pas tardé à faire savoir son opposition au projet, en vain. "Ce que nous allons défendre, c'est le droit. Le droit d'avoir une sécurité qui ne nous rende pas tous suspects, car le risque c'est de tomber dans une surveillance généralisée", déclarait ainsi la récente candidate à la présidence de la Région. 

Lors de son intervention, le conseiller régional Olivier Longeon est même allé plus loin en rappelant que ces technologies sont celles "utilisées en Russie par Vladimir Poutine et le régime chinois", avant d'ajouter que "le danger pour les droits de l’homme est très grand, tout comme l’imperfection du fonctionnement du système. Amnesty International a déjà signalé plusieurs erreurs judiciaires issues de cette technologie". Pour l'élu EELV il "est temps de revoir ce projet et d’abandonner cette solution contraire au droit français et aux droits de l’homme".

Une "brigade de sécurité" pour les lycées 

Autre sujet fort de la campagne du candidat de la droite, la sécurité dans les lycées était également au coeur des annonces de Laurent Wauquiez ce matin. La Région devrait ainsi créer une "brigade régionale de sécurité, qui pourra intervenir […] auprès des lycées qui en feront la demande". Elle sera composée "d’anciens policiers, gendarmes ou douaniers", qui pourraient être déployés dans les transports scolaires ou aux abords des établissements. 

Un certain nombre d’autres mesures sont également prévues, notamment pour prévenir la délinquance à l’encontre des commerçants. Les commerces de proximité qui le souhaitent pourront ainsi être aidés dans l’installation d’un bouton d’alarme silencieux.


"Supprimer les aides aux personnes qui commettent des incivilités, rackets ou agressions, qui attaquent les forces de l'ordre et les pompiers, qui participent à des rodéos urbains. " Laurent Wauquiez, le président de la région


La collectivité veut aussi augmenter le nombre de logements d’urgence dédiés aux femmes victimes de violences, ou encore supprimer les aides "aux personnes qui commettent des incivilités, rackets ou agressions, qui attaquent les forces de l'ordre et les pompiers, qui participent à des rodéos urbains". Les aides concernées pourraient être les suivantes : "l'aide au permis de conduire, la bourse au mérite, le Pass Région, les aides scolaires, les réductions dans les TER …". Laurent Wauquiez assume vouloir "agir vite et concrètement pour la sécurité".

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