La police a démantelé mardi matin un camp de Roms à Saint-Priest, commune socialiste de la banlieue de Lyon. Le campement situé rue des Temps modernes (!), installé depuis trois mois, abritait 116 personnes selon la police, 180 selon les associations, dont une vingtaine d'enfants de moins de six ans qui ne savent pas où dormir cette nuit. Récit.
La scène est toujours la même. Mardi, à 6 heures du matin, la première voiture de police arrive en éclaireur et se poste devant le bidonville. Le gros des camions de CRS fait son arrivée vers 7 heures. L'expulsion démarre vers 7h30. Le tout se déroule dans le calme, sous l'oeil vigilant de quelques membres d'associations lyonnaises (Classes, LDH) et d'une poignée de journalistes. Actualité oblige, de nombreux photographes et journalistes de radio sont cette fois présents.
Nexity veut faire place nette
Les occupants du terrain, des Roms de Roumanie et de Bulgarie, savent qu'ils vont être expulsés depuis plusieurs jours. Le délai accordé par la justice est arrivé à expiration. Ils attendent la police pour partir. Certains ont néanmoins pris les devants et quitté le terrain depuis plusieurs jours. Ce mardi matin, la police dit avoir contrôlé 116 personnes. "Le 10 août, ils étaient 120 adultes, 40 enfants de 6 à 16 ans et 20 enfants de moins de 6 ans", précise Gilberte Renard, membre de l'association Classes, qui milite pour la scolarisation des enfants de Roms et leur insertion dans l'agglomération. Soit 180 personnes dénombrées par les associations. "Une dizaine d'enfants devait faire sa rentrée la semaine prochaine dans les écoles et collèges de l'agglomération (école Artistide-Briand, collège Raoul-Duffy, collège Alain, etc.)", regrette la militante associative.

Mais le délai accordé par la justice pour plier bagage a expiré en fin de semaine dernière. Le propriétaire du terrain, Nexity, s'est donné les moyens de faire place nette. Après avoir saisi la justice et remporté son procès, il a fait venir un bulldozer sur son terrain ce matin. Le "monstre" est arrivé vers 10 heures pour détruire les caravanes et les voitures restées sur le camp.
Les tentes, les fourgonnettes, les matelas ainsi que de très nombreuses poussettes, tout a été jeté dans des bennes et transporté à la déchetterie sans autre forme de procès. le terrain devait ensuite être "muré" selon la police, au minimum grillagé pour éviter tout retour des Roms dans les prochains jours. Au même moment, certains hommes du campement tentaient toujours de dégager péniblement une ou deux caravanes tractées par de vieilles voitures, à l'entrée du terrain. "Peu importe combien cela lui coûtera, Nexity est prêt à tout pour faire place nette", nous confiait une source policière.
"Un nouveau ghetto est en train de se recréer dans l'Est lyonnais"

Une fois le contrôle d'identité terminé, à partir de 9 heures, les Roms se sont réunis en bordure du parc de Parilly. Assis dans l'herbe, ils attendaient la fin de l'expulsion pour tenter de récupérer quelques affaires. Les vieux, les femmes et les enfants espéraient aussi que les hommes les conduiraient bientôt vers un nouveau terrain où poser bagages.
"Un nouveau ghetto est en train de se recréer dans une commune de l'Est lyonnais", affirme un militant. "Ils sont obligés d'aller de plus en plus loin, de se terrer, là où l'accès à l'eau potable, aux soins et à l'école pour les enfants est de plus en plus difficile", regrette Micheline. "J'habite le quartier, Je pensais qu'on allait pouvoir les aider. Je rêvais", déchante la militante.
Un groupe de quatre jeunes mères de famille, leurs enfants sous le bras dont un nouveau-né, un enfant de 1 an, une fillette de 3 ans et un garçon du même âge donnaient leur identité à un associatif pour qu'il tente de leur trouver une place au 115 pour la nuit. "Il n'y a pas de place, regrettait le militant après un coup de fil. Ils vont probablement dormir dehors cette nuit." Météo France annonce 18° C cette nuit, et de la pluie à partir de mercredi matin.

quand c'était sarkozy, c'était une honte
C'est toujours une honte.