Grève au lycée Robert Doisneau de Vaulx-en-Velin
Grève au lycée Robert Doisneau de Vaulx-en-Velin en 2017.© Valérie Franc

Incidents dans un lycée de Vaulx-en-Velin : "le fond du problème porte sur les moyens"

Jet de pétard, jet de fumigène, professeurs exerçant leur droit de retrait, depuis quelques jours l'actualité du lycée Robert-Doisneau à Vaulx-en-Velin révèle le manque criant de moyens auquel sont confrontés les enseignants.

Mardi 22 novembre à l'issue d'une réunion entre les professeurs du lycée Robert-Doisneau à Vaulx-en-Velin, la décision est prise : la cinquantaine d'enseignants de l'établissement exerce son droit de retrait. En cause : une longue accumulation d'incidents.

En fin de semaine dernière déjà, un pétard était jeté dans l'une des salles de classes du lycée. "L'enseignante a été terriblement heurtée, très surprise par l'intensité du bruit", raconte Toufik Boubegtiten, professeur à Robert-Doisneau depuis un an et demi. L'évènement questionne les enseignants, mais les choses ne vont pas plus loin. Sauf que, quelques jours plus tard, lundi 21 novembre à 14 h, un fumigène est lancé dans une salle de classe. "Une fumée extrêmement importante s'est dégagée et s'est diffusée dans des classes des autres étages, l'établissement a été évacué", détaille Toufik Boubegtiten.

Retour en classe sans garantie

La professeure qui donnait alors cours est transportée à l'hôpital dans la foulée. Elle en ressortira quelques heures plus tard "très choquée" avec 10 jours d'ITT. "Le lendemain, nous avons décidé à l'unanimité, d'exercer notre droit de retrait", explique le professeur. Mercredi 23 novembre, après avoir dans un premier temps refusé le droit de retrait et considéré le personnel du lycée comme des grévistes, le rectorat joue l'apaisement. Les professeurs ont salué une rencontre qui a permis de "renouer le dialogue". Aucune retenue sur salaire ne sera appliquée, mais le droit de retrait n'est pas non plus explicitement reconnu.


"Des évènements comme cela peuvent arriver, mais on a l'impression de faire les frais d'une mauvaise manière de budgéter les moyens de l'établissement."
Toufik Boubegtiten, professeur à Robert-Doisneau


Le personnel accepte de reprendre le chemin des classes ce jeudi, mais n'obtient aucune garantie. "Clairement, le fond du problème porte sur les moyens, lance Toufik Boubegtiten. Des évènements comme cela peuvent arriver, mais on a l'impression de faire les frais d'une mauvaise manière de budgéter les moyens de l'établissement." Pour les enseignants, la sortie des lycées du réseau d'éducation prioritaire en 2020 est l'un des principaux problèmes. "On a des jeunes qui viennent de collèges REP + pour qui les chose ne se passaient pas trop mal. Quand ils arrivent dans des classes de 30 à 35 élèves, c'est plus compliqué".

Des professeurs dans l'attente

Les effectifs, c'est le gros point noir. Les enseignants demandent que les classes n'excèdent pas 25 élèves "pour pouvoir mieux les suivre, les accompagner". La filière technologique est particulièrement impactée "parce que beaucoup de jeunes sont là car ils étaient en difficulté et n'avaient pas le niveau pour la filière générale". Pour l'instant, ils ont obtenu l'autorisation de mettre en place un deuxième professeur principal pour la filière technologique.

"Le rectorat a assuré qu’il serait attentif lors de la préparation de la rentrée 2023 (les dotations aux établissements se préparent en décembre et janvier) à la situation de notre lycée", expliquent les professeurs, dans l'attente.

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