Centrale-nucleaire-Bugey
La centrale nucléaire du Bugey à Saint-Vulbas dans l’Ain.

Grève EDF dans la région : de quoi Hercule est-il le nom ?

Les salariés d'EDF étaient en grève dans la région Auvergne-Rhône-Alpes ce jeudi 10 décembre contre Hercule, un projet de séparation des activités de l'entreprise. De quoi s'agit-il ?

Ce jeudi 10 décembre, les salariés d'EDF du barrage de Grangent, dans la Loire et de la centrale du Bugey, dans l'Ain, étaient vent debout contre Hercule. Hercule, c'est le nom du projet de séparation d'EDF en trois entités selon ses activités, pour que l'entreprise ses capacités d'investissement et de financement. Premièrement, une entreprise publique (EFD bleu) pour les centrales nucléaires et la gestion du réseau de transport d'électricité. Deuxièmement, une autre (EDF vert) pour la distribution d'électricité Enedis et les énergies renouvelables, contrôlée par l'Etat mais cotée en bourse. Enfin, une troisième et dernière entité (EDF azur) pour les barrages hydroélectriques.

Pour les organisations syndicales CGT, CFDT, FO et CFE CGC, Hercule est avant tout le nom d'un projet de destruction du service public de l'électricité. Cette réorganisation des activités d'EDF permettrait selon eux de privatiser les gains et de nationaliser les pertes, ce qui représenterait une menace pour leurs emplois si l'activité n'est pas assez rentable pour être concurrentielle. Ils craignent également une hausse des prix de l'électricité pour le consommateur.

Hercule est sur la table, mais pas encore mis en œuvre, précise Les Echos. Aujourd'hui, EDF doit en effet vendre un quart de sa production d'électricité nucléaire au prix fixé par la loi conformément à l'Accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh). Une réforme doit d'abord passer par là, à l'initiative du gouvernement français, pour modifier cette régulation du prix de vente de l'électricité nucléaire. Mais celle-ci pourrait mettre EDF en position avantageuse par rapport à ses concurrents (ENI, Engie...), contrairement au principe de libre concurrence. Le gouvernement français insiste sur cette réforme, indispensable pour permettre au groupe EDF de financer l'entretien de ses centrales nucléaires vieillissantes. Des discussions sont en cours entre Paris et Bruxelles. Les syndicats, eux, ne comptent pas lâcher l'affaire.

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