Une fête traditionnelle dans un village du Beaujolais, dont certaines activités sont réservées aux hommes, n'est pas à l'origine d'une "discrimination", selon la justice qui a classé sans suite la plainte déposée par un collectif féministe.
La loi et la jurisprudence interdisent de discriminer dans l'accès à "un bien ou un service", ce que n'est pas la Fête des Conscrits de Villefranche-sur-Saône (Rhône), a expliqué mardi à l'AFP la procureure Laetitia Francart. Comme il y a "absence d'infraction", le parquet a classé sans suite la plainte déposée par le collectif Nouvelle Vague contre l'association organisatrice de l'événement et le maire de la ville.
La Fête des Conscrits, une tradition très populaire à Villefranche-sur-Saône, est à l'origine, au XIXe siècle, un hommage aux jeunes destinés au service militaire. Elle figure depuis 2020 à l'inventaire national du Patrimoine culturel immatériel du ministère de la Culture.
Elle se déroule chaque année pendant six jours fin janvier, avec en point d'orgue "la Vague", un défilé en smoking dans les rues de la ville et au banquet organisé dans la foulée, où seuls les jeunes hommes sont invités. En janvier 2025, le collectif Nouvelle Vague avait argué que l'interdiction faite aux femmes de participer au défilé des Conscrits et au banquet, n'était "pas une tradition" mais "une discrimination sexiste".
Le classement de cette plainte a été saluée mardi par les organisateurs de l'événement. "L'interclasse générale se félicite de cette décision conforme aux valeurs que nous défendons depuis plus de 100 ans": "l'amitié, la solidarité, l'égalité et le lien entre les générations", a dit à l'AFP son président Guillaume Ducray.
"Les conscrites sont et resteront essentielles au monde conscrit comme en témoigne" leur participation aux célébrations "chaque dernier samedi de janvier", ajoute M. Ducray.

Ces féministes trouvent normal d'organiser des réunions genrées (excluant les hommes) ou racisées, mais elle ne supporte pas des réunions où seuls les hommes sont admis.