Les jeunes du campement des Chartreux vont être hébergés, d'ici fin octobre, dans l’ancien internat Favre-Chazière (4e arrondissement). Comment les habitants du quartier accueillent-ils cette nouvelle ?
Lundi 7 septembre, le maire de Lyon Grégory Doucet a annoncé que les 130 jeunes du campement des Chartreux seront hébergés d’ici fin octobre dans l’ancien internat social Favre-Chazière (4e arrondissement). Le bâtiment, propriété de la municipalité, fait actuellement l’objet de travaux pour accueillir ces jeunes.
Dans le quartier, les habitants se préparent à cette arrivée. Et au départ, la nouvelle n’a pas fait l’unanimité. Un commerçant du quartier raconte qu’une cliente s’est même plainte : "Elle m’a dit : Il y a plein d’endroits à Lyon, pourquoi ils viennent ici ?". Il craint même que les jeunes aient des problèmes : "Certains habitants ne font pas les accepter".
Une réunion d'information organisée
Pourtant, après un tour dans les rues aux alentours, on constate que l’inquiétude qui pouvait dominer au début se dissipe peu à peu. Plusieurs habitants trouvent ce relogement "positif" pour les jeunes. "C’est mieux qu’ils dorment dans du dur que sous tentes", souligne un couple qui habite un immeuble à côté. Surtout que les jeunes du campement sont restés sans solution cet été, malgré les fortes chaleurs.

La communication faite par la Ville a aussi beaucoup aidé, notamment en faisant de la pédagogie autour de cette nouvelle. Des affiches explicatives ont été affichés dans plusieurs résidences et une réunion d’information a eu lieu ce mardi 15 septembre.
Marie*, qui se rend faire ses courses, y était. Si elle avoue que peu de personnes étaient présentes, la majorité était en faveur du projet. « On nous a bien expliqué en quoi ça allait consister, l’encadrement des jeunes. Il y aura au moins 12 à 14 adultes présents pour s’occuper d’eux », explique-t-elle.
"On s’est rendu compte que c’était un bon projet"
Le lendemain de la réunion, plusieurs syndicats d’immeubles à proximité de l’ancien internat ont fait un compte rendu aux résidents. "On s’est rendu compte que c’était un bon projet. Ce qui a été dit à la réunion de quartier a été rassurant", reconnait Bastien*.
Mais, ces renseignements ne sont pas arrivés aux oreilles de tous. "J’ai certains patients très âgés qui sont inquiets, mais parce qu’ils peuvent pas sortir de chez eux et avoir accès aux infos. J’essaye de leur dire qu’il ne faut pas avoir peur", raconte une infirmière, qui s’occupe de beaucoup d’aînés dans une rue voisine à l’ancien internat. Parmi les personnes inquiètes, également des parents de la crèche située juste à côté du bâtiment où vont être relogés les jeunes.

Pour l’instant, Grégory Doucet a assuré que l’ouverture de l’internat se fera "avant la fin du mois d’octobre" bien qu’aucune date précise n’ait été arrêté. Enfin, la Ville de Lyon a estimé à 18 mois "maximum" le temps d’accueil au sein de l’internat. À noter aussi que le centre communal d’action sociale (CCAS) sera mobilisé aux côtés des jeunes pour les prendre en charge.
*Les prénoms ont été modifiés.
