Les affiches de la nouvelle campagne de sensibilisation contre les LGBTIphobies seront exposées en septembre et en octobre à Lyon et Villeurbanne notamment. (Photos Hadrien Jame)

Des affiches pour sensibiliser aux LGBTIphobies déployées dans les rues de Lyon et Villeurbanne

Grâce à la mobilisation de nombreux acteurs de la métropole de Lyon, une campagne de sensibilisation contre les actes LGBTIphobes va voir le jour à Lyon et Villeurbanne à partir de ce mercredi. Des affiches colorées mettant en avant la diversité dans l’orientation sexuelle, l’expression et l’identité de genre vont notamment être placardées sur le réseau TCL. 

Près d’un an et demi après la signature d’une convention locale contre les violences LGBTIphobes, la préfecture du Rhône, la Métropole de Lyon, les mairies de Lyon et Villeurbanne et plusieurs associations de défense des droits LGBTI se sont une nouvelle fois réunies pour dévoiler une campagne d’affichage visant à sensibiliser le grand public aux LGBTIphobies. Une campagne plus que nécessaire en 2021 pour Claire Lamberti, la présidente du centre LGBTI+ de Lyon, alors qu’"aujourd’hui le quotidien des personnes LGBTI+ dans la rue est fait d’agressions verbales". 

"La rue elle est aussi à nous"

Une situation qu’elle juge "intolérable" et qui nécessite de "rappeler au grand public que dans la rue il y a des citoyens de toute sorte, de toute nature, y compris des personnes LGBTI et qu’elles ont le droit de se comporter comme tout un chacun, de manière naturelle, dans l’espace public. La rue elle est aussi nous", explique-t-elle. Les affiches et les slogans qui seront visibles à partir de ce mercredi 15 septembre sur le réseau TCL, notamment, sont donc un premier pas pour rappeler que "Le genre n’est pas une mode", que "J'aime qui je veux et je le montre" ou encore que "Personne ne définit mon genre à ma place".


"Nous aurions pu choisir de montrer la réalité violente à laquelle sont confrontées les personnes LGBTI+, mais nous avons préféré une sensibilisation toute simple", Claire Lamberti présidente du centre LGBTI+ de Lyon


"Percutante", "audacieuse", "courageuse", les élus réunis la semaine dernière pour dévoiler les affiches très colorées n’ont pas manqué d’adjectifs pour saluer cette campagne "que l’on aurait eu du mal à imaginer il y a de cela 20 ans et qui accompagne une évolution de la société", faisait valoir Florence Delaunay, l'adjointe au maire de Lyon. Pour cette première, les différents acteurs ont toutefois préféré jouer la carte de la gaieté, "nous aurions pu choisir de montrer la réalité violente à laquelle sont confrontées les personnes LGBTI+, mais nous avons préféré une sensibilisation toute simple", souligne Claire Lamberti. C’est "une campagne qui parle positivement de nos familles, de nos identités, de nos orientations amoureuses et ça, c’est vraiment tout le message que l’on veut porter", abonde Maxime Larcher de SOS Homophobie. 

Les affiches sont accompagnés de slogans forts mais restent softs, une volonté assumée par les associations. (Photo Hadrien Jame)

Favoriser les dépôts de plaintes

Derrière les affiches colorées et joyeuses réalisées par l’artiste et activiste Vénézuelien Daniel Arzola, il ne faut toutefois pas oublier que les discriminations et violences dont sont victimes les personnes LGBTI sont encore bien présentes à Lyon, bien qu’elles soient difficilement quantifiables en raison d'un faible taux de plaintes. Ainsi, depuis le début de l’année 2021, "seule une dizaine de plaintes ont été déposées dans le Rhône et la Métropole de Lyon pour des faits de violences ou de vol avec violences, d'injures, d'extorsion et de harcèlement scolaire, commis en raison de l'orientation sexuelle des victimes", selon la préfecture.

Un constat confirmé par le représentant de SOS Homophobie qui précise qu’aujourd’hui seulement "20 % des personnes [au niveau national, ndlr] qui sont en situation d’avoir été agressées ou discriminées le diffusent auprès d’une association de défense des droits, ou portent plainte". Au-delà de la sensibilisation, la convention signée en 2020, dans laquelle s’inscrit la campagne qui commence mercredi, doit donc permettre un meilleur accompagnement des victimes par les institutions publiques afin qu’elles n’hésitent plus à déposer plainte. 


"Si les victimes potentielles se sentent en confiance dans un système qui va les protéger, la justice pourra s’exercer. Le droit s’exprimera et ces personnes pourront vivre en société normalement parce qu’elles seront traitées à égalité de droit", Maxime Larcher de SOS Homophobie


Aujourd’hui, la "chaîne de solidarité" se met en place entre les différents services concernés, confirme Maxime Larcher. "On a eu le cas tout récemment lors de deux agressions. Les victimes ont pu déposer plainte rapidement et surtout, elles ont osé le faire. La chaîne de police/justice s’est mise en place de manière rapide et c’est très important, parce que si les victimes potentielles se sentent en confiance dans un système qui va les protéger, la justice pourra s’exercer. Le droit s’exprimera et ces personnes pourront vivre en société normalement, parce qu’elles seront traitées à égalité de droit", affirme-t-il avec espoir.

Utiliser les bons mots

C’est dans cette optique qu’un guide pratique a été édité par le Centre LGBTI+ de Lyon, à destination des victimes d’agressions et de discriminations. À l’intérieur sont répertoriées les démarches à suivre pour déposer plainte et bénéficier d’un accompagnement psychologique. Aujourd’hui, Claire Lamberti aimerait "que toutes les institutions qui accueillent du public LBTI+ soient formées à ce sujet et ne se trompent pas dans le vocabulaire à adopter, c’est extrêmement important". Un travail auquel la Métropole et les municipalités de Villeurbanne et de Lyon se sont attelées en formant et sensibilisant leurs agents aux discriminations.

Lire aussi : Journée mondiale contre les LGBTIphobies : retour sur le rassemblement à Lyon

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