Plusieurs associations ont pris la parole au rassemblement contre les LGBTIphobie à Lyon le 17 mai 2021.

Journée mondiale contre les LGBTIphobies : retour sur le rassemblement à Lyon

Le 17 mai est la journée mondiale de lutte contre les LGBTIphobies. À Lyon, un rassemblement a été organisé par le centre LGBTI de Lyon pour alerter sur la situation en France et dans la région.

Environ 200 à 300 personnes étaient réunies place de la Comédie à Lyon, lundi 17 mai, pour la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux personnes LGBTI (Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Transgenres et Intersexes). Le rassemblement a été l'occasion d'alerter sur la situation des personnes LGBTI en France, et de revenir sur les dispositifs mis en place à Lyon.

Tour à tour, plusieurs associations ont pris la parole, portant plusieurs revendications : l'accès à l'asile pour les personnes LGBTI migrantes, la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes, la dé-psychiatrisation des parcours de transition de personnes trans, plus de moyens pour les associations de lutte contre les LGBTIphobies... etc

Une manifestante avec une pancarte pour la procréation médicalement assistée au rassemblement contre les LGBTIphobies à Lyon.

Le rassemblement s'est clos sur une bénédiction de religieuses d'un genre un peu particulier : Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence. Avec leur style excentrique, elles ont pour rôle de veiller sur la communauté LGBTI. À Lyon, elles sont installées au "couvent des traboules", rue des Capucins dans le 1er arrondissement.

Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence ont clôt le rassemblement contre les LGBTIphobies par une "bénédiction"

Une campagne de communication dans la Métropole de Lyon

En février 2020, une convention a été signée en février 2020 entre les institutions et les associations LGBTI pour lutter contre les violences. "Cette convention comporte 52 actions à travers différents volets : la sensibilisation, la répression et la communication", explique Maxime Larcher, référant de SOS homophobie à Lyon. "La Métropole de Lyon, la Ville de Lyon, de Villeurbanne, les services police/justice et le rectorat sont signataires", énumère le militant.

Des militants de l'association SOS homophobie étaient présents au rassemblement contre les LGBTIphobies à Lyon

Deux actions vont être prochainement mises en place dans la Métropole de Lyon. D'abord une action d'affichage pour sensibiliser aux LGBTIphobies, qui sera installée mi-septembre sur tout le territoire de la Métropole. "C'est bien que cette campagne se fasse dans les communes en périphérie de Lyon, car ce sont des lieux où l'on a peu de visibilité", approuve Maxime Larcher. Il évoque également l'impression et la distribution d'un guide d'aide pour les personnes LGBTI victimes d'agression, financé par la Métropole.

Le militant se félicite d'une bonne coopération avec les services de la Ville et de la Métropole, avant et après le changement de municipalité en 2020. Il regrette que la crise sanitaire ait retardé la mise en place de certaines actions, notamment la campagne de sensibilisation.

À Lyon aussi, les personnes LGBTI victimes de violences

"La Manif pour Tous est née à Lyon, et ils militent régulièrement contre nos droits", se désole Maxime Larcher. Il évoque également l'attaque du rassemblement pour la fierté lesbienne par des groupes identitaires. "Ces deux organisations, sans dire que ce sont les mêmes, ce sont des groupes qui s'attaquent à ce qui remet en cause la structure patriarcale et donc aux droits des personnes LGBTI. Ce sont des mouvements virilistes", explique-t-il.


"La Manif pour Tous est née à Lyon, et ils militent régulièrement contre nos droits", se désole Maxime Larcher, référant de SOS homophobie à Lyon.


Les associations alertent aussi sur deux affaires de violences homophobes qui se sont déroulées à Lyon, dont elles accompagnent les victimes. L'une d'elle concerne un guet-apens, qui a été jugé en février 2021. Les auteurs des faits ont été condamnés à 30 mois et 10 000 euros de dommages et intérêts, rapporte Actu Lyon, et le caractère homophobe a été retenu. Les associations, dont SOS homophobie se félicitent de cette décision. La deuxième affaire concerne un cas d'harcèlement homophobe par des voisins. Elle n'a pas encore été jugée.

À l'occasion de la journée internationale de lutte contre les LGBTIphobie, SOS homophobie a sorti un rapport sur les violences contre les personnes LBGTI en France en 2020.

Cette journée de lutte contre l'homophobie est aussi l'occasion pour SOS homophobie de publier un rapport sur les violences LGBTIphobes en France, basé sur les témoignages reçus par l'association. Maxime Larcher nous éclaire sur la situation dans la région : "Au niveau de la délégation de Lyon, nous recevons un témoignage toutes les deux semaines environ. Sur ces cas, environ 80 % concernent des jeunes et des cas de harcèlement". Il appelle les pouvoirs publics à donner plus de moyens à la lutte contre les LGBTphobies et ne pas laisser le travail de sensibilisation et d'éducation sur les épaules des associations.

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