2 membres de l’Office français de la biodiversité (OFB) lors d'une opération au Parc de Miribel-Jonage
2 membres de l’Office français de la biodiversité (OFB) lors d’une opération au Parc de Miribel-Jonage

"Concilier les usages et les usagers" : le défi du Grand Parc de Miribel-Jonage pour protéger la biodiversité

Le Grand Parc de Miribel-Jonage tente de protéger la biodiversité de ses espaces, tout en accueillant un public important. La sensibilisation à la protection des espèces est un enjeu majeur.

À l'approche de l'été, et des nombreux visiteurs, le Grand Parc de Miribel-Jonage, près de Lyon, entend préserver ses espaces. Guillaume Maury, directeur du parc, a rappelé ce mercredi que le site accueille entre 4 et 4,5 millions de personnes chaque année. L’enjeu est donc de "réussir à concilier la protection de la biodiversité du Parc avec l’accueil du public et la gestion des activités physiques de plein air".

Dans un contexte où les incivilités sont en augmentation au sein du parc, réussir à accorder les activités est primordial. 82 dépôts sauvages de déchets ont eu lieu l’année dernière, contre 53 en 2024. On note déjà une forte augmentation en 2026, avec une hausse de 70 % des dépôts sauvages entre le premier semestre 2026 et celui de 2025. Plus de 100 motos ont également été repérées en 2025 sur des sites interdits aux véhicules motorisés.

"Cette nature il faut qu’on arrive à la protéger"

Le Guêpier d’Europe, espèce protégée sur l’ensemble du territoire national, est l’un des oiseaux présents sur le parc, menacée par l’activité humaine. Cet oiseau migrateur fait des trous dans des sols sablonneux afin de pouvoir nicher. Entre 15 et 20 couples sont présents sur ce site.  

Guêpier d'Europe
Couple de Guêpier d'Europe @Office français de la biodiversité

Mais la protection de cette espèce est mise en difficulté. Certains visiteurs empruntent des chemins non balisés au sein du parc, passant à proximité des nids de ces oiseaux, roulant parfois dessus. Une simple présence statique suffit à perturber l’espèce. Romain Chazal, membre de l’Office français de la biodiversité (OFB), rappelle que "la perturbation de l’espèce ne se traduit pas seulement par l’envol de l’oiseau. Lorsque les parents restent à proximité du nid, au lieu de chasser pour nourrir leurs petits par peur d’un danger, cela montre déjà une perturbation de leur activité".

La police de l'environnement a pu mettre sa politique de sensibilisation à l'œuvre. À l'occasion d'un point presse ce mercredi 3 juin, un photographe à vélo s'est approché. Il reconnaît être venu "faire des photos mardi et revenir avec un meilleur objectif pour réaliser de meilleures photos". L'OFB le prévient donc "de ne pas s'approcher des nids et de veiller à ne pas les déranger". La sous-préfète du Rhône Sud, Charlotte Crépon, rappelle que "cela consiste un délit".

Romain Chazal, membre de L’Office français de la biodiversité (OFB), observe les Guêpier d'Europe
Romain Chazal, membre de L’Office français de la biodiversité (OFB), observe les Guêpier d'Europe

"Lorsque l'on observe les espèces, il faut veiller à altérer le moins possible leur activité. On reste à distance, sans faire trop de bruit, il faut respecter leur espace", explique Fabrice Cartonet, chef de l'unité territoriale de l'OFB dans l'Ain.
"Cette nature il faut qu’on arrive à la protéger", assure la sous-préfète du Rhône Sud.

Lire aussi : La Métropole de Lyon étend son périmètre de protection des espaces naturels au Grand Parc de Miribel-Jonage

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