Le premier des deux tunneliers qui doivent forer les Alpes côté italien, sur le chantier de la future liaison ferroviaire Lyon-Turin, a été réceptionné mercredi en Allemagne, étape industrielle clé du gigantesque projet de tunnel franco-italien attendu pour la fin 2033.
Long de 235 mètres et équipé d’une roue de coupe de plus de 10 mètres de diamètre, ce tunnelier a été réceptionné dans l'usine Herrenknecht en Allemagne avant son transfert vers le chantier de Chiomonte, dans la vallée de Suse, a indiqué dans un communiqué l'entreprise franco-italienne Telt, chargée de la réalisation et de la gestion de la section transfrontalière du projet.
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Il permettra "d'accélérer le creusement du tube sud du tunnel de base, rejoignant le travail déjà réalisé du côté français", selon le communiqué. Pour cette section italienne, le travail sera réalisé par le groupement d'entreprises UXT, qui réunit les sociétés italiennes Itinera, Ghella et française Spie-Batignolles.
Sept tunneliers mobilisés
Au total, sept tunneliers seront mobilisés pour creuser simultanément en France et en Italie, cinq du côté français (où quelque 145 kilomètres de montagne doivent être percés) et deux du côté italien (12,5 kilomètres de tunnel à creuser).
Conçu pour creuser dans des conditions géologiques variées sous des couvertures pouvant atteindre 2.000 mètres de roche, le premier des deux tunneliers italiens devra être démonté, transporté pièce par pièce, remonté sur les lieux sur une plateforme de chantier, avant d'entamer sa descente dans la montagne en 2027. La machine est entraînée par 13 moteurs et devrait progresser d'environ 10 mètres par jour.
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Le dispositif comprend un concasseur intégré capable de réduire la taille des roches excavées, ainsi qu'une conduite permettant de transporter vers l'extérieur un mélange d'eau, de bentonite et du matériau broyé, précise Telt dans son communiqué. Au pic de son activité, 700 personnes environ travailleront sur ce chantier.
Fin février, plus de 47 kilomètres de galeries ont déjà été excavées sur l'ensemble du projet, du côté français, dont plus de 20 kilomètres du tunnel de base, soit environ 29% des 164 kilomètres de galeries totales prévues pour l'ouvrage.
