Face à la nouvelle vague de chaleur qui touche le pays, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a accordé une dérogation exceptionnelle à la centrale nucléaire du Bugey (Ain).
Jusqu’au 20 juillet, les limites encadrant ses rejets thermiques dans le Rhône sont temporairement assouplies afin de garantir la sécurité du réseau électrique, tout en imposant une surveillance environnementale renforcée.
La canicule a des conséquences jusque sur le fonctionnement des centrales nucléaires. Vendredi 10 juillet, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a décidé de modifier temporairement les prescriptions encadrant les rejets thermiques de la centrale nucléaire du Bugey (Ain) afin d’éviter une baisse trop importante de sa production d’électricité. Cette décision, signée le même jour par la ministre chargée de la Sûreté nucléaire et publiée au Journal officiel, restera en vigueur jusqu’au 20 juillet prochain.
Une production menacée par le réchauffement du Rhône
À cause des fortes chaleurs qui touchent la région depuis plusieurs semaines, la température du Rhône ne cesse de s'accroître. Or, la centrale du Bugey utilise l’eau du fleuve pour refroidir ses installations avant de la rejeter, légèrement plus chaude, dans la nature. En période de canicule, la réglementation impose des seuils stricts de température afin de préserver les écosystèmes.
Mais si ces limites étaient maintenues aujourd’hui, EDF aurait été contrainte de réduire fortement la puissance de plusieurs réacteurs, voire de les arrêter. Sur les quatre réacteurs en exploitation sur le site, le réacteur n°2 est actuellement à l’arrêt pour maintenance programmée. Les réacteurs 3, 4 et 5 sont, eux, en fonctionnement. Le ministère chargé de l’Énergie a considéré que cette situation relevait d’une "nécessité publique".
La nouvelle décision fixe notamment une limite d’échauffement du Rhône inférieure à 1 °C entre l'entrée et la sortie de la centrale. Son utilisation devra rester strictement limitée au maintien de la puissance jugée nécessaire par RTE (Réseau de Transport d’Électricité). En contrepartie, EDF devra mettre en place un programme de surveillance renforcée de l’environnement.
La situation rappelle celle de l’été 2022, lorsque plusieurs centrales françaises, dont celle du Bugey, avaient déjà bénéficié de ces types d’assouplissements.
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