Dans la Drôme, les fortes chaleurs pèsent sur les récoltes des agriculteurs. Face à des difficultés qui touchent plus largement l’agriculture française, les professionnels du secteur réclament des mesures d’urgence et une adaptation du modèle agricole.
L’été 2026 n’a jamais été aussi chaud et cruel pour les habitants de la planète. Pour les paysans et leurs plantations, le reste de l’année s’annonce compliqué. Après cinq vagues de chaleur extrême en France et des températures qui peinent à redescendre, de l’eau qui se raréfie et une sécheresse inquiétante des terres et ses récoltes, les agriculteurs se disent aujourd’hui inquiets pour la période de maraîchage.
Interrogé au micro d’ICI Drôme Ardèche, le président du Comptoir Rhodanien, producteur et expéditeur de fruits à la fois d’été (abricots, cerises) que d’hiver (noix et châtaigne) Christophe Soulhiard, s’est inquiété d’une "perte de chiffre d’affaire d’environ 15% sur les abricots". Les fruits perdent de leur splendeur, de leur couleur, petits et peu consistants, mais qui, selon le patron qui a repris l’affaire en 1995, ne transforme par leur goût.
Créée en 1959, l’entreprise installée à Tain-l’Hermitage dans la Drôme, récolte plus de 5 000 tonnes par an et expéditeur pour plus de 400 arboriculteurs dans le département et ses voisins ardéchois, isérois, vauclusien et gardois.
Une réponse gouvernementale jugée trop faible
Alors que les seules mesures prises concernant l’agriculture cet été sont jugées imprudentes pour certaines - on pense alors à la controversée loi Duplomb 2.0 soutenue par la FNSEA mais déplorée par la Confédération paysanne, et votée à l’Assemblée nationale à la majorité le 20 juillet dernier, qui contient notamment la réintroduction de deux pesticides de la famille des néonicotinoïdes - ou insuffisantes.
La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a annoncé son "plan d’urgence" pour couvrir en partie les frais des engrais minéraux azotés des agriculteurs qui se sont fournis entre le 1er juin et le 30 septembre.
Mais face à l’ampleur des pertes liées à la canicule et à la sécheresse et afin de construire un plan plus durable, le gouvernement prépare désormais un dispositif d’aide plus large. Hier, mardi 25 août, Annie Genevard a rencontré Serge Zaka, agroclimatologue. Demain cette fois, la ministre va réunir, ce jeudi 27 août, les préfets de tout le territoire pour établir un plan de solutions d’urgence. Rendez-vous le 3 septembre prochain pour en apprendre son contenu.
Que réclament les syndicats ?
Jusque-là, les mesures prises sont loin d’avoir endigué le problème. C’est pourquoi les syndicats et organismes spécialisés en appellent à des décisions politiques d’envergure. L’interprofession fruits et légumes (Interfel) demande la mise en place d’aides financières pour les exploitations les plus affectées par le dérèglement climatique et matérielles pour penser au stockage de l’eau, dont les exploitations intensives en bénéficient quasi exclusivement.
La Confédération paysanne, de son côté, prévoit une trentaine de propositions pour alléger les risques pour les agriculteurs et leurs fermes. Elle demande des mesures à la fois financières court-termistes pour "aider les trésoreries" mais pense aussi plus globalement à une adaptation du modèle agricole et à assurer de bonnes conditions pour les agriculteurs. Le futur de l’agriculture va de pair avec l’écologie.
Parmi ses recommandations figurent notamment le financement d’équipements économes en eau et de systèmes de récupération des eaux de pluie et demande plus globalement que les subventions publiques ne financent que des projets sobres et adaptés à la réalité du terrain. La Confédération paysanne demande également un système d’indemnisation des aléas climatiques plus solidaire et accessible à toutes les exploitations. Une mesure que demande aussi le syndicat des Jeunes Agriculteurs.
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