Kévin Carton (à gauche) et Maxime Forestier (à droite) sont agents de l’ONF

"C'est une mission valorisante": dans les coulisses d'une patrouille de l’ONF mobilisée face aux risques d'incendies

Alors que le risque d'incendie reste élevé dans le Rhône, les agents de l'Office National des Forêts (ONF) multiplient les patrouilles. Entre surveillance des massifs, prévention auprès du public et intervention sur les départs de feu, immersion avec ces sentinelles de la forêt mobilisées pour protéger le territoire.

Jumelles à la main, au volant de leur véhicule d'intervention, ils parcourent le Pyla rhodanien pour observer les zones soumises aux risques d'incendie. Respectivement conducteur de travaux et ouvrier forestier dans le secteur Ain-Loire-Rhône à l'Office National des Forêts (ONF), Kévin Carton et Maxime Forestier réalisent ce jeudi une patrouille de surveillance et d'intervention (PSI), aux alentours de la commune des Haies, au sud du Rhône.

Leur mission est double : observer les zones à risques pour éviter une propagation trop importante en cas de feu, mais aussi prévenir la population sur des comportements à adopter. "Les causes les plus fréquentes de feux restent les travaux domestiques, mais aussi des gens qui jettent des mégots", rappelle Kévin Carton. A noter qu'en cas d'incendie, "nous avons une réserve d'eau de 600 litres ainsi que des moyens d'extinction pour traiter un départ de feu", avance le conducteur de travaux.

Si Kévin et Maxime sont à pied d'œuvre, c'est parce que le Centre opérationnel de zone (COZ), organe placé sous l'autorité du préfet de zone de défense et de sécurité, a décrété des risques sur ce secteur, d'une surface de 15 000 hectares. Cette instance se réunit deux fois par semaine, le lundi et le jeudi, pour évaluer les potentiels dangers. Trois paramètres sont surveillés : la température, le vent et l'hydrométrie. Programme du jour pour les deux agents : contrôler dix-huit points, placés en hauteur dans la grande majorité. "On surveille particulièrement les agriculteurs. Lorsqu'ils travaillent, cela peut créer de la fumée. Cette année, ils ont mis en place plus de moyens pour limiter les risques", explique Maxime Forestier, alors que les deux agents sont en contact permanent avec les pompiers du Rhône.

Kévin Carton concentre son attention sur les zones paysannes @RB

Des feux plus fréquents cette année

Selon les chiffres du Service Départemental-Métropolitain d'Incendie de Secours (SDMIS), 606 feux de végétation ont été enregistrés au 15 juillet 2026 dans le Rhône, contre 424 sur l'ensemble de la saison 2025. Une augmentation que Kévin a pu observer tout au long de l'été. "Cette année, les incendies sont plus importants à l'échelle nationale, c'est aussi le cas sur notre secteur. Cela est d'abord dû au printemps pluvieux qui a fait pousser de la végétation, donc plus de combustible. Ajoutés à cela ces quatre périodes de canicule, les feux sont naturellement plus fréquents", analyse Kévin Carton. "L'incendie le plus important de la saison a eu lieu à Farnay (Loire). 40 camions et 120 pompiers ont été mobilisés", ajoute Maxime Forestier.

Ce jeudi, pas de feu actif à l'horizon, mais dès leur deuxième point de contrôle, les deux agents tombent sur un feu de camp. "On est sur un point de fréquentation du public, surtout les soirs. C'est ce genre de comportement que l'on traque", lance Kévin Carton. "Nous allons tracer ce feu dans nos logiciels pour que les équipes puissent passer régulièrement sur ces 'places à feu'. Nous allons aussi mettre de la terre dessus pour ne pas que ça donne des idées à d'autres", poursuit le conducteur de travaux.

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"Il vaut mieux vérifier deux fois"

Quelques mètres à côté de ce feu de camp, Maxime Forestier observe l'horizon avec ses jumelles. Une zone semble le faire douter. "Tu peux venir voir ? Là-bas vers le pylône, je n'arrive pas à savoir si c'est de la poussière", lance-t-il à son collègue. Verdict : pas de fumée, mais le doute aura été dissipé. "Il vaut mieux vérifier deux fois pour être sûrs", justifient les deux agents.

En l'absence de patrouilles, Kévin Carton et Maxime Forestier reprennent leur travail "normal" : ils entretiennent les plantations du territoire. En effet, c'est seulement depuis 2022 que les PSI existent à l'échelle nationale. Auparavant, elles ne concernaient que "l'arc méditerranéen, plus souvent sujet aux risques d'incendies", explique Kévin Carton. Un métier à double facette qui ne semble pas les déranger. "On est conscient que ce que l'on fait protège l'environnement. C'est une mission très valorisante, on défend le territoire, et on a du contact avec les gens, qui nous disent merci la plupart du temps", s'accordent-ils.

Kévin Carton et Maxime Forestier bénéficient d'un véhicule d'intervention @RB

Car la prévention reste un outil nécessaire, alors que neuf feux sur dix sont d'origine humaine selon l'observatoire des forêts. "95 % du temps, les gens sont contents qu'on leur donne des conseils, mais il y a les 5 % qui continuent de faire des feux de camp et de jeter leurs mégots par la fenêtre de leur voiture", déplore Maxime Forestier. A l'échelle de l'ONF Ain-Loire-Rhône, une trentaine d'agents sont en roulement pour assurer les patrouilles de surveillance et d'intervention.

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