Avec un maillot conçu pour les épreuves de 300 à 5 000 kilomètres, Matchy Cycling veut révolutionner l'équipement de l'ultra-cyclisme. Innovation, fabrication européenne et ambition nationale : Geoffrey Baudouin détaille la stratégie de la marque installée à Annecy.
Geoffrey Baudouin est le cogérant, avec Anne-Flore Gindre, de la marque de vêtements de sport Matchy Cycling. Ensemble, ils ont développé une marque qui casse les codes du vêtement sportif classique. Avec comme objectif l’utilisation de matières produites et achetées localement, ainsi qu’une féminisation de l’offre en proposant autant d’articles pour les sportifs que pour les sportives.
Geoffrey et Flore ouvrent leur boutique physique à Annecy, en 2022, et continuent de se développer, notamment avec le lancement d’une nouvelle gamme de maillots, de cuissards et de combinaisons conçus pour l’ultra-cyclisme. Les clients peuvent retrouver ce maillot ainsi que l’ensemble des produits Matchy Cycling sur leur site internet, dans leur boutique physique à Annecy, ou chez certains revendeurs, comme Yeti Sport, à Die, dans la Drôme.

Lyon Capitale : En quoi ce nouveau maillot d’ultra-cyclisme est-il si spécial ?
Geoffrey Baudouin : C'est un maillot innovant, dans la mesure où nous sommes les premiers à avoir fait des poches ventrales, sur le devant du maillot. Pour la pratique de la longue distance, cela permet un stockage qui est multiplié par quatre, par rapport à un maillot classique.
Quand on est en courses, chercher des éléments dans ses poches arrière, ce n'est pas très pratique, on ne sait pas toujours ce qu'on attrape dans la poche. Là, l'objectif, c'est justement de pouvoir avoir un meilleur compartimentage. Quand on est sûr des épreuves de 300 ou 500 kilomètres, avoir plus de stockage que les autres, ça nous permet de nous arrêter moins.
Au bout de 500 kilomètres, quand on n'a pas dormi depuis 28 ou 32 heures et qu'on est un peu moins lucide, le fait de savoir exactement où sont les choses est assez primordial pour sa gestion de course. Donc, on a des produits qui répondent à ça, parce que nous-mêmes, on est pratiquants, on organise aussi un ultra, forcément ça fait aussi la différence.
Quels sont les retours des clients sur cette nouvelle tenue ?
On a fait l'épreuve de 300 kilomètres avec. Moi, j'ai fait un ultra-distance de 800 kilomètres en Espagne avec. On en a fait un autre de 400 kilomètres en juin dans les Pyrénées. Là, en ce moment, on a deux athlètes qui portent les produits sur la TCR, la Transcontinental Race, qui est la plus grande course d'Europe. Ils partent de Norvège, ils montent en Grèce et ils ont 5000 kilomètres à parcourir. Et donc, on a un ambassadeur homme et une ambassadrice femme qui portent les produits, le maillot et la combinaison. Donc ce sont des produits qui sont prouvés aujourd'hui et qui font leur différence justement sur des épreuves à distance.

"80% du sourcing est en Ardèche.
Où sont fabriquées les tenues (maillots, cuissard et combinaison) ?
Les trois produits sont fabriqués en Italie, à partir de cette année. Par rapport au développement produit et au coût, on a été obligés de le faire fabriquer en Italie. Cela étant, on a pas mal de matières qui sont fabriquées en Ardèche dans le sourcing même du maillot. On a notamment la matière du cuissard, les poches, la matière du maillot. 80% du sourcing est en Ardèche. La bande silicone, en revanche, ne vient pas d'Ardèche.
Pourquoi vouloir se développer davantage dans l’ultra-cyclisme et sur les courses longues distances ?
Parce qu'on estime que ce sont des épreuves qui nécessitent des produits spécifiques qui n’étaient pas forcément présents sur le marché. En plus, c'est une possibilité pour nous de se différencier puisque aujourd'hui, il y a beaucoup de monde sur le segment textile, faire une jolie couleur tout le monde peut le faire. À l'inverse, on essaie de révolutionner un petit peu une façon de penser un maillot et de proposer des choses vraiment innovantes en termes de stockage, etc. C'est toujours un petit peu plus novateur et différenciant.
Quelles sont vos ambitions pour la suite ?
Aujourd’hui, l'objectif, c'est de pouvoir continuer à développer et approfondir la gamme ultra, parce qu'on a encore pas mal d'idées pour pouvoir continuer à révolutionner cette pratique. Après, au-delà de ça, notre mission, c'est surtout de pouvoir réussir à s'établir comme une marque technique en France sur le marché, et il y a encore pas mal de choses et de clients à toucher de manière générale en France. On a un ancrage assez fort sur la région des Alpes grâce à notre présence depuis plusieurs années à Annecy. Mais l'objectif, c'est clairement de pouvoir aller chercher un petit peu plus de lieux, notamment grâce à nos revendeurs un peu partout en France.
À lire aussi : A Grenoble, 5,1 millions d’euros pour des lunettes connectées pour sportifs
