La vice-championne olympique de snowboard cross était de retour à Lyon ce jeudi 17 février, avec sa médaille d’argent. (Photo Hadrien Jame)

Auréolée d’un titre de vice-championne olympique à Pékin, Chloé Trespeuch émue pour son retour à Lyon

Médaillée d’argent aux Jeux olympiques de Pékin le 9 février, la snowboardeuse lyonnaise Chloé Trespeuch effectuait son retour chez elle ce jeudi 17 février. L’occasion pour la championne de 27 ans de revenir sur une olympiade couronnée de succès et ses ambitions pour la suite. 

Quatre ans après sa déception des Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018, c’est avec un sourire radieux que Chloé Trespeuch a fait son retour à Lyon ce jeudi 17 février. Avec un titre de vice-championne olympique de snowboard cross dans ses bagages et une médaille d’argent à la main en souvenir, la championne lyonnaise avait de quoi être heureuse en descendant du train qui la ramenait de son périple à Pékin. 

Au milieu de ses collègues de la SNCF, venus l’accueillir sur le quai C de la gare de la Part-Dieu, la native de Bourg-Saint-Maurice avait bien du mal à cacher son émotion au moment de tomber dans les bras de sa collègue et amie Laura Tarantola. Un nom qui ravive des souvenirs d’argent, la jeune femme ayant elle aussi été médaillée d’argent en Asie, si ce n’est que c’était en aviron et à Tokyo l’été dernier. 

Un accueil olympique en gare

Un beau moment de tendresse et d’amitié entre deux grandes championnes bien conscientes l’une comme l’autre de tous les sacrifices symbolisés par ce disque d’argent. "Je sais par quoi elle est passée et réussir à faire cette médaille c’est trop cool", lâchait ainsi Laura Tarantola une larme au coin de l’oeil sur le quai de la gare. En quête d’une nouvelle breloque depuis huit ans pour se "prouver" que sa médaille de bronze obtenue en 2014 à Sotchi, alors qu’elle n’avait que 19 ans, "n’était pas un hasard", la snowboardeuse aura auparavant du effacer son difficile échec des Jeux de 2018 où elle faisait figure de favorite. 

Chloé Trespeuch a été accueillie par ses collègues de la SNCF et notamment son amie Laura Tarontola, vice-championne olympique d'aviron à Tokyo en 2021. (Photo Hadrien Jame)

Avant de partir retrouver ses proches et de poursuivre sa saison de coupe du monde, la jeune femme aujourd’hui âgée de 27 ans a tout de même pris le temps de revenir sur sa quinzaine pékinoise. Sans oublier le reste de sa saison, où elle vise encore le globe de cristal de sa discipline, "un nouveau challenge tout aussi excitant que les Jeux olympiques" à l’entendre. 

Lyon Capitale : Qu’est-ce que vous retenez de ces Jeux olympiques de Pékin ? 

Chloé Trespeuch : "C’étaient mes troisièmes Jeux, dans un contexte un peu particulier avec le Covid, mais je retiens la performance et le plaisir que j’y ai pris parce que j’avais plus d’expérience. J’étais favorite, mais j’ai réussi à mieux gérer ce statut et j’y suis allée avec plus de sérénité. […] Quand je regarde cette médaille je vois tout le travail que j’ai mis en place et les sacrifices, mais c’est sans regret parce que c’est une belle récompense, c’est la concrétisation de toutes les décisions que j’ai prise dans ma carrière pour améliorer ma préparation physique et mentale.

Vous aviez 19 ans à Sotchi lorsque vous aviez décroché le bronze, aujourd’hui vous en avez 27 et vous revenez avec une médaille d’argent. Cette médaille à un poids différent ?

Elle était très très attendue, donc elle est encore plus forte que celle de 2014. [À Sotchi, Ndlr] j’étais jeune et j’avais l’objectif de la médaille, mais en même temps j’avais tellement peu d’expérience que j’y allais avec la fougue de la jeunesse pour découvrir. En 2018, j’arrive en favorite [aux JO de Pyeongchang, Ndlr] donc j’attendais vraiment cette médaille et de la louper de peu ça m’a vraiment marqué, ça a été très dur de rebondir. Cette médaille, ça fait huit ans que j’y pense, parce qu’après 2014 je voulais me prouver que j’étais capable d’aller en chercher une autre et que ce n’était pas un hasard. C’était un beau défi, mais je marche beaucoup à cela.

Chloé Trespeuch disputait cet hiver ses troisième Jeux olympiques. Elle a décroché sa deuxième médaille, après celle de Sotchi, en bronze, en 2014. (Photo de WANG Zhao / AFP)

Est-ce que vous avez des regrets de ne pas avoir pu vous battre sur la course par équipe en raison d’un problème de fart ?

Je ne dirais pas que j’ai des regrets, même si j’ai forcément été un peu frustrée parce qu’on jouait une deuxième médaille et c’était la première fois qu’il y avait une course par équipe en snowboard cross aux Jeux olympiques. Pour nous qui pratiquons un sport individuel c’était vraiment l’occasion de mettre en avant la collaboration qu’il y a dans l’équipe. Même si on est tout seul sur notre snowboard, c’est le travail de toute une équipe on s’entraîne ensemble 200 jours par an, on se tire vers le haut, et là c’était l’occasion de partager un moment et d’aller chercher une médaille ensemble. Ça n’a pas fonctionné parce qu’on n’était pas compétitifs sur la glisse, c’est frustrant, mais à la fois ça montre que les techniciens sont super importants sur la performance. Ce jour-là c’est eux qui sont passés à côté, mais parfois c’est l’athlète ou les coachs, donc c’est un échec collectif, mais à mon avis on rebondira pour les prochaines occasions.

De nombreux athlètes ont pointé du doigt les conditions d’accueil sur place ? Comment l’avez-vous vécu ? 

Il y avait plus de contraintes et c’était moins convivial que les deux dernières olympiades, mais je pense qu’en tant qu’athlète de haut niveau on apprend à s’adapter. Ça ne m’a pas dérangé dans la recherche de performance. 


"Je suis pleinement épanouie dans ma carrière d’athlète et si je suis encore performante et que j’ai toujours la flamme pour la compétition j’aimerais bien aller en Italie. C’est un bel endroit, il y a vraiment la culture du ski et du snowboard donc ça peut vraiment être une belle olympiade en 2026"


Quel est votre sentiment au moment de rentrer à la maison ? 

J’étais super excitée de rentrer et de retrouver toute mon équipe qui m’a accompagné dans cette aventure olympique. Et puis rentrer à la maison c’est toujours super fort, c’est le moment de la partager cette médaille, c’est ce qui lui donne de la valeur. Quand on la gagne toute seule, c’est chouette, mais les moments les plus forts c’est quand on la vit avec les autres. 

Athlète SNCF, Chloé Trespeuch a été accueillie et félicitée à la gare par ses collègues de la compagnie ferroviaire. (Photo Hadrien Jame)

La saison de coupe du monde n’est pas terminée, vous allez bientôt devoir reprendre la compétition. Avec le plein de confiance ? 

La confiance c’est un élément de confort, mais ce n’est pas ça qui fait la performance, chaque réussite c’est fait, mais quand on arrive à la coupe du monde tout repart à zéro. Dans le snowboard cross il y a beaucoup de rebondissements, tout peut se passer.  [...] Je suis regonflée à bloc et j’ai envie de repartir sur la fin de saison où il me reste deux étapes de coupe du monde [dès le 10 mars en Autriche, NDLR]. Je suis deuxième du classement général et c’est encore possible d’aller chercher le globe de cristal, il va falloir décrocher les victoires, chose que je n’ai pas encore faite cette saison, donc c’est un nouveau challenge tout aussi excitant que les Jeux olympiques. 

Vous rentrez seulement, mais est-ce que vous avez déjà les jeux de Milan-Cortina dans un coin de la tête, avec l’idée d’aller décrocher la seule médaille qu’il vous manque, l’or ? 

J’ai déjà envie de profiter de celle-là et de finir ma saison parce qu’il y a d’autres objectifs. Après oui je suis pleinement épanouie dans ma carrière d’athlète et si je suis encore performante et que j’ai toujours la flamme pour la compétition j’aimerais bien aller en Italie. C’est un bel endroit, il y a vraiment la culture du ski et du snowboard donc ça peut vraiment être une belle olympiade en 2026. […] L’âge amène peut-être un peu moins de fougue et peut-être un peu plus de gestion de course."

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