Accident de 4×4 dans le désert à Oman

Accident au cœur du désert d'Oman : une famille lyonnaise en guerre contre Carrefour Voyages

Partis célébrer 55 ans de mariage en famille à Oman, Myrose et Michel Grand sont rentrés avec trois blessés et un sentiment d'abandon. Face à Carrefour Voyages, ils réclament un remboursement à la hauteur du programme jamais réalisé.

Pour leurs 55 ans de mariage, Myrose et Michel Grand ont voulu marquer l'occasion en grand : un voyage de huit jours à Oman, organisé par Carrefour Voyages durant les vacances de la Toussaint 2024, accompagnés de leurs quatre enfants et de leurs conjoints. Un voyage familial d'exception, soigneusement planifié, qui a viré au cauchemar dès le troisième jour.

Le mardi 22 octobre, le groupe prend la route du désert en direction du "100 nights camp", réparti dans trois véhicules 4x4. Le convoi roule à 80 km/h, vitesse nécessaire pour ne pas s'enliser dans le sable, lorsque la seconde voiture se déporte brusquement sur la gauche et percute un 4x4 arrivant en sens inverse. Le choc est violent. Faute de ceintures de sécurité à l'arrière, deux passagers sont éjectés du véhicule. La fille du couple est grièvement blessée : trois vertèbres cervicales pincées et vrillées, une intervention chirurgicale s'avère indispensable. Le passager avant, quant à lui, se retrouve bloqué et blessé par l'airbag. Au total, trois membres de la famille sont hospitalisés et le resteront pendant trois jours.

Trois jours durant lesquels l'intégralité du programme prévu est annulée. Le 22 octobre, c'est le trajet vers Wahiba, la traversée du désert et la nuit au 100 nights camp qui n'auront pas lieu. Le lendemain, la famille devait découvrir le Wadi Bani Khalid, s'arrêter au fort de Jaalam Bani Bu Hassan, visiter le château de Bilad avant de rejoindre l'Al Asala Resort pour assister à l'observation des tortues, au terme de 350 kilomètres de route. Le 24, le programme prévoyait encore la visite de Sur, l'exploration du Wadi Shaab et du Birmah Sinkhole, une merveille naturelle, la plage de Fins, avant un dernier périple de 250 kilomètres retour vers Muscat. Autant d'expériences promises, payées, et jamais vécues.

Une réponse qui laisse la famille amère

C'est sur ce point précis que la famille Grand fonde sa demande d'indemnisation : le remboursement des activités non effectuées ces trois jours. Un voyage de huit jours facturé 28 000 euros pour l'ensemble du groupe, dont près de la moitié du programme n'a pu être réalisée dans les conditions prévues. Face à cette demande, la réponse de Carrefour Voyages laisse la famille amère.

L'organisme local partenaire, Bahwan, a versé 1 625 euros à titre de dédommagement. Carrefour Voyages précise de son côté que ce geste ne relevait d'aucune obligation contractuelle, mais d'une simple "démarche de relation client". L'argument avancé : la famille n'ayant pas souscrit à l'assurance proposée par Carrefour Voyages au moment de l'achat, l'opérateur estime ne pas être tenu responsable du dédommagement des activités non réalisées. En clair, pour Carrefour, le contrat a été respecté.

Une offre de 15 000 euros a par ailleurs été proposée aux trois membres blessés, conditionnée à un renoncement total à toute action en justice. La famille Grand n'a pas accepté. Elle dit "regretter l'attitude de Carrefour Voyages" et "espérer un sursaut" de leur part. Pour Myrose et Michel Grand, la question n'est pas seulement financière : c'est une question de principe. Quand un voyagiste ne remplit pas ses engagements, aussi dramatiques que soient les circonstances, il se doit d'en assumer les conséquences.

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