Bret va-t-il virer les Verts de sa majorité ?

Le maire de Villeurbanne est tenté de mettre sa menace à exécution et retirer sa délégation à Béatrice Vessiller, sa 2e adjointe. Celle-ci s'était maintenue au second tour de la cantonale partielle, contrairement à son souhait. La pression ne cesse de monter entre les Verts et le PS.

Le sort de Béatrice Vessiller parait scellé. Le maire veut retirer sa délégation à sa 2e adjointe, chargée des déplacements urbains et de la voirie. Il envisage même d'appliquer cette sanction à l'ensemble des élus Verts de la municipalité. La raison : le maintien de la candidate écologique au second tour des cantonales.

Un signe de nervosité du PS ?

Le maire n'a pas ménagé ses efforts pour faire pression sur son adjointe : le 6 juin au téléphone, au soir des résultats, et le 7 juin en tête à tête, il l'a appelée au "désistement républicain". Une formule d'ordinaire utilisée pour faire barrage au FN. Fallait-il y voir un signe de nervosité face aux incertitudes d'une élection qui paraissait au départ promise aux socialistes ? Pas seulement, puisque l'édile mettrait à présent sa menace à exécution, alors même que son poulain a été élu conseiller général.

Bret ne voulait pas laisser aux électeurs de droite le soin de trancher entre les deux candidats de gauche. Surtout si c'était pour faire barrage à son candidat. Un scénario qui a failli réussir : Richard Llung ne l'a emporté que par onze voix d'avance. Les écologistes envisagent d'ailleurs, au vu de ce faible écart, de déposer un recours devant le Conseil constitutionnel. Le candidat PS a constaté une mobilisation en faveur de Vessiller dans les bureaux de vote favorables à la droite. "Le PS a gagné seul contre tous", en conclut-il.

Un militant PS : "ils veulent nous bouffer"

Comment expliquer que le maire de Villeurbanne qui avait su composer une majorité solidaire et cohérente avec les écologistes menace de la dissoudre au moment même où les écologistes n'ont jamais été aussi puissants à Villeurbanne : 21,6 % aux européennes, 18,2 % aux régionales et 22,7 % au 1er tour de la cantonale partielle ? Sa position peu démocratique semble avoir été mal comprise. "La stratégie des Verts nous pose questions : ils se sont alliés à nous quand ils étaient faibles et veulent à présent vouloir nous bouffer", décrypte un militant socialiste."On ne peut pas jouer contre son camp et revenir ensuite dans le collectif comme si de rien n'était", expose Bret. Pour le maire, Vessiller fait preuve d'ingratitude, elle qu'il a souvent défendu. "Je n'ai pas mégoté mon soutien dans des dossiers publics pour la mettre en avant", glisse-t-il.

"Bret se crispe, il dramatise. C'est une attitude complètement irrationnelle", réagit Béatrice Vessiller. "Je pense qu'il va réfléchir", estime-t-elle toutefois. Si la sanction était prononcée à l'égard de leur tête de file, les Verts pourraient décider de quitter de leur propre chef la majorité municipale. A moins qu'ils ne soient tous débarqués : le maire souffle qu'il préfère une décision collective à une mesure stigmatisant une seule personne. Pour l'heure, il consulte, se donne le temps de la réflexion. La décision ne devrait tomber que vers la fin de la semaine.

L'affaire pourrait cependant se régler à un niveau supérieur : les instances nationales d'Europe Ecologie sont sur le point de réagir. Côté socialiste, plusieurs responsables nationaux ont pris langue avec Bret. Martine Aubry devrait le joindre ce lundi après-midi. Au moment où la Première secrétaire du PS s'emploie à rassembler la gauche en vue de la présidentielle, une telle cassure pourrait faire désordre.

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