900 lycéens et étudiants ont défilé depuis la place Jean-Jaurès (7e arr.) jusqu’à la Manufacture des Tabacs (8e arr.) ce mardi 3 novembre. Première mobilisation d’une semaine sociale chargée, avant la grève nationale de jeudi.
Ils ne se tairont pas. Mobilisés depuis fin septembre devant leurs établissements, les uns pour demander la fin de la plateforme Parcoursup, plus de professeurs et de moyens, les autres pour dénoncer le manque de place dans les facultés et la précarité des jeunes, lycéens et étudiants ont une nouvelle fois battu le pavé ce mardi 3 novembre à Lyon.
Mais toujours en évitant le centre-ville. Comme l’ont autorisé les services de l’État hier, le cortège s’est donc élancé depuis la place Jean-Jaurès (7e arr.) pour rejoindre l’avenue Berthelot, le boulevard des Tchécoslovaques, puis le cours Albert-Thomas, pour une arrivée devant la Manufacture des Tabacs (8e arr.). Selon la préfecture du Rhône, 900 lycéens et étudiants étaient présents. La première étape d’une nouvelle semaine sociale sous tension avant la grève nationale annoncée ce jeudi 5 novembre.
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Les annonces du gouvernement sont "un pansement sur une plaie béante"
Mais si dans les rues l’ambiance était bon enfant, rythmée par des slogans et de la musique, les jeunes ne décolèrent pas. Les revendications restent les mêmes, face à un gouvernement "qui ne répond pas aux attentes", lance Élodie, élève en terminale à Lyon. "Les lycéens ne vont pas se taire. On doit se faire entendre et on continuera jusqu’à ce qu’on obtienne de vraies réponses", poursuit la jeune fille. Les premières mesures annoncées par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, comme les améliorations bientôt apportées à Parcoursup ou la création de 500 postes de professeurs supplémentaires dans le cadre du projet de loi de finances 2027, ne font d'ailleurs clairement pas consensus. "C’est mettre un pansement sur une plaie béante. Ça ne réglera rien sur le long terme", résume un lycéen ce mardi.

Les étudiants étaient aussi nombreux. "Si on manifeste, c’est parce qu’on en a marre de vivre dans la précarité, de savoir que le 15 ou le 20 du mois, on ne sait plus comment faire pour se nourrir. Je connais des gens qui n’en peuvent plus d’avoir leurs études et un boulot à côté pour survivre. On craque tous", lance un étudiant à l’université Lyon 2. Émeline, une amie, ajoute : "Parcoursup, Mon master, c’est le même combat. Les lycéens et étudiants ne devraient pas à angoisser comme ça de se retrouver sans rien à la prochaine rentrée." Quant à la création de 15 000 places supplémentaires de formation post-bac, "j’attends de le voir. Avec ce gouvernement, ce sont toujours beaucoup de promesses, mais jamais rien de concret au final", conclut-elle.
La manifestation du 5 novembre en ligne de mire
Lycéens et étudiants promettent déjà d’être présents en masse ce jeudi 5 novembre pour la grève nationale. "Le mieux c’est que l’on soit des centaines de milliers à Lyon, dans la rue. Et surtout que le monde du travail nous rejoigne dans toute sa diversité, que tout le monde se mette en grève et que l’on bloque l’économie de ce pays", espère un militant du Nouveau Parti anticapitaliste.
Le parcours de la manifestation, avec son arrivée sur la place Bellecour (2e arr.), a toutefois été refusé par la préfecture du Rhône, "compte tenu des violences et des dégradations extrêmement importantes du 17 octobre", ont expliqué les services de l’État. "C’est dans la rue que l’on doit être, pas excentré ou à la campagne. Une manifestation, c'est pour être visible et c’est pour ça qu’on est là", tranche enfin un syndicaliste. Les organisations syndicales ont d’ores et déjà annoncé qu’elles contesteront "par tout moyen légal tout arrêté d’interdiction visant à faire évoluer le parcours préalablement déclaré" et appellent la préfecture "à en respecter son tracé."

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