L’intersyndicale du Rhône se prépare pour la grève du 5 novembre. (CM)

Manifestation du 5 novembre : l’intersyndicale du Rhône promet une mobilisation massive et entend "secouer" le patronat

Le parcours de la manifestation prévue le 5 novembre à Lyon aurait bien été validé par la préfecture du Rhône. Il devrait partir de la Manufacture des tabacs (3e arr.) à 10 h 30 pour rejoindre la place Bellecour (2e arr.).

La colère gronde toujours et les syndicats sont plus que jamais prêts à faire plier l’État. Réunie ce mardi 27 octobre en vue de la prochaine journée de mobilisation et de grève prévue le 5 novembre prochain, l’intersyndicale du Rhône promet une présence massive dans les rues de Lyon.

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Le parcours "a priori" validé par la préfecture

Se pose désormais la question de l’autorisation ou non du droit à manifester, après que la préfecture du Rhône à multiplier les arrêtés interdisant les rassemblements revendicatifs sur la voie publique depuis les débordements du 17 octobre en Presqu’île. Selon Maud Millier, secrétaire générale de la CGT du Rhône, la déclaration pour le 5 novembre a bien été déposée en préfecture et le parcours est "a priori" validé. Le cortège devrait donc s’élancer depuis la Manufacture des tabacs, dans le 3e arrondissement, à 10 h 30 pour rejoindre la place Bellecour, dans le 2e arrondissement, périmètre jusqu’alors interdit. "Il va y avoir énormément de monde, donc il faut des parcours qui puissent drainer autant de personnes", justifie la syndicaliste.

Une rencontre avec la préfecture du Rhône a par ailleurs été demandée par l’intersyndicale avant le 5 novembre pour évoquer le maintien de l’ordre. "On a constaté depuis le 1er mai 2026 un schéma du maintien de l'ordre qui est quand même très particulier, répressif, et qui est une entrave à la liberté de manifestation, à nos libertés syndicales et à liberté collectives", explique-t-elle. Aucune date n’a été fixée pour l’heure.

Tentative d’instrumentalisation

L’intersyndicale condamne également les déclarations du président de la République Emmanuel Macron qui déclarait avant ce samedi 24 octobre que les demandes de manifestations formulées par "des gens qui n’ont aucune légitimité" devaient systématiquement être interdites, contrairement à celles des syndicats. "C’est de l’instrumentalisation politique", lance Léo Girardin, co-secrétaire Solidaires du Rhône, qui estime que "tout cela sert à décourager la population de manifester et de faire des revendications." "On voit que ça ne fonctionne pas", tranche-t-il, dénonçant dans le même temps la gestion du maintien de l’ordre depuis plusieurs semaines jugée "disproportionnée". "Quand on voit encore samedi à Lyon des manifestants d'extrême droite défiler dans les rues, sans que visiblement ça ne heurte les services de la préfecture, on constate qu’il y a quand même un deux poids deux mesures", tance encore Nadine Ben Mahdi, secrétaire départementale de l'UNSA Rhône.

L’intersyndicale s’attend d’ores et déjà à mobiliser assez de monde pour poursuivre la grève, "bloquer l’économie" et "faire plier le gouvernement." Mais aussi de mettre en avant "le grand absent des débats" depuis le début de la mobilisation : le patronat. "Il ne répond de rien, continue d’engranger des cadeaux fiscaux, des bénéfices record et il n’est pas inquiété. L’idée, c’est donc d’interpeller le patronat et d'aller le secouer un petit peu", promet Maud Millier. Et l’intersyndicale assure qu’elle ne pliera pas avant l’élection présidentielle prévue les 18 avril et 2 mai, bien au contraire. "C’est une période propice pour que nos besoins sociaux et les revendications sociales soient exprimées parce que personne ne pourra les exprimer à nos places. La meilleure des sécurités, c'est justement la solidarité", poursuit Maud Millier.

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Les annonces du ministre de l'Éducation nationale sont "ridicules"

Les lycéens et étudiants seront eux aussi bien présents dans les prochaines semaines. "Les mesures annoncées par le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, et de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, sont profondément ridicules", tance Mathis Toinon, co-vice-président en charge des services au sein de GAELIS (Groupement des associations et élus étudiants de Lyon indépendants et solidaires). "Certes, on reconnaît que les mesures qui sont proposées sont dans la bonne direction, mais c’est extraordinairement insuffisant, et donc un petit peu ridicule", concède-t-il. "Il est urgent que l'on soit entendu et que l'on trouve des solutions concrètes. Elles existent et elles sont applicables", conclut Maud Millier.

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