Malgré les pluies de l’automne, la préfecture prolonge les restrictions d’eau jusqu’au 15 novembre. Les secteurs de la Grosne et de la Saône restent en "crise", une situation sans précédent à cette période de l’année. En parallèle, les agriculteurs touchés peuvent demander l’Indemnité de Solidarité Nationale jusqu’au 30 novembre.
L’été 2026 a laissé des traces durables en Saône-et-Loire. Après avoir réuni les membres du comité ressources en eau le 29 octobre dernier, le préfet a décidé, par arrêté, de prolonger les restrictions des usages de l’eau jusqu’au 15 novembre. La situation s’améliore un peu, mais elle reste préoccupante : malgré les pluies tombées depuis fin septembre, le débit des rivières demeure exceptionnellement faible pour la saison.
Un été de crise
Les premières mesures de restriction ont été prises dès le 17 juin, après une première canicule. Les vagues de chaleur se sont succédé en juillet et en août, sans pluie, et la situation s’est vite aggravée. Le 2 juillet, tout le département était déjà en alerte. Les secteurs Arroux-Morvan et Grosne étaient même placés au niveau "crise", le plus élevé. Ce niveau a ensuite été étendu à l’Arconce-Sornin et à la Bourbince. Le 19 août, il couvrait presque tout le territoire. Le secteur Dheune, dernier épargné, l’a rejoint le 24 septembre.
L’arrêté du 30 octobre abaisse le niveau d’alerte dans six des huit zones du département. La Dheune, l’Arroux-Morvan, l’Arconce-Sornin et la Bourbince passent en "alerte renforcée". La Seille et Guyotte et la Vallée de la Loire passent en simple "alerte".
En revanche, les zones Grosne et Saône restent en "crise". Selon la préfecture, c’est une première dans le département à cette période de l’année. Comme certains usages de l’eau baissent fortement en automne, quelques règles sont toutefois assouplies dans ces deux zones. Elles concernent les stations de lavage professionnelles pour véhicules, ainsi que le nettoyage des façades et des toitures.

Les premières mesures de restrictions des usages de l’eau ont été prises par le
préfet de Saône-et-Loire dès le 17 juin. Le préfet de Saône-e-t-Loire a prolongé les restrictions des usages de l’eau
jusqu’au 15 novembre par arrêté préfectoral.
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Inquiétude sur l'eau potable
L’eau potable reste le principal sujet d’inquiétude, surtout dans l’ouest du département. Pour éviter des coupures, certaines communes ont dû relier leur réseau à celui de leurs voisines. Les services de l’État appellent donc chacun, particuliers comme professionnels, à continuer d’économiser l’eau. Les habitants peuvent connaître les règles en vigueur dans leur commune sur la plateforme VigiEau (vigieau.gouv.fr). Ils peuvent aussi s’y inscrire pour être prévenus par e-mail à chaque changement de niveau.
La sécheresse a aussi touché les récoltes. Toutes les communes du département sont donc éligibles à l’Indemnité de Solidarité Nationale (ISN). Elle concerne les pertes sur le maïs, le soja, le tournesol, le sorgho et la luzerne porte-graine, ainsi que sur la vigne, les pommes, les poires et le cassis.
Les démarches dépendent de l’assurance de l’exploitant. Celui qui a souscrit en 2026 une assurance récolte Multirisque Climatique (MRC) subventionnable n’a rien à faire auprès de l’État : son assureur gère son dossier pour toutes ses surfaces.
Les exploitants non assurés, ou assurés par un contrat autre qu’une MRC, peuvent s’adresser à la Direction départementale des territoires (DDT). Leurs pertes doivent toutefois dépasser 50 % pour les grandes cultures et la vigne, et 30 % pour les fruits. Ces pertes sont calculées sur toute la récolte de l’année pour un même type de culture. Elles sont comparées au rendement habituel de l’exploitation, qu’il faudra justifier avec des documents.
Les demandes se font en ligne sur le site AléaNat, du 1er au 30 novembre 2026 inclus. Il faut d’abord se créer un compte sur moncompte.agriculture.gouv.fr. Un formulaire papier peut aussi être demandé par e-mail à ddt-telecalam@saone-et-loire.gouv.fr.
Pour les prairies, la démarche est plus simple. Assurés ou non, les éleveurs n’ont aucune déclaration à faire et aucun justificatif à fournir. Les pertes sont estimées à partir d’un indice satellitaire de pousse de l’herbe, calculé jusqu’au 30 octobre. L’assureur, ou pour les non-assurés l’interlocuteur agréé choisi dans le dossier PAC, communiquera le taux de perte retenu en fin de campagne. Il versera l’indemnisation si les conditions sont remplies.
D’autres cultures de printemps restent en attente, notamment l’orge, l’avoine, le blé tendre, la lentille, le chanvre et le sarrasin. Une demande de reconnaissance sera examinée début décembre. Si elle est acceptée, les producteurs non assurés pourront déposer leur dossier auprès de la DDT début 2027.

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