Les manifestations de ce mois d'octobre ont donné à entendre un changement dans la communication du maire écologiste de Lyon
Le Grégory Doucet nouveau est visiblement arrivé. Sa gestion des émeutes urbaines autour de la manifestation du 17 octobre tranche avec son attitude lors de précédents mouvements sociaux émaillés de violence. Le maire écologiste de Lyon a fait preuve d’une bien plus grande réactivité. Il a très vite condamné l’incendie de l’Office du tourisme place Bellecour et fait la tournée des médias nationaux pour le marteler. Le lendemain, il demandait, avec ses homologues parisien et marseillais, à être reçu par Sébastien Lecornu pour demander des comptes au Premier ministre sur l’action des forces de l’ordre. Le 18 octobre au matin, il a déambulé dans la Presqu’île pour mesurer les dégâts et apporter son soutien aux commerçants. Une semaine plus tard, autour de la manifestation du 24 octobre, il a tenté un numéro d’équilibriste : déplorer que l’État veuille empêcher la plupart des manifestations avant de “prendre acte” de la décision du préfet du Rhône d’interdire les rassemblements à Lyon. Le champ lexical du maire de Lyon a changé par rapport à son premier mandat. Lors des émeutes urbaines qui avaient suivi la mort de Nahel à l’été 2023, Grégory Doucet parlait des “événements qui ont agité notre ville”. Trois ans plus tard, à propos du 17 octobre, il évoque “les violences, les pillages et les saccages que notre ville a connus”. Ce changement de sémantique ne paie pas encore. Sa visite de terrain a été chahutée par des commerçants ou des habitants lui reprochant les pillages en Presqu’île du samedi 17 octobre. À ses côtés, le préfet de police était à l’abri de l’indignation des Lyonnais sous le parapluie d’un Doucet bashing encore prégnant.
