Dans son fonds d’urgence, la Métropole de Lyon prévoit une enveloppe d’un million d’euros pour acquérir des équipements de sécurité, pouvant atteindre jusqu’à 15 000 euros par établissement. L’aide sera toutefois conditionnée par le déploiement de la vidéoprotection dans la commune où est installé le commerçant.
Lors du conseil exceptionnel qui s’est déroulé mercredi 28 octobre, l’exécutif métropolitain a adopté le plan d'urgence de 10 millions d’euros destiné au plus de 200 commerçants ayant subi des dégradations ou des pillages lors des violences du 17 octobre. Comme l’a rappelé la présidente LR de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, le fonds comprend notamment une enveloppe de trois millions d’euros pour remettre rapidement en état les commerces vandalisés (pouvant atteindre jusqu’à 33 000 euros par commerce), une avance de 6 millions d’euros pour soutenir la trésorerie et la reprise de l’activité (remboursable à taux zéro avec un différé de remboursement de douze mois, suivi d’un remboursement sur 36 mois), ainsi qu’une enveloppe d’un million d’euros pour acquérir des équipements de sécurité.
Si l’aide peut atteindre jusqu’à 15 000 euros par établissement, la collectivité pose toutefois une condition : le soutien financier sera déployé dans les secteurs "où les communes s’engagent à renforcer la sécurité, notamment par le développement de la vidéoprotection."
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"Rupture d’égalité"
Un critère qui n’a pas manqué de faire réagir l’opposition. Fanny Dubot, co-présidente du groupe Les Écologistes, a de son côté dénoncé une "rupture d’égalité", demandant à ce que l’accès à ces aides "ne soit pas conditionné à la politique de sécurité menée par la commune." Et d’ajouter : "Un commerçant victime de dégradations doit pouvoir être aidé, quelle que soit sa localisation ou les choix de sa municipalité en matière de vidéosurveillance." La socialiste Sandrine Runel a préféré "sourire" face à la délibération qu’elle prenait "pour la Ville de Lyon", alors que les passes d’armes se succèdent depuis début septembre entre la Métropole et la Ville de Lyon, la première appelant la seconde à accepter sa "main tendue", soit son enveloppe annuelle de 5 millions d’euros pour que les communes se dotent en équipements de sécurité.
Cyril Isaac-Sibille du groupe Rhône et Saône a quant à lui appelé à "éviter la double peine" pour les commerçants. "Ce choix appartient au maire, pas au commerçant", note le conseiller métropolitain, rappelant que la Région Auvergne-Rhône-Alpes aide "sans condition." Le groupe a par ailleurs demandé "des critères publics" et "des refus motivés."
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Seules les communes sans vidéoprotection sont concernées
Véronique Sarselli a toutefois précisé que la mesure ne concernait que les villes qui ne sont pas du tout dotées en caméra de vidéoprotection. Les commerçants lyonnais pourront donc bien bénéficier de cette aide, d’autant que la grande majorité des établissements dégradés le 17 octobre se trouvent en Presqu’île. Pour la présidente, il s’agit avant tout d’assurer un "continuum de la sécurité", a-t-elle expliqué. Une façon, sans réellement le dire, d'obliger les communes à installer des équipements de vidéoprotection grâce au budget de 5 millions d’euros alloué à cet effet.
"La Métropole de Lyon ne paiera pas pour réparer les conséquences d’une sécurité que certaines communes refusent d’assumer pleinement", a encore justifié Jérémie Bréaud, vice-président en charge de la sécurité globale. Estimant que l’on "ne protège pas un commerce en blindant sa porte lorsque la rue reste abandonnée aux casseurs", la condition est "simple" : "l’argent public va là où la sécurité de l’espace public est prise véritablement au sérieux."
Alors, combien de villes du territoire ne sont pas équipées de caméras aujourd’hui ? Ces mêmes villes ont-elles été victimes de dégradations ? Contactés, les services de la Métropole de Lyon n’ont pas été en mesure de fournir le nombre des communes, si toutefois il en reste, qui ne possèdent aucun équipement de vidéosurveillance avant la publication de cet article. En 2020, nos confrères de Médiacités indiquaient toutefois que 51 des 59 communes du territoire en étaient équipées.
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