Depuis les émeutes du 17 octobre, 307 commerces ont été dégradés dans la métropole de Lyon, selon la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne. Face aux pillages, l’institution a déployé un dispositif de sécurisation et alarme désormais sur les conséquences matérielles et psychologiques de ces émeutes sur les commerçants.
Lors d’un point presse organisé ce mardi 27 octobre, la Chambre de commerce et d'industrie a présenté un premier bilan des dégâts et des conséquences économiques des mobilisations. À Lyon, le constat est lourd : 307 commerces ont été dégradés depuis le 17 octobre, selon Philippe Valentin, président de la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne. "Près de la moitié ont été sinistrés, pillés ou victimes de vols", ajoute-t-il.
Les conséquences dépassent les seuls dégâts matériels. Certains établissements ont dû fermer temporairement, tandis que des salariés restent trop inquiets pour reprendre leur poste. "Vous avez des salariés qui ont une peur bleue et qui ne peuvent pas réintégrer leur poste de travail", alerte Philippe Valentin. Pour illustrer les conséquences économiques, le président de la CCI évoque le cas de l’un des plus gros cafés de la capitale des Gaules, qui n’aurait réalisé que 117 euros de chiffre d’affaires sur la journée du 17 octobre. Il n’a toutefois pas précisé de quel établissement il s’agissait.
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Un dispositif de 40 agents de sécurité à Lyon
Pour protéger les commerces les plus menacés, la CCI lyonnaise a mis en place une cellule de crise d’une quinzaine de personnes, en lien direct avec la préfecture du Rhône. Le dispositif déploie des agents de sécurité privés sur le terrain. Le 17 octobre, une vingtaine de commerces considérés en urgence absolue ont pu être sauvés. Le 24 octobre, 72 interventions ont été menées pour protéger des établissements. Au total, 40 agents de sécurité privés ont été mobilisés simultanément à Lyon, répartis en deux brigades de 20.
Le financement de ces agents a évolué entre les deux dates. La CCI a d’abord pris en charge le dispositif lors de la première mobilisation, puis la Région et la Métropole ont ensuite pris le relais, en apportant des financements respectivement à hauteur de 15 et 10 millions d’euros. "C’est la première fois qu’on met en place ce dispositif et nous en sommes fiers", souligne Philippe Valentin, tout en précisant qu’il ne sera utilisé que pour ces mobilisations.
Les fêtes de fin d’année approchent
"Sur les huit prochaines semaines, chaque week-end où les commerçants ne pourront pas exercer leur activité représente 1,5 milliard d’euros de pertes de chiffre d’affaires", alerte Alain Di Crescenzo, président de CCI France. Il rappelle que le week-end représente environ 30 % du chiffre d’affaires d’un commerçant. Pour les commerçants, le calendrier rend la situation encore plus préoccupante. Novembre et décembre représentent environ 40% du chiffre d’affaires annuel des commerces.
"Si les choses ne s’arrangent pas, nos commerçants vont subir un coup de grâce", avertit Alain Di Crescenzo. Il évoque également un été difficile, marqué selon lui par "une baisse de 20 à 30% de la fréquentation en raison des fortes chaleurs". La CCI demande donc des mesures de soutien à la trésorerie et "une plus grande réactivité des banques et des assureurs". Son président indique que les CCI accompagnent les commerçants en détresse psychologique. Une centaine de commerçants auraient déjà sollicité les cellules d’écoute mises en place avec le dispositif Apesa au niveau national.
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Un nouveau week-end sous tension à l’approche d’Halloween
Les inquiétudes se tournent désormais vers le week-end du 31 octobre. Des appels à des dégradations circuleraient sur les réseaux sociaux, dans un contexte marqué par Halloween. "Nous sommes très stressés car ce week-end s’annonce dangereux. On va recommander la plus grande prudence à nos commerçants", indique le président de CCI France. Face à cette situation, il demande une pause dans les mobilisations. Alain Di Crescenzo appelle aussi les commerçants à se rapprocher de leur CCI avant de décider d’ouvrir ou de fermer leur établissement. "On ne veut pas d’auto-défense, n’ajoutons pas des problèmes aux problèmes, ce n’est pas aux commerçants de faire ça", conclut-il.
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Travaux d'intérêt général d'office pour toute cette racaille de casseurs/pilleurs ! Il faut travailler pour se les payer, les affaires ; ça ne tombe pas du ciel !