Policiers. @Hugo LAUBEPIN
Policiers au palais de justice de Lyon. @Hugo LAUBEPIN

Villeurbanne : un homme de 21 ans condamné à cinq ans de prison pour avoir incendié le paillasson d’un appartement

Jugé en comparution immédiate devant le tribunal judiciaire de Lyon, un jeune homme de 21 ans a été condamné à cinq ans de prison, dont un an avec sursis, pour avoir volontairement incendié un paillasson et un boudin de porte à Villeurbanne, le 25 août dernier.

Mercredi 21 octobre. L’audience se tient dans une salle comble de la 14e chambre du tribunal judiciaire de Lyon. À la barre, Rayan C. est poursuivi pour "destruction du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes, en récidive". Les faits remontent au 25 août, vers 1h30, dans un immeuble de la rue Jules-Guesde, à Villeurbanne. Ce soir-là, le paillasson et le boudin de porte d’un appartement sont volontairement incendiés. Selon les éléments présentés à l’audience, du supercarburant aurait été utilisé pour déclencher le feu. La porte n’a toujours pas été réparée, obligeant les occupants à placer un meuble pour pouvoir la maintenir fermée.

L’enquête s’appuie notamment sur des vidéos diffusées dans un groupe Snapchat. Une amie de la famille victime en aurait reçu trois, dans lesquelles une personne menace d’incendier la porte. Sur l’une d’elles, un bidon blanc est visible. "Vous allez tous cramer bande de fils de pute", entend-on dans l’une des séquences. Lorsque la fille de la famille demande qui se trouve sur les vidéos, une réponse lui aurait été adressée : "C’est Rayan espèce de pute". Le cœur du sujet porterait sur une relation amoureuse de plusieurs mois avec la fille de la famille victime de l’incendie. Une relation décrite comme "nocive" et "très conflictuelle". Rayan C. nie toutefois avoir entretenu une relation avec elle.

Les enquêteurs ont retrouvé, lors d’une perquisition au domicile du jeune homme, une arme de poing semi-automatique, un briquet similaire à celui visible sur les vidéos et les mêmes chaussures que celles portées sur les images. 

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Le prévenu agace la présidente du tribunal

Face aux juges, Rayan C. conteste fermement les accusations. "Je n’ai rien à dire. Ce n’est pas moi", affirme-t-il. Interrogé sur le compte Snapchat "Lerisque69", utilisé pour diffuser les vidéos, il maintient sa position : "Je n’ai pas d’explication, ce n’est pas moi". Lors de sa garde à vue, le prévenu a refusé l’exploitation de son téléphone. Son attitude, aussi bien en garde à vue que durant l’audience, lui vaut plusieurs rappels à l’ordre de la présidente du tribunal. Le jeune homme est agacé et porte un regard appuyé envers les juges.

Son casier judiciaire comporte plusieurs condamnations, notamment pour recel, infractions liées aux stupéfiants, violences et outrage. En 2026, il a été condamné à trois mois de prison pour recel et refus d’obtempérer. Il était sorti de détention le 20 août, cinq jours avant les faits qui lui sont reprochés. Sans emploi, il indique être en situation de handicap en raison d’une prothèse de hanche. Il était également placé sous contrôle judiciaire depuis février.

"Il ne mesure pas la gravité des faits"

À l’audience, la procureure de la République dénonce l’attitude du prévenu. "Le tribunal ennuie monsieur C. Il ne mesure pas la gravité des faits", estime-t-elle. Elle rappelle également le drame survenu à Décines en mai dernier, qui avait coûté la vie à trois personnes, pour souligner les conséquences potentiellement dramatiques d’un incendie volontaire dans un immeuble.

Le parquet requiert cinq ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis, ainsi qu’une interdiction de paraître à Villeurbanne, de détenir une arme et d’entrer en contact avec la famille victime. Une obligation de soins est également demandée. De son côté, l’avocat de Rayan C. réclame la relaxe. "Les échanges Snapchat ne sont pas clairs. Sur les vidéos, on ne peut pas reconnaître sa voix avec seulement trois petits mots", plaide-t-il. Il met également en avant l’état de santé de son client et s’oppose à une interdiction de séjour à Villeurbanne, où celui-ci réside.

Le tribunal a finalement condamné Rayan C. à cinq ans de prison, dont un an avec sursis. Il lui impose également une obligation de soins, une interdiction de paraître à Villeurbanne, de détenir une arme et d’entrer en contact avec la famille victime. L’indemnisation des victimes sera examinée lors d’une nouvelle audience prévue en février 2027, en présence de la partie civile, absente lors du procès.

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