Inaugurée en août 2024, l’ascenseur valléen de Saint-Gervais, en Haute-Savoie, a transporté 321 000 voyageurs lors de sa première année d’exploitation. Notre équipe est partie explorer ce bijou qui réinvente complètement les mobilités en haute-montagne.
À peine sorti de la gare SNCF du Fayet, en Haute-Savoie, il suffit de faire quelques pas pour rejoindre la station de départ du Valléen. Pas de route à traverser, pas de détour à effectuer, la télécabine conçue par le groupe POMA s’intègre directement aux autres transports en communs. La gare de départ, surélevée, permet aux cabines de prendre rapidement de la hauteur et de survoler la circulation.

Après avoir franchi un simple portique, le voyageur embarque dans une cabine de dix places, assez spacieuse. Le trajet ne dure que six petites minutes entre Le Fayet et le centre de Saint-Gervais-les-Bains, avec une vue somptueuse sur la vallée et le massif du Mont-Blanc. Pour les personnes sujettes au vertige, mieux vaut prendre une grande inspiration avant de regarder par la fenêtre. Mais ça vaut le détour.

La première partie de cet ascenseur valléen, inaugurée en août 2024, s’étend sur 1 785 mètres et franchit 221 mètres de dénivelé, grâce à seulement huit pylônes. Pour Guillaume Grelier, chef de secteur Valléen chez POMA, l’accessibilité constitue l’un des points essentiels du dispositif. "Quand on offre ce genre de service, il faut que les usagers puissent rentrer dans les cabines avec leur vélo, leur ski ou encore leur poussette. Donc on a dû s’adapter à ces modalités", explique-t-il.
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Un succès bien au-delà des prévisions
L’objectif derrière ce projet est de proposer une véritable alternative à la voiture pour les déplacements quotidiens, tout en facilitant l’accès à la montagne pour les visiteurs. Le Valléen a transporté 321 000 clients lors de sa première année d’exploitation. En haute saison, la fréquentation atteint environ 5 700 personnes par jour, contre un peu moins de 1 000 en moyenne en basse saison. Des chiffres supérieurs aux attentes initiales. "On accueille en moyenne plus de personnes que ce qui était prévu", souligne Denis Baud-Lavigne, responsable du développement commercial des transports urbains par câble chez POMA. Selon lui, cette fréquentation s’explique notamment par une desserte de Saint-Gervais jugée plus pratique par les habitants.
Pour assurer la continuité du service, l’exploitant devait atteindre environ 220 voyageurs par jour. Objectif largement atteint. Au quotidien, le service fonctionne de 7h à 20h30. Le trajet coûte 2,50 euros par personne, avec des abonnements et des pass disponibles. Le fonctionnement de cette télécabine repose sur deux tronçons qui se complètent : le Valléen dans un premier temps entre Le Fayet et Saint-Gervais, puis l’Alpin, qui continue l’ascension vers le Bettex et les pistes de ski du Mont d’Arbois. Le premier utilise 26 cabines, tandis que le second en compte 71. L’Alpin, inauguré en décembre 2024 et fermé temporairement, doit rouvrir le 12 décembre pour la saison hivernale.

"Le pire ennemi du transport par câble, c’est quand ça ne fonctionne pas"
Avec des cabines envoyées toutes les quinze secondes et une vitesse pouvant atteindre six mètres par seconde, le Valléen de Saint-Gervais propose un débit très intéressant. "Il n’y a rien qui égale le transport par câble en termes de débit", estime Guillaume Grelier. Mais cette performance implique aussi une exigence particulière en matière de fiabilité. "Le pire ennemi du transport par câble est que quand ça ne fonctionne pas, ça pose un vrai problème", poursuit-il, en insistant sur le fait qu’il est difficile, voire impossible, de remplacer l’ascenseur valléen par un autre moyen de transport.
Le projet a nécessité un financement total de 45 millions d’euros : 21,2 millions pour le Département de la Haute-Savoie, 13,8 millions pour la Société des téléphériques de Bettex-Mont d’Arbois (STBMA), 9 millions pour la Région Auvergne-Rhône-Alpes et 1 million pour la commune de Saint-Gervais.
Les cabines de dix places ont été conçues par POMA et construites dans l’usine Sigma de Veyrins-Thuellin, en Isère. Pour Fabien Felli, président du groupe, cette infrastructure illustre la capacité du transport par câble à répondre à des besoins qui dépassent le seul domaine skiable. "Le Valléen de Saint-Gervais est proche de l’offre urbaine", souligne-t-il. Il estime que ce type d’organisation, souvent répartie sur deux tronçons, peut inspirer des projets comme ceux des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030.
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