Fabien Felli, président de POMA, et Victor Chéné, responsable des projets chez Sigmacabins, devant le nouveau modèle Pure. @CL

En Isère, POMA fête ses 90 ans et prépare la télécabine de demain

Basé en Isère, le groupe POMA célèbre ses 90 ans. De l’usine Sigmacabins de Veyrins-Thuellin à son nouveau modèle de cabine Pure, l’entreprise souhaite mêler innovation, fabrication régionale et réduction de son empreinte carbone.

En Isère, POMA, géant du transport par câble, n’a de cesse d’évoluer. Fondée en 1936 par Jean Pomagalski, l’entreprise fête cette année ses 90 ans. Le groupe, dont le siège social se trouve à Voreppe, emploie aujourd’hui 1 700 personnes dans le monde, dont 935 en France, et revendique plus de 8 000 installations dans 90 pays. "On a toujours été marqués par deux choses : l’innovation et l’expertise", résume Fabien Felli, président du groupe. Aujourd’hui, l’entreprise cherche à renouveler cette capacité d’innovation, tout en accompagnant des infrastructures conçues pour durer plusieurs décennies.

À Veyrins-Thuellin, l’usine Sigmacabins constitue l’un des quatre sites industriels de POMA en Auvergne-Rhône-Alpes. Elle compte 110 salariés et produit des cabines destinées à des installations très différentes pour les quatre coins de la planète. En 2026, le site en a fabriqué environ 2 500, réparties entre 18 modèles.

À Veyrins-Thuellin, l'usine est divisée entre les rénovations et l'assemblage de nouvelles cabines. @CL

Le bureau d’études, installé à proximité immédiate des ateliers, facilite les échanges entre conception et production. "Nos cabines sont tellement différentes qu’on ne pourrait pas se permettre de tout automatiser. C’est important pour nous de garder un humain derrière chaque machine", explique Fabien Felli. 80 % des sous-traitants de Sigmacabins se trouvent à moins de deux heures de l’usine.

Fabrication, peinture et assemblage sont effectués dans l'usine iséroise. @CL
Sablage d'une télécabine pour faciliter l'accroche de la peinture. @CL
La peinture est indispensable pour donner envie aux usagers. @CL

Le groupe privilégie autant que possible les fournisseurs français. Pour autant, POMA est présent dans 90 pays, avec 30 filiales dans le monde. Son chiffre d’affaires atteint 550 millions d’euros, répartis entre plusieurs marchés : environ 30 % en France, près de 30 % en Asie, 25 % en Amérique du Nord et 15 % en Amérique du Sud.

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Le transport par câble au-delà des stations de ski

Si la montagne reste un marché historique et représente 40 % de l’activité (le reste concerne le tourisme, les sites sacrés, le transport de matériaux, l’éolien et les projets spécifiques), POMA mise également sur le développement du câble en milieu urbain. "On est absolument persuadés que le câble urbain va répondre de plus en plus aux enjeux de mobilité", affirme Fabien Felli. Ces installations doivent fonctionner sur des amplitudes importantes, parfois 15 heures par jour et toute l’année comme à Medellin (Colombie), ce qui impose des exigences élevées en matière de maintenance.

Exemple d'une cabine à Medellin, en Colombie. @CL

À Lyon, le groupe et ses filiales assurent déjà l’entretien et la rénovation des funiculaires de Saint-Just et de Fourvière. Alors que le secteur alpin prépare les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030, l’accessibilité de la montagne et l’évolution des mobilités constituent des sujets importants pour la filière.

Sa gamme Life (un mélange de "Low impact for the environment" et de "Large impact for efficiency") consiste à trouver un équilibre entre "la maîtrise technique, la technologie de pointe et la durabilité" selon le président Fabien Felli. Ce dernier nous indique que 95 % des composants utilisés sont recyclables. Le groupe travaille aussi sur les moteurs pour réduire la consommation énergétique et les nuisances sonores. Il collabore avec la start-up grenobloise MagREEsource pour remagnétiser des aimants et leur donner une seconde vie. La durée d’exploitation des équipements constitue un autre enjeu. "Quand on livre une remontée mécanique, ce n’est pas simplement un objet : c’est un bien qui va vivre pendant des décennies", souligne Fabien Felli. Certaines cabines peuvent ainsi fonctionner plus de 30 ans, à condition d’être entretenues. POMA développe donc ses activités de rénovation, de maintenance et de fourniture de pièces détachées. En Isère comme dans le reste des Alpes, plusieurs installations de la gamme Life doivent être mises en service avant la fin de l’année, notamment au col de Balme, à La Clusaz, et avec le télésiège Radaz à Megève. D’autres projets sont prévus à Chamonix-Mont-Blanc en 2027, puis à Trappe et aux Autannes en 2028.

À noter que POMA n’est pas seul au monde. Le groupe a deux autres sérieux concurrents : Doppelmayr-Garaventa (entreprise austro-suisse) et Leitner (entreprise italienne).

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La nouvelle cabine Pure à la pointe de la technologie

POMA s’est fait mondialement connaître avec le télésiège à pinces fixes et, en 1966, la télécabine SP4, plus connue sous le nom d’"œuf". Pour marquer son 90e anniversaire, le groupe prépare l’arrivée de Pure, une nouvelle génération de cabines conçue pour associer confort, esthétique et performance. Avec sa forme arrondie, elle revendique un héritage de l’emblématique "œuf". "À l’époque, les cabines étaient un peu des boîtes de savon. Il n’y avait pas vraiment de confort ni d’atmosphère. L’œuf a créé une forme de cocon et rapproché les gens", rappelle Fabien Felli, qui a lancé ce projet en 2025.

La nouvelle cabine Pure aux côtés de l'emblématique "oeuf" de 1966. @CL

Pour la première fois, POMA a travaillé avec des architectes afin de concevoir l’ensemble de la cabine, de sa structure à son aménagement. D’une capacité de dix places, elle dispose notamment d’une vue à 360 degrés, d’un éclairage LED, d’enceintes du fabricant stéphanois Focal et de bancs rétractables permettant d’embarquer des vélos. Un système d’aération doit également améliorer le confort des passagers.

Sol de la cabine Pure. @CL
La cabine Pure est équipée d'enceintes Focal. @CL

Le projet entre désormais dans une phase de finalisation, à la suite des retours recueillis lors du salon Mountain Planet. "Ça risque de durer encore plusieurs mois. Il y a des tests que vous faites en interne et il y a des tests qui sont faits par une autorité d'exploitation. On a la chance de maîtriser ce que les autorités demandent, donc on va gagner du temps. Par exemple, on maîtrise tous les tests sur les vitres depuis des années. On a cette expérience", dévoile Victor Chéné, responsable des projets chez Sigmacabins. POMA prévoit de détenir 50 cabines Pure en septembre 2027.

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