En puisant dans les danses issues des réseaux sociaux, le chorégraphe Moritz Ostruschnjak crée un langage chorégraphique porté par un collectif d’interprètes survoltés.
Programmé à Lyon pour la première fois, l’ensemble tanzmainz est une compagnie de danse contemporaine allemande composée de vingt-cinq interprètes, dirigée par Honne Dohrmann et positionnée comme un lieu de création qui instaure un pont entre le théâtre d’État et la scène indépendante, intégrant sans cesse de nouveaux langages chorégraphiques pour explorer des enjeux sociétaux. Ses créations sont le fruit de collaborations avec des chorégraphes invités tels que Sharon Eyal, Tânia Carvalho, Guy Bader.
Remix
Pour Trailer Park, le choix s’est porté sur Moritz Ostruschnjak, artiste issu du hip-hop et du graph, formé ensuite chez Béjart et aujourd’hui chorégraphe free-lance. La pièce révèle le fondement de son travail, basé sur l’utilisation des réseaux sociaux qu’il considère comme des archives inépuisables avec sa profusion constante d’images et de styles de danse et cette culture des “mèmes” (contenu détourné et partagé par les internautes) où tout est remix et qu’il considère comme étant un art populaire. Il a ainsi demandé à ses neuf interprètes de s’emparer de mouvements et mimiques propres aux danses urbaines (hip-hop, voguing, waacking, popping, breaking, jazz fun…) visionnées sur Internet, transposant cette culture sur scène pour créer un autre langage chorégraphique.
Trailer Park invite donc le spectateur à se laisser emporter dans un flot continu de propositions musicales et chorégraphiques, l’objectif de Moritz Ostruschnjak n’étant pas d’imaginer à tout prix du nouveau comme on l’attend souvent d’un artiste d’une pièce à l’autre. Mais de créer quelque chose qui n’est nouveau que par la combinaison de mouvements ayant trouvé leur origine dans un contexte différent et qui à la base n’ont pas été inventés par les danseurs.
Monde réel et monde numérique
Avec ce spectacle bien dans l’air du temps (qu’il assume tel quel tout en jouant sur l’ambiguïté), il ne revendique pas ouvertement une critique des réseaux sociaux et laisse le choix au spectateur de se faire son idée sur le décalage (et la connexion) entre monde réel et monde numérique, le confrontant ici à sa pratique quotidienne du scrolling comme à la physicalité et aux rythmes extrêmes d’une danse bien en chair et au plateau !
Trailer Park - Moritz Ostruschnjak – Du 13 au 15 octobre à la Maison de la danse
