Philippe Valentin, président de la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne. @CL

À Lyon, les CCI alertent sur la baisse de 125 millions d’euros prévue dans le budget 2027

Le président de CCI France Alain Di Crescenzo et le président de la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne Philippe Valentin ont alerté sur les conséquences du projet de loi de finances 2027. Le texte prévoit une baisse de 125 millions d’euros des ressources du réseau.

Les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) tapent du poing sur la table concernant le projet de loi de finances (PLF) pour 2027. À l’occasion de la venue à Lyon d’Alain Di Crescenzo, président de CCI France, et de Philippe Valentin, président de la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne, les représentants du réseau ont présenté leurs inquiétudes sur la situation économique.

Le PLF 2027, présenté en Conseil des ministres le 1er octobre, prévoit une réduction de 125 millions d’euros des ressources des CCI. Près d’une CCI sur deux pourrait être contrainte de fermer ses portes si cette baisse était maintenue. Alain Di Crescenzo évoque de son côté un risque de 2 000 suppressions de postes sur les 13 600 collaborateurs du réseau. "C’est irréversible, on ne s’en remettra pas."

"Il faut que chacun se regarde devant un miroir"

À Lyon, l’impact serait particulièrement important. Philippe Valentin estime que la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne pourrait perdre environ 4 millions d’euros sur 16 millions d’euros de ressources, soit une baisse de 25%. "On est pour baisser les charges, mais il faut que chacun se regarde devant un miroir. La situation est hyper compliquée. On a le réseau des CCI qui contribue à garder des piliers forts, à savoir l’expertise, la coopération et l’investissement. Mais on est en train de le castrer, ce n’est pas acceptable."

Cette baisse intervient dans un moment déjà délicat. Selon le tableau de bord de septembre 2026 de la Grande consultation des entrepreneurs, l’indicateur d’optimisme s’établit à 57 points, contre 69 en août et 108 en février 2022. Seuls 7% des dirigeants se disent confiants concernant l’avenir de l’économie française. La confiance dans leur propre entreprise s’établit à 60%, en baisse de huit points sur un mois. "Depuis 2015, on fait un sondage mensuel. On a perdu 12 points en septembre. On est au plus bas depuis le COVID", souligne Alain Di Crescenzo. Le président de CCI France met en avant les difficultés des PME et PMI, qu’il estime en récession depuis plusieurs années. "30% ont des problèmes de trésorerie. On fait du désinvestissement", affirme-t-il.

"Il y a une forme de pudeur chez les chefs d’entreprise. Ça fait plusieurs mois que j’entends certains me dire qu’il ne savent pas s’ils passeront l’automne. Parce qu’il faut le dire, si vous n’avez pas de vision sur l’avenir proche, c’est impossible de tenir le coup", ajoute Philippe Valentin.

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La facturation électronique également pointée du doigt

Alain Di Crescenzo a également évoqué la facturation électronique, dont l’obligation de réception est entrée en vigueur le 1er septembre dernier. Il y voit une contrainte supplémentaire pour les entreprises, mais aussi une éventuelle opportunité pour les finances publiques. "C’est une contrainte additionnelle, ça fait perdre du temps aux chefs d’entreprise. En revanche, si ça marche, on peut faire du gagnant-gagnant avec l’État, car ce sont des milliards d’euros de TVA en plus. Ça peut être une super opportunité, mais il faut une capacité d’exécution."

Les dirigeants des CCI veulent désormais peser sur l’examen du texte. Alain Di Crescenzo souligne que "la quasi-totalité des groupes parlementaires ont déposé des amendements pour que les CCI ne soient pas touchées".

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