Mathieu Maisonneuve, administrateur de la CLAVette lyonnaise, est l’invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

"Ça va être très difficile" : les ateliers vélo lyonnais privés de subventions

Mathieu Maisonneuve, administrateur de la CLAVette lyonnaise, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

La CLAVette lyonnaise coordonne 25 ateliers vélos participatifs et solidaires dans la métropole, dont 15 bénéficient de la subvention supprimée par la Métropole. Pour Mathieu Maisonneuve : "Les ateliers d'autoréparation, qui existent pour le vélo mais pour plein d'autres choses, la couture, la réparation automobile, c'est avant tout des lieux de transmission de connaissances." Ces ateliers permettent notamment aux habitants d'apprendre à réparer eux-mêmes leur vélo, de bénéficier d'un accès à de l'outillage, des pièces et un accompagnement bénévole. La perte de la subvention pourrait donc fragiliser les structures les plus dépendantes des financements publics. "Pour des gros ateliers de centre-ville, globalement ça devrait aller. Pour des petits ateliers, je pense aux petits de la première couronne, je pense à Oullins notamment, ça va être très difficile." Selon l'administrateur, cette situation pourrait aller jusqu'à "la disparition d'un contrat et peut-être par la disparition d'un atelier".

La CLAVette demande un dialogue avec la Métropole

Mathieu Maisonneuve reconnaît les contraintes budgétaires auxquelles sont confrontées les collectivités. Les subventions représenteraient environ 10 % du modèle de financement des structures concernées, le reste provenant notamment des ateliers mobiles, des collectivités, des entreprises, des adhésions et de la vente de pièces. La CLAVette demande surtout de renouer le dialogue avec la Métropole. "Nous, ce qu'on demande simplement, c'est, bien sûr, si cette subvention ne peut pas être maintenue, au moins qu'il y ait un dialogue." L'association affirme avoir sollicité les services de la Métropole et les élus afin de présenter son activité, sans obtenir de réponse des élus. Pour Mathieu Maisonneuve, il s'agit désormais de "remettre en place ce dialogue pour simplement travailler en commun, voir ce qui peut être fait d'un côté et de l'autre."

Plus de détails dans la vidéo :

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Bonjour à tous, bienvenue dans l'émission 6 Minutes Chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd'hui, on va parler de vélos et du financement des ateliers d'autoréparation. Pour cela, nous recevons Mathieu Maisonneuve, qui est administrateur à la CLAVette lyonnaise.

Alors, la CLAVette lyonnaise, qu'est-ce que c'est ? C'est la coordination locale des ateliers vélos participatifs et solidaires, autrement dit, des ateliers d'autoréparation. Alors, bonjour Mathieu Maisonneuve.

Merci d'être venu sur notre plateau. On vous reçoit aujourd'hui parce que votre association, qui représente 25 ateliers, dont 15 qui sont financés par la Métropole, dénonce la suppression d'une enveloppe de 120 000 euros de la Métropole de Lyon destinée aux ateliers de vélo. On rappelle que la Métropole a changé de couleur politique, a changé de majorité et est passée des écologistes à la droite.

Elle est aujourd'hui dirigée par Véronique Sarselli. Aujourd'hui se tient aussi le Conseil de la Métropole. Nous avons eu confirmation que cette enveloppe n'allait pas être renouvelée, elle n'est pas à l'ordre du jour du Conseil métropolitain. Alors, moi, j'aimerais d'abord, avant de commencer, expliquer ce que c'est qu'un atelier d'autoréparation.

Alors, les ateliers d'autoréparation qui existent pour le vélo, mais pour plein d'autres choses, la couture, la réparation automobile, c'est avant tout des lieux de transmission de connaissances, c'est-à-dire qu'on n'est pas du tout en concurrence avec les magasins de vélo. Les gens qui viennent chez nous, il y a deux types de publics. Des gens qui veulent apprendre par eux-mêmes.

Donc c'est le but de nos permanences, avec l'accompagnement bénévole, etc. : l'accès aux pièces, l'accès à l'outillage, l'accès à un lieu aussi. Et également des gens qui, simplement, n'ont pas les moyens financièrement, parce que la réparation d'un vélo atteint très facilement le prix du vélo.

Donc là, c'est un moyen de pouvoir réparer son vélo à moindre frais, accompagné, voilà, et effectivement d'avoir aussi des services et un réseau d'entraide derrière. On va rentrer un petit peu dans l'affaire pour laquelle on vous invite, tout de même. Effectivement, cette enveloppe de 120 000 euros ne sera pas renouvelée auprès de vos 15 ateliers.

Vous dénoncez une décision prise sans concertation préalable, je cite. Avez-vous été depuis invité ? Est-ce que vous avez eu l'occasion de vous défendre ?

Parce que votre dénonciation remonte tout de même à plusieurs semaines. Est-ce que, depuis, ça a bougé ?

Alors, pas vraiment. En fait, ça s'est passé en plusieurs épisodes, c'est-à-dire que quand la nouvelle majorité a été élue, on a commencé par rédiger un courrier aux services mobilités et réemploi pour proposer de nous rencontrer, expliquer nos actions, etc. On n'a pas eu de réponse.

On a appris de manière non officielle, donc par les services de la ville, que cette subvention ne serait pas poursuivie. On a fait un deuxième courrier, on est même allé à la rencontre des élus jeudi dernier devant la Métropole pour une manifestation plutôt bon enfant, si vous avez vu les images. Les élus ne sont pas venus et alors, ce qu'on ne comprend pas, c'est qu'en fait c'est une subvention qui a été votée annuellement et qui faisait l'objet d'un consensus gauche-droite. Ce qui est très problématique, c'est que la subvention de cette année est donc pour le budget 2026, c'est-à-dire que ça va concrètement créer des problèmes pour certains ateliers pour boucler le budget.

Alors, on va rentrer un petit peu dans le détail. 120 000 euros, ça représente 1 % du budget du Plan vélo 2020-2026. Pourquoi cette somme est-elle, malgré son montant relativement limité par rapport au budget global, quand même déterminante pour les 15 ateliers concernés ?

Voilà. Ce qu'il convient de dire, c'est que 120 000 euros, ça fait beaucoup quand on rapporte à tout un mandat et un budget global, c'est peu. Cette subvention, déjà, ce qu'il faut comprendre, c'est que ce n'est pas un choix de notre part. Comme toutes les structures, si on pouvait se passer de subvention et d'argent public, on le ferait avec grand plaisir. Aujourd'hui, on est des structures de l'économie sociale et solidaire à but non lucratif, on emploie des personnes salariées, les subventions représentent à peu près 10 % de notre modèle de financement, le reste étant ce qu'on appelle des ateliers mobiles, donc avec les collectivités, les entreprises, les adhésions bien sûr, la vente de pièces.

Donc voilà, c'est une petite partie. C'est une petite partie qui va avoir des impacts, bien sûr, qui dépendent des ateliers.

Mais concrètement, il y a un impact sur la perte de ces 10 % ? Qu'est-ce que vous allez devoir faire ?

Exactement, oui. Pour des gros ateliers de centre-ville, globalement, ça devrait aller. Pour des petits ateliers, je pense aux petits de la première couronne, je pense à Oullins notamment, ça va être très difficile parce qu'on n'a pas le même nombre d'adhésions dans le 7e et à Oullins, c'est très dur d'aller chercher les gens. On intervient beaucoup plus en QPV, les quartiers prioritaires de la politique de la ville, où, en fait, on crée de la vie de quartier, on crée des animations. Donc, concrètement, à Oullins, et je pense aussi à Villeurbanne, ça pourrait se matérialiser par la disparition d'un contrat et peut-être par la disparition d'un atelier.

Donc, ça ne pourrait pas être compensé par d'autres modes de financement ? Il y a un nouveau modèle à réinventer, finalement ?

En fait, les modèles de financement que vous appliquez sur l'après-skill, vous ne les appliquez pas forcément à Oullins. Ce n'est pas du tout la même population, ce ne sont pas les mêmes moyens. Donc, pour Oullins, ça va être très compliqué d'aller trouver ces financements ailleurs.

Et vous, vous demandez quoi aujourd'hui à la Métropole ? On entend bien : maintenir le renouvellement de cette subvention, en l'état ? Est-ce que vous avez d'autres demandes ?

Alors, bien sûr, dans un monde idéal, on me demande de maintenir la subvention. Maintenant, on comprend qu'il puisse y avoir des impératifs budgétaires. L'année dernière, toutes les structures ont dû faire moins 15 %, donc nous, on a fait moins 15 %, comme ce qui a été demandé partout.

J'allais vous demander, certains considèrent aussi que les associations doivent participer à l'effort budgétaire qui est commun à toutes les administrations aujourd'hui et qui, effectivement, a un impact sur le monde associatif.

C'est ça. De toute façon, on ne se voile pas la face, c'est très compliqué pour les collectivités territoriales, on le sait. Nous, ce qu'on demande simplement, c'est, bien sûr, si cette subvention ne peut pas être maintenue, au moins qu'il y ait un dialogue.

C'est-à-dire que, nous, depuis le début, on travaille avec les services de la Métropole, qui ne sont pas les élus, qui sont les techniciens et techniciennes. Ça se passe très bien.

De la ville ou de la Métropole ?

De la Métropole. Et ça se passe très bien. Et donc, ce qu'on demande simplement, c'est de remettre en place ce dialogue pour simplement travailler en commun, voir ce qui peut être fait d'un côté et de l'autre.

Très bien. En tout cas, ce sera le mot de la fin. On va transmettre le message, effectivement, aux élus et on vous réinvitera pour savoir s'il y a une suite qui a été donnée après ces demandes. Merci beaucoup, Mathieu Maisonneuve, d'être venu sur notre plateau. Quant à vous, je vous remercie d'avoir suivi cette émission. Vous pouvez retrouver plus de détails sur la politique des transports, sur la politique aussi des mobilités de la Métropole, sur le site de Lyon Capitale. Je vous dis à très bientôt.

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