Fin du débat public sur le futur collisionneur du CERN : verdict attendu le 3 décembre avant une décision finale en 2028.
Le débat public sur le Futur Collisionneur Circulaire (FCC) du CERN s'est achevé ce mercredi 1er octobre à Thoiry en Haute-Savoie. La consultation s’est étalée sur plusieurs mois. Et sur les différents territoires concernés par ce projet : la Haute-Savoie, l'Ain et le canton de Genève en Suisse. Plus de 2 400 personnes ont participé aux différentes rencontres organisées sur le territoire. La Commission nationale du débat public (CNDP) doit désormais publier son compte rendu avant de tirer un bilan le 3 décembre. Le CERN qui porte le projet sera tenu d’y répondre. La décision finale sur ce projet n'interviendra qu'en 2028.
Un projet scientifique hors norme
Le CERN, organisation internationale basée à Genève, exploite déjà le grand collisionneur de hadrons (LHC), un anneau de 27 kilomètres sous le Pays de Gex. Il a permis, en 2012, la découverte du boson de Higgs. Le FCC dout lui succéder à l'horizon 2040 et permettre de travailler à une échelle bien plus grande. Le FCC est un anneau de 90,7 kilomètres de circonférence, creusé entre 100 et 400 mètres de profondeur sous la Haute-Savoie, l'Ain et le canton de Genève. Il doit ainsi traverser le lac Léman et le massif des Bornes jusqu'aux abords d'Annecy. Huit sites techniques, dont cinq en Haute-Savoie, permettraient d'accéder au tunnel. L'objectif scientifique est de produire des milliards de bosons de Higgs et d'explorer des phénomènes scientifiques encore mal compris comme la matière noire ou l'énergie sombre. Le projet est chiffré à 16 milliards d'euros pour le seul tunnel. Il faut compter 18 milliards d’euros supplémentaires d’équipements pour les expériences scientifiques et le personnel. Sur l’ensemble du projet qui s’étale jusqu’en 2064 , les frais de fonctionnement sont estimés à 4,4 milliards d’euros.
Un débat organisé sous contrainte de calendrier
Le débat public avait commencé mi-mai et s’est donc achevé le 1er octobre par une dernière réunion publique à Thoiry. Un calendrier que les opposants critiquaient. Mi-septembre, 80 élus locaux français et suisses de Haute-Savoie, de l'Ain et du canton de Genève avaient cosigné une tribune pour réclamer davantage de transparence et un allongement de la concertation. Leurs inquiétudes portaient moins sur l'intérêt scientifique du projet que sur ses conséquences environnementales liées aux travaux.

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