Candidature des Alpes Françaises aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’Hiver 2030. (Photo by LOUAI BARAKAT / HANS LUCAS / Hans Lucas via AFP)

JO 2030 : pourquoi le transfert du pôle glace de Nice à Lyon permet de faire de grosses économies

Les investissements des JO-2030 chutent de 445 millions d'euros après le transfert des épreuves de glace de Nice à Lyon. Les premiers travaux devraient être lancés dans les prochains mois.

Les investissements dans les infrastructures des JO-2030, beaucoup moins élevés après le transfert du pôle glace de Nice vers Lyon, ont été validés jeudi, préparant la voie au déclenchement de la phase des travaux à moins de trois ans et demi de la cérémonie d'ouverture.

Lors d'un conseil d'administration, l'établissement public chargé de la construction des infrastructures dédiée aux Jeux, a validé son nouveau cadre financier pour les prochains Jeux d'hiver, soit l'ensemble des coûts et financements associés à chaque opération - aménagement des sites de compétition, des villages pour les athlètes, de voies d'accès prioritaires, etc... Et, bonne surprise, la facture a été très nettement revue à la baisse.

De 1,4 milliards à 961 millions d'euros

En janvier, les investissements nécessaires à la quarantaine d'ouvrages prévus avaient été évalués à 1,4 milliard d'euros, dont une contribution publique de 869 millions répartie entre l'Etat, les deux régions hôtes (Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes) et d'autres collectivités. Un peu plus de 500 millions d'euros devaient être parallèlement apportés par des opérateurs privés, principalement des promoteurs immobiliers.

Mais, au printemps, la carte des sites a été chamboulée : les organisateurs des Jeux ont décidé de rapatrier en catastrophe à Lyon les épreuves de glace après le refus du nouveau maire de Nice, Eric Ciotti, patron de l'UDR, allié du RN, d'installer une patinoire provisoire dans le stade de football de la Baie des anges. Jeudi, la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques) a indiqué qu'à la suite de ce remaniement, les investissements totaux pour les ouvrages étaient désormais prévus à hauteur de 961 millions d'euros, soit quelque 445 millions en moins. Dans le détail, "l'enveloppe globale des concours publics s'élève désormais à 665 millions d'euros, soit une baisse de 204 millions", selon un communiqué.

"La maquette financière se resserre. On a pris en compte l'abandon du +cluster+ (site, ndlr) de Nice, qui a évidemment un impact financier important: le plus gros changement, c'est le fait que le complexe omnisports de Nice, 100% financé par le public et qui était l'ouvrage de loin le plus coûteux (estimé à environ 200 millions d'euros, NDLR), a été abandonné", a résumé auprès de l'AFP Damien Robert, directeur général de la Solideo.

Au final, le projet "va coûter moins cher pour les finances publiques, qu'elles soient locales ou nationales. Évidemment, il y aura un peu moins d'héritage, notamment sportif", sans le complexe niçois, a ajouté M. Robert.

"Pas de marge"

Si le déménagement du pôle glace a "un impact financier important, l'impact opérationnel n'est pas si lourd que ça parce qu'à Lyon, on supervisera deux projets mais rien de neuf en fait", a-t-il expliqué. Outre le pôle glace, sont intégrées dans le nouveau cadre financier d'autres modifications de périmètres ou de "phasage" concernant les villages olympiques.

Damien Robert a ainsi fait état d'un "changement sur le village des athlètes de Briançon, puisqu'on +phase+ le projet et que dans la maquette il n'y a que la phase 1, sensiblement inférieure au projet global". Le projet de Briançon avait été revu à la baisse il y a quelques mois: "Il y a une quinzaine de bâtiments sur le fort" Vauban qui accueillera le village, "on était dans l'optique d'en réhabiliter un peu plus que la moitié. Là, on n'en réhabilite que quatre pour les Jeux. Plus de la moitié des athlètes seront dans de l'hébergement temporaire, et l'autre moitié dans les quatre bâtiments réhabilités. Tout le reste, en deuxième et troisième phases, est reporté après 2030", a souligné le directeur général de la Solideo.

Le cadre financier acté, la Solideo va désormais pouvoir "accélérer le processus de conventionnement avec tous les financeurs". "Mon objectif c'est qu'on mette cela derrière nous avant la fin de l'année, pour que nous puissions enclencher le plus sereinement possible la phase travaux", a mis en avant Damien Robert. "Les premiers travaux commencent en novembre, avec des travaux d'accès au fort des Têtes de Briançon. Puis l'enclenchement des travaux en fonction des ouvrages s'échelonnera entre début 2027 et début 2028", a-t-il détaillé.

Damien Robert a rappelé que tout devrait être livré "à la fin de l'été 2029". "Aujourd'hui, on n'a pas d'ouvrage sur lequel on se dit qu'on n'y arrivera pas. En revanche, on n'a pas d'ouvrage ou très peu, sur lequel on se dit qu'on a de la marge".

Laisser un commentaire

réseaux sociaux
X Facebook youtube Linkedin Instagram Tiktok
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut