La délibération portant sur la création d’une brigade de sûreté et la gratuité des transports en commun pour les forces de l'ordre a été votée ce mercredi 30 septembre lors du conseil d’administration de Sytral Mobilités.
C’était l’une des grandes promesses de campagne de Véronique Sarselli : la création d’une brigade de sûreté des transports a été votée ce mercredi 30 septembre à l’occasion du conseil d’administration de Sytral Mobilités, l’autorité organisatrice des transports en commun lyonnais. Cette proposition s’inscrit dans la feuille de route 2026-2032 portée la Métropole de Lyon et censée apporter "un choc de la sécurité".
Lire aussi : "Un choc de la sécurité" : la Métropole de Lyon dévoile son plan pour les six prochaines années
200 agents supplémentaires d’ici 2032
Présentée dans les grandes lignes fin août par Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon et de Sytral Mobilités, cette brigade doit compter 120 agents d’ici fin 2028, puis 200 agents à l’horizon 2032, et devrait être opérationnelle au premier trimestre 2027. Elle s’appuiera notamment sur un partenariat avec la police nationale, les polices municipales ainsi que la gendarmerie. "Nous changeons d’échelle avec cette délibération", s'est félicitée Véronique Sarselli ce mercredi. Les premiers recrutements devraient intervenir dès janvier 2027.
Interpellée par Fouziya Bouzerda, ancienne présidente du Sytral, sur le budget alloué à cette nouvelle brigade, Véronique Sarselli n’a pas apporté de réponse claire, préférant la prudence. "Nous ne sommes pas en mesure de vous donner un budget pour plusieurs raisons. Nous devons d’abord cadrer les vacations de la réserve opérationnelle qui seront nécessaires sur le réseau. Je pense que, dès novembre, je serai en mesure de vous donner cette information", a-t-elle justifié.
Création d’un bouton SOS et gratuité pour les forces de l’ordre
Autre nouveauté, à compter de janvier 2027, les policiers nationaux, les gendarmes et les policiers municipaux, dont la résidence administrative est située sur le territoire, bénéficieront de la gratuité des transports en commun. Elle se matérialisera par une carte personnelle de libre circulation, toutes zones confondues. Sytral Mobilités évalue par ailleurs la perte de recettes annuelles à 840 000 euros. "Je n’ai pas dit que ce n'était rien du tout. Nous faisons des choix politiques différents, ils ont un impact budgétaire, mais ils nous semblent être complémentaires du plan de sûreté visant à accompagner les forces de l’ordre", a complété Véronique Sarselli. La mesure a toutefois fait réagir, notamment l’élue écologiste Lucie Vacher, qui a déploré "une demande formulée par le syndicat policier Alliance, dont les idées se rapprochent de l’extrême droite" et la socialiste Sandrine Runel qui, elle, a regretté qu’elle ne soit pas étendue aux personnels soignants.
La délibération incluait par ailleurs la création d’un bouton SOS accessible directement depuis l’application TCL afin que chaque usager puisse signaler en temps réel une agression, un vol ou encore un fait de harcèlement sexuel au PC sécurité de TCL. Dès réception de l’alerte, une équipe sera déployée sur place. "On ne part pas de rien", a toutefois noté la présidente du Sytral, qui a tenu à saluer les anciennes équipes pour le travail de prévention déjà réalisé.
"Armer nos agents est extrêmement dissuasif"
S'il a voté pour la délibération, Bruno Bernard, l’ancien président de l’établissement public, s’est interrogé sur l’armement des effectifs de la brigade de sûreté. "Autant sur l’armement de catégorie D il n’y a pas sujet, mais il y a un doute sur la catégorie B. Je pense que cela mérite un travail, d’abord avec les équipes, mais aussi sur les avantages et les inconvénients, notamment sur les temps de formation pour ne pas manquer d’agents sur le terrain", a-t-il expliqué. Et Véronique Sarselli de confirmer : "Vous avez raison, cela mérite de travailler avec les agents. Je peux vous assurer que la préoccupation de la formation est majeure." Pour appuyer la mesure, le vice-président en charge de la sécurité globale, Jérémie Bréaud, a rappelé que les atteintes aux bien et aux personnes étaient estimés à 7 000 en 2025 et que les vols avec violences ont bondi de 227 % entre 2024 et 2025. "Armer nos agents est extrêmement dissuasif, c’est incontestable. Il était urgent que l’on agisse et que l’on prenne toute notre part", a-t-il jugé.
Arme de catégorie B ou D, quelle différence ?
Une arme de catégorie B (pistolets, revolver…) nécessite une autorisation préfectorale en raison de sa dangerosité, tandis qu’une arme de catégorie D (arme blanche, bombe lacrymogène…) est disponible en vente libre pour les personnes majeures, mais son port et son transport sans motif légitime restent strictement interdits et passibles d'amendes.
Lire aussi : Métropole de Lyon : que révèlent les chiffres de la délinquance dans les transports en commun ?
Bruno Bernard a par ailleurs regretté l’absence d’outil législatif pour avoir recours à l’intelligence artificielle et bénéficier d’une remontée immédiate au PC de sécurité. "Il faut absolument l’obtenir. On gagnera des minutes précieuses pour que nos équipes interviennent", a-t-il plaidé. S'inquiétant enfin d'un "manque" d'ambition concernant la fraude dans les transports en commun, Bruno Bernard s'est inquiété d'un potentiel abandon du plan lancé en 2025. "Je suis convaincu que l’on peut gagner entre 5 et 10 millions d’euros", a-t-il estimé. Un doute levé quelques instants plus tard par Véronique Sarselli, la présidente assurant que le plan n’était pas abandonné.
Lire aussi : TCL : l’impossible casse-tête de la fraude

Excellente chose ! J'approuve cette décision, les TCL devenant de moins en moins sûrs. Quant à la fameuse écologiste Lucie Vacher qui ramène sa science, je doute qu'elle mette un orteil dans un bus ou un métro ; elle doit certainement se déplacer en voiture avec chauffeur, plutôt. Cette dame n'est donc pas confrontée à l'insécurité quotidienne qui règne sur le réseau.
Est-ce que la présidente se déplace en TCL ? Ils ont voté pour + de voitures de fonction non ?
Les transports en commun devaient être gratuits pour les lyonnais... une promesse transformée en "gratuité pour l'armée intérieure". 😀 Mais il faut faire plaisir à des gens qui votent à l'extrême droite.
Et 120 personnes recrutées ça fait combien de charges en + dans les comptes ? Des millions d'euros. Donc des impôts en + pour les grand-lyonnais.