Le collectif Solidarité femmes à la rue 69 organise un rassemblement à 15 h 30, ce mercredi, sur la place de la Comédie (1er arr.), pour demander des délais d’occupation et le relogement digne pour tous les habitants de la place de Milan menacés d’expulsion.
La colère et la peur grandissent de jour en jour pour les quelque 280 femmes et enfants ayant trouvé refuge dans un immeuble de la place de Milan, dans le 3e arrondissement de Lyon. Si la justice a ordonné fin août l’expulsion "sans délai" des occupants, ces derniers s’y trouvent toujours. Mais cela risque de ne pas durer puisque, selon le collectif Solidarité femmes à la rue 69, la Métropole de Lyon, propriétaire du bâtiment, aurait demander "le concours de la force publique" afin de les remettre à la rue.
"Alors qu’elle est responsable de la protection de l’enfance, la Métropole a plaidé l’expulsion pour continuer les travaux de rénovation urbaine du quartier. Non seulement cette opération va participer à chasser les pauvres du centre-ville. Mais en plus, nous savons que la Métropole n’a même pas demandé le permis de démolition à la mairie. Le jugement repose sur de fausses allégations. Le bâtiment va donc rester vide pendant des mois après l’expulsion", dénonce le collectif dans un communiqué ce mercredi. La Métropole de Lyon n’aurait, par ailleurs, "jamais accepté" de se rendre sur place.
Une décision de justice remise en question
Si dans sa décision, la justice avait estimé que la fin de l’occupation était "nécessaire à la protection des occupants eux-mêmes contre les risques auxquels leur maintien dans les lieux les expose", le collectif ne la comprend pas. "Nous avons fait tous les travaux demandés par le juge et réglé les problèmes de sécurité. Les conditions de vie à ce jour sont acceptables. Nous invitons à venir visiter et constater. Il y a l’électricité, l’eau et les équipements nécessaires. Mais le juge n’en a pas tenu compte dans sa décision", assure-t-il. L’absence de délai est par ailleurs jugé "catastrophique", alors qu’aucune solution de relogement n’a encore été proposée aux occupants. Le collectif a donc fait appel de cette décision.
"Nous avons des enfants, des femmes enceintes, des personnes malades et âgées qui ne savent pas où aller. Cette décision nous condamne à la rue et à ses dangers. Faire vivre des enfants à la rue est un crime. C’est les priver de sécurité, de stabilité et de leur droit à vivre dignement. La Métropole a-t-elle encore un peu d’humanité ?", s’interroge encore le collectif, qui appelle au rassemblement ce mercredi, dès 15 h 30, sur la place de la Comédie, dans le 1er arrondissement.
Solidarité Femmes à la rue 69 appelle donc les citoyens à se joindre au mouvement pour demander des délais d’occupation ainsi qu’un relogement "digne" pour tous les habitants de la place de Milan. Une pétition a également été mise en ligne. Elle recueille actuellement plus de 2 200 signatures.
La Métropole de Lyon acte la fin des Stations
Mais ce n'est pas la seule décision qui inquiète les travailleurs sociaux. Si ce n'était qu'une rumeur au début de l'été, la fin des Stations Milan (3e arr.) et Rockefeller (8e arr.) , dispositifs dédiés à l’accueil des mineurs non accompagnés en recours de minorité dans l'agglomération lyonnaise, a bien été acté lors du conseil métropolitain de rentrée ce lundi 28 septembre. Ces derniers pouvaient accueillir jusqu'à 102 personnes. La première fermeture doit avoir lieu ce mercredi.
Une décision jugée "incompréhensible" par les quatre députés du Rhône Marie-Charlotte Garin (EELV), Boris Tavernier (EELV), Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) et Sandrine Runel (PS), qui avaient écrit à la Métropole de Lyon et la préfecture du Rhône pour tenter de les faire revenir sur leur décision. "Quelques mois après le changement de majorité métropolitaine et sans qu’aucune autre solution ne soit proposée, ces fermetures ne sauraient être présentées comme un simple ajustement technique ou budgétaire. Elles traduisent une rupture profonde avec les valeurs humanistes de notre territoire", assuraient-ils mi-juillet.
