Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a annoncé ce jeudi 24 septembre qu’une consultation citoyenne allait être lancée dans les prochains jours afin d'apporter la réponse la plus adaptée "aux réalités" du réchauffement climatique et s'est dit prêt à travailler avec la Métropole de Lyon sur certains projets, dont la baignade urbaine à Confluence.
Après les vagues successives de canicule subies entre Rhône et Saône cet été, la Ville de Lyon entend intensifier son action pour adapter le territoire. Mais l’adaptation seule ne suffit pas, et cette seule action "nous condamnerait à réparer toujours davantage de dégâts", a avancé le maire de Lyon, Grégory Doucet ce jeudi lors du conseil municipal. C’est donc sur "deux fronts" que l’édile écologiste souhaite agir : l'adaptation et la réduction des émissions.
Une consultation lancée auprès des acteurs "en première ligne" lors des canicules
Rénovation des bâtiments publics, végétalisation, adaptation des écoles municipales… La Ville de Lyon veut proposer une réponse "plus robustes" dès 2027. Pour construire la réponse la plus adaptée "aux réalités", Grégory Doucet a annoncé qu’une consultation citoyenne sera lancée "dans les prochains jours" auprès des acteurs "en première ligne" lors des épisodes de canicules, mais également des Lyonnais. "Ce qui se joue désormais c’est l’habitabilité de notre ville", a-t-il appuyé ce jeudi matin.
Et d'ajouter : "C’est un enjeu de santé publique majeur. C’est également un enjeu de justice sociale, parce que nous savons que nous ne sommes pas toutes et tous également armés face aux conséquences du bouleversement climatique. C’est aussi un enjeu d’attractivité et de soutenabilité de l’activité économique de notre ville."
Lire aussi :
- Canicule : Lyon parmi les villes les plus chaudes de France cet été
- "Une politique de long terme et un travail de l'instant" : Comment la Ville de Lyon compte adapter le territoire à la canicule
"La Métropole de Lyon est-elle prête à prendre toute sa part dans ce défi ?"
Mais certaines de ces ambitions ont déjà été freinées par la Métropole de Lyon, depuis l’élection de Véronique Sarselli à la tête de la collectivité. Rive droite, rue Grenette, et dernièrement le projet de baignade urbaine dans la darse de Confluence, la Métropole de Lyon s’est opposée à tous les projets, du moins dans leur conception initiale, portés par la Ville de Lyon. Comme il l’avait déjà indiqué, Grégory Doucet s’est donc, une nouvelle fois, dit prêt à collaborer avec Véronique Sarselli. "Nous sommes prêts à travailler sur le projet de la rive droite du Rhône. Le projet peut évoluer. Certains équilibres peuvent être revus. Mais notre ambition pour ces quais demeure (…). Là encore, l’enjeu est de répondre à une réalité climatique qui s’impose à toutes et tous", a-t-il concédé.
Lire aussi : D’abord mis en pause, le projet Rive Droite définitivement abandonné par la Métropole de Lyon
L’édile écologiste s’est également dit prêt à "revoir nos propres dispositifs lorsqu’ils doivent évoluer", à "expérimenter" et à "prendre notre part dans la transformation nécessaire de notre territoire" sur le sujet de la Zone à trafic limitée (ZTL), mais plus globalement sur l’aménagement sur la Presqu’île. Quant au projet de baignade urbaine, "après l’été que nous venons de traverser, créer de nouveaux lieux où l’on peut se rafraîchir en ville ne relève pas de l’accessoire. Cela fait partie des réponses que nous devons construire", a encore martelé Grégory Doucet, rappelant par ailleurs que la consultation lancée par la municipalité a récolté 74 % de réponses favorables. Et de demander : "La question que je veux poser aujourd’hui est donc plus large que chacun de ces projets. Sommes-nous capables, ensemble, de préparer Lyon aux conditions dans lesquelles elle devra vivre en 2050 ? Et la Métropole de Lyon est-elle prête à prendre toute sa part dans ce défi ?"
La Métropole de Lyon "favorable" aux baignades sécurisées, mais "pas n’importe où et pas dans n’importe quelles conditions"
Dans une courte réponse et une stratégie sur ce sujet assez illisible, la collectivité indiquait début septembre que le site choisi pour la baignade se trouve "dans un environnement urbain particulièrement dense, à proximité immédiate de logements, de commerces et de nombreux usages" et présente "des contraintes importantes de sécurité, de fonctionnement et de cohabitation." Sans toutefois désavouer son vice-président Pierre Oliver, qui affirmait que le projet de ne se ferait pas, la Métropole de Lyon indique pourtant que les analyses et études engagées par la Ville de Lyon devront "permettre d’évaluer précisément la faisabilité du projet" et "donner lieu à un avis de l’ARS."
C’est en tout cas le souhait du maire, assure-t-il. "Nos exécutifs sont différents. Nous aurons naturellement des désaccords sur certains projets et sur les moyens d’atteindre nos objectifs. Mais nous devons pouvoir nous retrouver sur une question essentielle : voulons-nous ensemble faire de Lyon et de sa métropole un territoire habitable en 2050 ?", a-t-il conclu.
