Construit en 1928 et définitivement mis en service en 1933, le poste d’aiguillage n°1 de la gare de Lyon-Perrache (2e arr.) est fermé depuis maintenant dix ans. Ouvert à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, le site va accueillir de nouveaux visiteurs dès cette semaine.
Il est un édifice devant lequel les habitants du quartier ou les automobilistes passent régulièrement sans toujours connaître son importance patrimoniale. Situé au 2 quai Rambaud, dans le 2e arrondissement, le poste d’aiguillage n°1 de la gare Lyon-Perrache a traversé les années et regorge aujourd'hui de secrets. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, la rédaction de Lyon Capitale a pu visiter le bâtiment, fermé depuis dix ans et classé monument historique depuis 2023.
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Mise en service définitive en 1933
D’abord, un peu de contexte historique. Bâtie en 1855, la gare de Lyon-Perrache est reconstruite dans les années 1920 sous l’impulsion de la compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée (en charge du réseau du sud-est de la France avant la création de la SNCF en 1938 : Ndlr). En ce sens, les ponts du Rhône et de la Saône sont également reconstruits : celui du Rhône passe de deux à cinq voies, tandis que celui au-dessus de la Saône passe de deux à quatre voies. Quant au poste d’aiguillage, ce dernier est entièrement modernisé afin d’être équipé de poignées d’itinéraires électromécaniques. "À l’époque, c’est presque ce qu’il se fait de mieux au niveau technologique. À la place des anciens leviers, très lourds et sur lesquels on perd du temps, là on crée un itinéraire en deux minutes", indique Olivier Vellay, Architecte du Patrimoine, qui anime la visite.

Définitivement mis en service en 1933, il sera de nouveau modernisé après la Seconde Guerre mondiale dans le cadre d’un vaste plan d’électrification du réseau demandé par l’État à la SNCF. À la gare de Lyon-Perrache, les opérations s’achèvent en 1952. Le poste d’aiguillage poursuit ensuite ses opérations sans trop de changements jusqu’à sa fermeture en novembre 2016. À l'époque, les deux agents pouvaient réguler jusqu'à 300 trains par jour. Afin de sauver le bâtiment de l’abandon, l’association Rail et histoire ambitionne dès 2019 de le restaurer pour l’ouvrir aux visites. Depuis 2023, le poste d’aiguillage est classé monument historique.
Pour permettre une immersion totale, le décor du dernier étage a été adapté à celui des années 1950, mais le fameux poste de l’époque reste, lui, inchangé depuis sa mise en service. Au mur, le tableau de voies fonctionne toujours, mais de façon fictive. "L’association Rail et histoire a créé un logiciel informatique haddock qui est branché sur les installations techniques pour leur faire croire que des trains roulent encore. Aujourd’hui, le poste fonctionne donc comme en 2016, mais la seule différence est que les trains sont fictifs. On a simulé l’environnement extérieur", poursuit Olivier Vellay. Le poste d'aiguillage de Lyon-Perrache est par ailleurs un modèle de sécurité puisque la conception de ses poignées d'itinéraires empêche tout risque de rattrapage entre les trains, de collision frontale ou de "prise en écharpe", c'est-à-dire que des trains se rencontre sur des voies situées perpendiculairement.

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Des visites test organisées dès le 26 septembre
Ce week-end, les visiteurs ont pu donc découvrir tous les secrets du poste d’aiguillage, à commencer par son fonctionnement. Saviez-vous par exemple que la signalétique lumineuse rouge, orange et verte, que l’on associe à la circulation automobile, provient en réalité de la circulation ferroviaire et du code Verlant ? Que l’on utilise le vert car il est la couleur opposée au rouge sur le cercle chromatique ? Autre fait intéressant, lorsqu’une zone s’illumine en rouge sur le plan des voies, cela signifie qu’un train circule, tandis que la lumière blanche indique que la zone est réservée au passage d’un train. Les nombreuses abréviations n’auront également plus de secret pour les visiteurs.
La visite se poursuivra enfin à l’étage inférieur, que l’on appellera "la salle du combinateur." Très étroite, la salle permet de voir et de comprendre comment fonctionne le poste d’aiguillage de l’intérieur grâce aux 32 balanciers encore actifs aujourd’hui, sur les 50 présents. Grâce à la conservation de ses équipements, le site n’a d'ailleurs pas qu’une vocation touristique. "Il peut tout à fait participer à la formation des agents puisqu’il possède les mêmes bases sécuritaires qu’aujourd’hui", souligne encore Olivier Vellay.

Face au succès rencontré chaque année lors des Journées européennes du patrimoine, l’association Rail et histoire espère désormais ouvrir le site aux visiteurs pour d'autres occasions. 20 visites test seront donc organisées entre le 26 septembre et le 31 octobre, pouvant accueillir jusqu’à 12 personnes par groupe. Une cinquantaine de personnes sont déjà inscrites. "C’est vraiment un projet unique en France. L’objectif avec ces visites est d’être plongé en immersion dans la journée du 9 juillet 1954. Les visiteurs pourront aussi observer des tenues et de la documentation de l’époque. C’est un beau projet", s’enthousiasme enfin Olivier Vellay.
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