Vincent Frey, directeur général de l’entreprise lyonnaise d’autopartage Leo&Go

Leo&Go fête ses cinq ans : "C'est une belle histoire lyonnaise"

Vincent Frey, directeur général de Leo&Go, est l’invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Lancée en 2021, l’entreprise lyonnaise d’auto-partage Leo&Go fête ses cinq ans avec 400 véhicules disponibles dans la métropole lyonnaise et 75 000 usagers inscrits. Un développement qui intervient dans un secteur marqué par la disparition de plusieurs opérateurs. Pour Vincent Frey, "c'est un marché très compliqué", mais Leo&Go annonce être parvenu à construire un modèle économiquement viable. L'entreprise propose des véhicules citadins, familiaux et utilitaires, accessibles en libre-service et avec une tarification adaptée à différents usages, de quelques minutes à plusieurs jours. "Utiliser l'auto-partage, c'est utiliser une voiture comme un objet qu'on utilise plutôt qu'un objet qu'on possède", explique le directeur général.

Leo&Go veut poursuivre son développement

Face à Citiz LPA, service d'autopartage public porté par la Métropole de Lyon, Vincent Frey estime que les deux modèles peuvent être complémentaires, notamment parce que Leo&Go fonctionne en free-floating, tandis que Citiz LPA repose notamment sur des stations. "Nous, ce qu'on constate, c'est qu'aujourd'hui on a plus de 90 % de notre flotte qui se trouve dans les mêmes zones que celles qui sont desservies par Citiz", souligne-t-il. Pour les prochaines années, Leo&Go entend poursuivre son implantation territoriale, notamment à Oullins, Pierre-Bénite et Tassin-la-Demi-Lune, mais aussi développer l'auto-partage en stations pour certains usages. L'entreprise souhaite notamment pouvoir proposer des véhicules électriques et utilitaires bénéficiant de bornes de recharge. Pour son cinquième anniversaire, Leo&Go a également organisé un événement place Carnot afin de rencontrer ses utilisateurs et de célébrer une communauté que Vincent Frey décrit comme essentielle au développement du service.

Plus de détails dans la vidéo :

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Bonjour à tous, bienvenue dans l'émission 6 Minutes Chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd'hui, on va parler de transport et de mobilité puisque l'on fête les 5 ans de l'entreprise lyonnaise d'autopartage Leo&Go. Leo&Go, aujourd'hui, ce sont 400 véhicules disponibles dans la métropole lyonnaise.

Ce sont 75 000 usagers inscrits et, pour en parler, nous recevons Vincent Frey, qui est directeur général de Leo&Go. Bonjour Vincent Frey. Merci d'être venu sur notre plateau, on va rentrer dans le vif du sujet.

Est-ce que, d'abord, vous pouvez nous expliquer ce que c'est que l'autopartage pour quelqu'un qui ne connaîtrait pas du tout ?

L'autopartage, le principe, c'est de pouvoir profiter d'une voiture uniquement quand on en a besoin pour remplacer potentiellement une voiture individuelle. On propose 400 véhicules en libre-service sur le territoire de la métropole de Lyon. Depuis une application mobile, l'application Leo&Go, on peut accéder à une voiture en quelques clics, effectuer son trajet, la restituer en fin de trajet dans la zone de service.

Ce sont des véhicules qui sont stationnés en voirie et on peut stationner partout sur Lyon, Villeurbanne, Caluire, Écully, Bron, Sainte-Foy et également à l'aéroport Lyon-Saint-Exupéry.

C'est quand même très pratique, effectivement, pour se déplacer. La voiture, on peut la laisser, vous dites, en voirie, mais c'est dans la rue, globalement dans les rues lyonnaises, en tout cas pour les Lyonnais, on peut la laisser dans la rue. Absolument.

Il n'y a pas un endroit forcément précis où la déposer.

C'est dans la rue et c'est surtout un service tout inclus. Donc tout est inclus : le stationnement, mais également l'énergie, la recharge ou le carburant, l'assurance, l'entretien. Donc, finalement, utiliser l'autopartage, c'est utiliser une voiture comme un objet qu'on utilise plutôt qu'un objet qu'on possède, donc c'est une voiture sans ses inconvénients.

Oui, on ne paie pas l'essence, l'assurance est comprise dans le prix et, au niveau de la tarification, si j'ai bonne mémoire, c'est selon la distance et la typologie du véhicule.

C'est ça. On a des usages très variés, ça va de quelques dizaines de minutes à plusieurs jours ou semaines, mais on va avoir une tarification qui va s'adapter, qui va être dégressive dans le temps, à la minute, à l'heure, à la journée.

On peut même effectuer depuis peu des déménagements, il y a des utilitaires, il y a une flotte qui est quand même assez variée.

Exactement. On avait lancé en 2021 avec une flotte de véhicules citadins en majorité. Aujourd'hui, on propose une gamme beaucoup plus large avec des véhicules toujours citadins, mais également des véhicules familiaux ainsi que des véhicules utilitaires, très pratiques pour un déménagement, par exemple, ou pour des professionnels qui ont du matériel à transporter.

Puis il y a toutes les options disponibles, on peut rajouter un cosy pour les enfants, on peut rajouter diverses options. Vous avez parlé de 2021. Quelle est l'histoire de Leo&Go ?

Comment c'est né, dans quel contexte ?

Leo&Go, c'est plutôt une belle histoire lyonnaise. On opère exclusivement sur le territoire de la métropole de Lyon. Donc c'est vraiment un projet local.

On a réussi à créer une marque à laquelle les Lyonnais sont aujourd'hui attachés. Leo&Go est une filiale de Vulog. Vulog est une société niçoise, fournisseur de technologies de mobilité, qui a souhaité en 2021 éprouver sa technologie, lancer un laboratoire grandeur nature de la mobilité partagée, en l'occurrence Leo&Go.

Quand je dis grandeur nature, c'est parce qu'on avait lancé avec 300 véhicules, 400 aujourd'hui, et on a réussi à construire dans le temps un modèle qui est pérenne et rentable, et on souhaite montrer à d'autres opérateurs de mobilité qu'il est possible de réussir dans l'autopartage. C'est un secteur économiquement complexe. Aujourd'hui, Leo&Go est la preuve vivante qu'il est possible d'être pérenne dans l'autopartage.

C'est aussi pour ça qu'on vous reçoit, parce qu'effectivement, on fête les cinq ans de Leo&Go, cinq ans durant lesquels de nombreux concurrents ont mis la clé sous la porte. Tout de même, le secteur a une concurrence assez rude. Vous, a priori, vous sortez gagnant de cette séquence. Simplement, je vais parler d'un nouvel acteur qui est arrivé il y a deux ans maintenant, deux, trois ans, sous le mandat des écologistes de Bruno Bernard à la métropole de Lyon. Ils ont lancé Citiz LPA, c'est un service d'autopartage qui vient vous concurrencer directement. Eux, c'est un service public avec de l'argent public, c'est important de le dire. Ils souhaitent passer d'une flotte de 600 à 3 600 véhicules d'ici 2030. Comment est-ce que ça n'a pas bouleversé le marché, cette histoire ?

Effectivement, on a compté depuis 2021, il y a plus de 1 000 véhicules qui ont déferlé sur le territoire de la métropole, avec cinq opérateurs différents qui sont venus et ont mis la clé sous la porte, donc ça montre que c'est un marché très compliqué. Citiz est un acteur d'autopartage également, effectivement public, en station. Donc, vous prenez, en termes d'usage, vous prenez une voiture dans une station, vous la restituez dans la même station au retour, c'est ce qu'on appelle un trajet en boucle.

Un point A, un point A.

On peut faire du A vers A, on est stationné en voirie, mais on peut aussi faire du A vers B, je peux aller de Lyon à Écully, par exemple, avec Leo&Go. Donc ce ne sont pas tout à fait les mêmes usages et, dans ce sens, les deux services, Citiz et Leo&Go, sont complémentaires.

On verra les changements qui sont induits par le changement de majorité, notamment à la métropole, qui est passée à droite sur le pilotage de Citiz. Aujourd'hui, on est encore très loin de cette expansion territoriale avec une station Citiz dans chacune des communes de la métropole. Nous, ce qu'on constate, c'est qu'aujourd'hui on a plus de 90 % de notre flotte qui se trouve dans les mêmes zones que celles qui sont desservies par Citiz.

Donc on arrive aujourd'hui à avoir une couverture territoriale qui est relativement similaire et, surtout, encore une fois, on est un opérateur privé, donc on n'est pas dépendant de subventions publiques.

Ils ne sont jamais venus vous voir pour faire un partenariat public-privé, étant donné que vous étiez un acteur lyonnais présent sur le territoire ? Ce n'est jamais arrivé, ça ?

Non, et puis aujourd'hui, on est très content d'être un opérateur privé parce qu'on prend les décisions qui vont dans le sens des usages, des besoins, on se source de tous les retours de nos usagers, nos ouvertures territoriales sont uniquement basées sur des besoins réels. On est aussi conscient qu'il y a une limite économique au modèle, l'autopartage est plutôt destiné au cœur de la métropole, là où on a une bonne infrastructure de transport en commun, d'autres solutions. L'autopartageur se déplace en autopartage en général pour 10 % de ses trajets, mais va beaucoup plus utiliser le vélo, la marche, le transport que le citoyen qui possède sa voiture individuelle.

Très bien, juste en une dernière séquence, là ce sont vos cinq ans, qu'est-ce qu'on vous souhaite pour les cinq prochaines années ? Quelles sont vos perspectives de développement ?

La première, c'est de continuer à pérenniser le service. On va enchaîner deux exercices rentables, il n'y a pas de raison aujourd'hui que les gens délaissent complètement l'autopartage, donc on est plutôt bien lancé. Donc ça, c'est le premier axe : poursuivre cette pérennité. Le deuxième axe, c'est le développement territorial. On souhaite proposer le service dans de nouvelles communes. On a beaucoup de demandes, notamment d'habitants sur Oullins, Pierre-Bénite, Tassin-la-Demi-Lune, donc on est en échange avec ces communes pour y implanter Leo&Go. Et puis le troisième axe : on a parlé de Citiz et de Leo&Go, donc de stations et de free-floating. On souhaiterait également déployer de l'autopartage en stations pour des besoins très spécifiques, par exemple des véhicules électriques, bénéficier de bornes de recharge, par exemple pour nos véhicules utilitaires ou les grands véhicules familiaux. Les stations d'autopartage auraient beaucoup de sens et donc c'est une demande qu'on a faite à la métropole.

Très bien. Et alors c'est aussi vos 5 ans, c'est une semaine ou un mois assez particulier, vous proposez plusieurs jeux, cadeaux, enfin voilà, il y a des concours. Pouvez-vous nous dire un mot avant de conclure ?

Le but, c'est de faire effectivement célébrer cet anniversaire, pas comme un anniversaire lambda. Encore une fois, il vient asseoir la pérennité de Leo&Go et la rentabilité. Donc on a organisé notamment samedi un événement sur la place Carnot, un événement grand public où on a reçu nos usagers et nos non-usagers avec, par exemple, la remise de trophées : le trophée du meilleur rouleur, le trophée de celui qui avait utilisé le plus de véhicules utilitaires. Donc l'idée, c'est de dynamiser un petit peu la communauté et, pour nous, il est très important aussi de rencontrer nos usagers. L'expérience Leo&Go est une expérience digitale, donc on ne voit pas l'usager. Organiser des événements physiques, ça nous permet de recueillir beaucoup de témoignages et toute l'équipe a été très satisfaite d'entendre les retours hyper positifs des usagers.

Très bien, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup Vincent Frey d'être venu sur notre plateau. Quant à vous, merci d'avoir suivi cette émission.

Vous pouvez retrouver plus de détails sur les mobilités et le transport sur le site lyoncapitale.fr. Je vous dis à très bientôt.

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