Longtemps considéré comme la valeur sûre de l’immobilier lyonnais, le marché immobilier de la Presqu’île s’est retourné : les acheteurs se montrent plus prudents, les vendeurs baissent leurs prix et les enjeux de rénovation liés au bâti ancien redessinent les règles du jeu. Analyse.
Entre Rhône et Saône, le marché de la Presqu’île de Lyon navigue en eaux troubles. Ballotté par le yoyo des prix, les restrictions de circulation mises en place par la municipalité et les contraintes énergétiques qui pèsent sur un parc immobilier ancien, ce territoire classé au patrimoine mondial de l’Unesco, des Pentes du 1er arrondissement jusqu’à la Confluence, cherche un nouveau souffle. La question revient alors comme un mantra dans la bouche des vendeurs et investisseurs : l’hypercentre lyonnais, vitrine de la troisième commune de France, a-t-il conservé son pouvoir d’attraction ou est-il en train de perdre de sa superbe ?

Après une correction de l’ordre de -8 à -11 % entre 2021 et 2024, les prix se sont désormais stabilisés. À l’échelle de Lyon, le coût moyen s’établit aujourd’hui autour de 4 500 euros le mètre carré. La Presqu’île se distingue par des niveaux de prix plus élevés, avec un prix médian d’environ 5 000 euros le mètre carré, porté par la rareté structurelle de son offre. Un niveau stable depuis près d’un an qui reste toutefois loin des sommets atteints au sortir de la crise sanitaire, lorsque le prix médian dépassait les 6 000 euros le mètre carré dans l’hypercentre, avec des pics à 10 000 euros le mètre carré pour les biens les plus prestigieux.
Sur le terrain, cette stabilisation est donc loin d’être vécue comme un retour à la normale. Pour les professionnels, elle ressemble davantage à un marché grippé qu’à une véritable reprise. “On travaille énormément. On fait des visites, beaucoup de visites… signe que la demande est là, mais avant de signer un compromis, c’est très long”, témoigne Tony Balsamo, de l’agence Onil Immobilier, dans le 1er arrondissement. De fait, malgré le cachet de ses immeubles, la Presqu’île n’échappe pas au ralentissement qui touche l’ensemble du marché lyonnais.
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