Nous avons embarqué avec le char Groupama pour vivre pleinement la 5e étape entre Mâcon et Belleville-sur-Saône, dans le Rhône. @CL

Au coeur de la caravane du Tour de France Femmes, de passage dans le Rhône

Pendant que les meilleures cyclistes du monde s'affrontent sur les routes, un autre spectacle précède chaque étape, la caravane publicitaire. Sur la 5e étape du Tour de France Femmes entre Mâcon et Belleville-en-Beaujolais, Lyon Capitale a embarqué au cœur du convoi.

Le public applaudit, tend les bras… Certains innovent avec des épuisettes artisanales pour récolter les goodies. Petits et grands, de 7 à 77 ans, ont le sourire lorsqu’ils voient débarquer la mythique caravane du Tour de France. Pour les spectateurs, ce sont quelques secondes de passage. Pour les caravaniers, c'est une journée qui commence bien avant le lever du peloton.

"Faire plaisir aux gens"

Il est un peu plus de 10h, mercredi 5 août, lorsque les 68 véhicules de la caravane publicitaire prennent progressivement place dans le parking technique, à quelques centaines de mètres du départ officiel de la 5e étape entre Mâcon et Belleville-en-Beaujolais. Nous rejoignons alors l’équipe de la marque aux pois verts, Groupama, pour effectuer l’étape complète en immersion.

Avant que le premier véhicule ne quitte Mâcon, les chefs de caravane participent au briefing quotidien organisé par Amaury Sport Organisation (A.S.O.), la société qui organise le Tour. L'objectif est de détailler le parcours, les zones sensibles, la pause technique ou encore les éventuelles restrictions de sonorisation. Tout en définissant l’ordre de passage de chaque marque.

Chez Groupama, Pierrick Ceria, chef caravanier et sur les routes de la Grande Boucle depuis 7 ans, retransmet ensuite les consignes à son équipe. "Au col du Durbize, il faudra faire attention, on a déjà eu un problème par le passé. Et bonne nouvelle, il n'y aura pas de restriction de sonorisation aujourd'hui", lance-t-il avant de souhaiter une bonne étape à ses collègues, et de les inviter au cris de guerre : "Grou-grou-grou-pama !"

À bord du char Groupama, José s'installe derrière son volant. Retraité depuis cette année, il participe à son deuxième Tour, après l’édition 2024. "En tant que conducteur, je suis responsable du char mais aussi des personnes qui sont dessus. Ce qui me plaît, c'est de conduire, de faire plaisir aux gens... Parce que certains attendent la caravane pendant des heures en plein soleil, donc c'est merveilleux de les voir", raconte-t-il avant de décoller.

Pierrick, carnet à la main, donne les dernières consignes à son équipe. @CL

Des milliers de goodies distribués

Quelques minutes avant de se lancer à l'assaut des spectateurs au bord des routes, l'ensemble de la caravane effectue quelques kilomètres dans la ville pour se placer dans un "parking d'attente". Là-bas, le déjeuner est de mise. C'est aussi l'occasion de faire ses besoins. Un détail ô combien important puisque l'équipage doit patienter ensuite plusieurs heures avant de pouvoir s'extirper de la caravane lors de la pause technique désignée à la mi-étape, ou "pause pipi" pour les intimes.

Il est 12h30, José redémarre le char, et nous embarquons pour cinq heures de route dans les terres du Beaujolais. À bord, on retrouve Guillaume, l'animateur, qui harangue la foule par son grain de folie et sa gentillesse, ainsi qu'Emy, la chouchou du public. En effet, c'est à elle que les amoureux du Tour doivent leurs goodies. À sa portée, elle détient plusieurs milliers de brassards et de bobs à l'effigie de la marque d'assurance. "On a exactement le même stock que pour le Tour de France hommes." Originaire de Belfort, elle ne manque pas d’énergie. "C'est incroyable de voir autant de monde sur le bord des routes. Ça ne s’arrête pas depuis la Suisse", sourit-elle entre deux lancers parfaitement maîtrisés.

Emy, hôtesse du char Groupama, participe pour la deuxième année consécutive à la caravane. @CL

Le soleil tape fort sur les routes du Beaujolais, en témoigne les 35 degrés atteints à certains endroits. À découvert pendant plusieurs heures, les caravaniers doivent enchaîner les couches de crème solaire pour éviter les coups de soleil.

Une communication permanente entre caravaniers

À la pause technique, changement de décor. Nous quittons le char pour embarquer dans une voiture partenaire conduite par Jeanne. Et comme baptême, il nous a fallu remonter presque toute l'armada du Tour pour rejoindre la ligne d'arrivée à Belleville-sur-Saône. Au sein de la voiture, l'équipe doit sans cesse communiquer avec les autres caravaniers pour éviter le moindre accident, même lorsqu'il s'agit d'un simple dépassement.

Il faut souvent utiliser le klaxon pour se frayer un chemin dans les cols. @CL

Une fois la ligne d'arrivée franchie, la journée est loin d'être terminée. Les caravaniers rejoignent le prochain départ à bord de vans ou de voitures. Les chars, non homologués pour circuler sur les routes ouvertes, sont chargés sur des remorques.

Une fois arrivée sur le lieu de départ du lendemain, les caravaniers ont le droit à un petit temps de repos, avant de remettre ça le lendemain, pour la prochaine étape.

Une caravane plus modeste que celle des hommes

Si la caravane publicitaire est un incontournable du Tour de France Femmes, elle est encore loin des dimensions de son équivalent masculin. Cette année, elle rassemble 68 véhicules, 25 marques et environ 250 personnes. À titre de comparaison, la caravane du Tour de France masculin mobilise près de 700 personnes, 200 véhicules et 41 marques. Mais ce dernier se déroule pendant trois semaines et 21 étapes, incomparable aux neuf étapes de l’édition féminine. Pour rappel, la caravane n’existe que depuis 2022 chez les femmes, date du retour de l’épreuve dans sa forme actuelle.

Lire aussi : Tour de France Femmes : dans le Beaujolais, l’heure était à la fête

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