Deux industriels de Bellignat viennent de racheter Plex, spécialiste de l'emballage laitier installé à Val-de-Virieu, en Isère. L'entreprise emploie 35 salariés pour 9 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Deux acquisitions en deux ans. En juin 2024, Olivier Massaï et Fabrice Baravaglio reprenaient Fonderie et Plasturgie SA, une PME de Bellignat. Le 24 juillet 2026, la lettre spécialisée CFNEWS révélait leur deuxième opération. Les deux industriels du Haut-Bugey viennent de racheter Plex, en Isère. Massaï dirige l'ensemble, Baravaglio le préside.
FPSA appartenait à la famille Seignemartin depuis 1981. Paul Seignemartin avait bâti la maison autour de deux savoir-faire, la fonderie de zamak et l'injection plastique. Ses fils Éric et Olivier lui ont succédé en 2009, Ses fils Éric et Olivier lui ont succédé en 2009, avant de vendre. La société employait alors 44 personnes pour 13,4 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Quatre sociétés et deux métiers
La cible du jour se trouve à Val-de-Virieu, en Nord-Isère, à quatre-vingts kilomètres de Bellignat. Fondée en 1958, Plex fabrique des pots et des contenants pour l'industrie laitière. Elle emploie 35 personnes et réalise près de 9 millions d'euros de chiffre d'affaires selon les repreneurs. Ses comptes déposés font apparaître un résultat net de 562 000 euros en 2025.

L'entreprise n'était donc pas à vendre par nécessité. Jeanne Argoud et Evelyne Carrière, ses deux actionnaires, l'ont dirigée avant de céder la totalité du capital. Le montant n'a pas été communiqué. Olivier Massaï détaille : « Plusieurs acteurs étaient intéressés par cette acquisition et nous sommes fiers qu'elle ait choisi notre projet. »
Avec Plex, le nouvel ensemble approche 28 millions d'euros de chiffre d'affaires, contre 19 millions avant l'opération. Les deux hommes y réunissent la fonderie de zamak, un alliage de zinc utilisé pour les pièces techniques, et la plasturgie, avec FPSA, la filiale roumaine TDC et désormais Plex.
Le point commun s'appelle l'injection. Ce procédé pousse la matière plastique fondue sous pression dans un moule. Plex y a ajouté en 2008 l'étiquetage dans le moule : l'étiquette imprimée est déposée dans l'empreinte avant l'injection, puis soudée au plastique. Le décor et le pot ne forment ainsi qu'une seule pièce, sans colle. Le laitier reste en revanche un débouché neuf pour les repreneurs, qui disent s'ouvrir « à un nouveau marché ».
Un tissu historique de PME en pleine recomposition
Bellignat jouxte Oyonnax. Autrement dit, les repreneurs opèrent depuis le cœur de la Plastics Vallée. L'histoire de ce territoire commence pourtant loin du plastique. Pendant des siècles, les ateliers du Haut-Bugey y taillaient des peignes dans le bois et la corne.
Le basculement intervient dans les années 1950, selon l'INSEE, avec l'arrivée du celluloïd. Ce premier plastique industriel, tiré de la cellulose de bois ou de coton, imitait précisément la corne et l'ivoire. Les ateliers ont donc changé de matière sans changer de métier.
De ce glissement est née une spécialité. Pour former le plastique en série, la vallée a adopté l'injection et s'y est imposée comme la première de France. Sa densité reste sans équivalent. La zone d'emploi d'Oyonnax comptait 4 200 salariés de la plasturgie en 2019, soit 49% de son emploi manufacturier.
Reste que ce tissu de PME change de mains. Les Seignemartin ont vendu après plus de quatre décennies, Jeanne Argoud et Evelyne Carrière à leur tour. Aujourd'hui, Massaï et Baravaglio assument vouloir poursuivre leur croissance. Leur prochaine cible dira jusqu'où porte l'appétit du Haut-Bugey.
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