Spectacle : D’Artagnan repart à l'assaut du fort de Bron

Fort du succès obtenu la saison dernière, D’Artagnan 1886 est de nouveau jouée au fort de Bron depuis le 11 juin jusqu'au 10 juillet.

D’Artagnan 1886 est une pièce écrite par Philippe Bulinge, mise en scène avec sa femme Maude. On y retrouve ce mélange savant entre histoire et fiction pratiqué par la compagnie Intersignes, dont ils font partie.

On se souvient notamment, entre autres pièces historiques que l’on a pu voir au théâtre des Marronniers, de Jean Moulin, mes résistances, véritable biopic théâtral du grand résistant. Ou de Napoléon, la Nuit de Fontainebleau, qui nous plongeait dans un épisode méconnu de la vie de l’empereur, de longues heures où il fut tout près de s’empoisonner.


Mais D’Artagnan 1886, bien que le contexte historique soit soigneusement documenté, se situe davantage dans le domaine de la fiction. Et surtout, ce spectacle déambulatoire est inséparable du cadre au sein duquel il est joué, le fort de Bron. Une enceinte militaire dont l’histoire particulière est utilisée dans cette création qui emmène les spectateurs à plusieurs endroits, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’enceinte : clairières, souterrains, couloirs, pièces secrètes ou vastes salles de réception.

Et pour cause, la trame initiale de la pièce nous amène en 1886. Et nous confronte à un jeune conscrit (appelé au service militaire, d’une durée de cinq ans !) qui se retrouve incorporé au fort de Bron. Alors que la bâtisse a récemment été mise en service pour protéger la ville de Lyon et intégrée à un redoutable système (conçu par Séré de Rivières) qui fortifie la France après la défaite de 1870.

À peine arrivé sur les lieux, notre jeune Gascon, que l’on surnomme D’Artagnan, parce qu’il a toujours sur lui un exemplaire des Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, bien qu’il ne sache pas lire, se lie d’amitié avec trois vétérans. Tout comme son héros, il se retrouve mêlé à une sombre histoire d’espionnage, liée au contexte de cette fin du XIXe siècle : les tensions entre la France et l’Allemagne qui augmentent… Et le général Boulanger, surnommé “général La Revanche”, devenu ministre de la Guerre, qui exacerbe le patriotisme d’une population qui vit mal la perte de l’Alsace et la Lorraine.

À ce propos, Philippe Bulinge nous a confié qu’il s’était particulièrement renseigné sur Boulanger. Il le voit comme “le premier des populistes en France, il défendait une organisation où tous les citoyens devaient être fichés et surveillés”.

La saison dernière ce sont plus de 3 300 spectateurs qui ont été accueillis au fort de Bron, le spectacle y est donc repris depuis le 11 juin .

D’Artagnan 1886 – Du 11 juin au 10 juillet au fort de Bron, buvette et possibilité de restauration sur place – spectaclefort.fr/home

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