Cuivre en Dombes. Concert dans le parc du château Bouchet à Fareins © Vincent Beras

Escapades à Bourg-en-Bresse et dans le pays de la Dombes : un été sous le signe des arts

Galerie à ciel ouvert dans toute la ville de Bourg-en-Bresse avec la biennale La Zoa, festival anniversaire des 30 ans de Cuivres en Dombes au “pays aux 1 000 étangs”, nouveau parcours d’art contemporain au parc des Oiseaux, cet été Bourg-en-Bresse et la Dombes voisine se transforment en un terrain de jeu artistique, vivant et participatif.

Garde l’oeil ouvert sur toi à la chapelle de la Madeleine, un collage de rue monumental réalisé par Les Murs ont des Oreilles © La Zoa

Du 9 mai au 6 septembre, la seconde édition de La Zoa, biennale de la ville autrement investit les rues, places et monuments de Bourg-en-Bresse. “Nous avons voulu créer un événement qui interroge la transformation urbaine à travers la culture. Une quinzaine d’installations et d’œuvres d’art ouvrent un dialogue avec des quartiers qui ont évolué, comme les berges de la Reyssouze qui ont été redessinées. La Zoa se veut un événement participatif : plus de la moitié des œuvres ont été pensées ou créées avec des associations locales, des habitants ou des scolaires”, explique Benjamin Ziziemsky, maire adjoint délégué à la culture. Une expérience artistique qui permet de révéler les mutations urbaines mais qui aborde aussi d’autres défis auxquels la ville fait face comme la transition écologique.

Vibrations colorées, installation place Edgar-Quinet (La Vizirette) de Damien Poulain © La Zoa

Les artistes régionaux ou invités en résidence ont créé des œuvres pour cette biennale pensée comme éphémère mais dont certaines créations resteront pérennes, avec la volonté d’embellir la ville. “La biennale permet de regarder la ville avec des yeux neufs, de nous interroger sur ce que l’on voit mais s’adresse aussi à un public qui ne va pas dans les musées. Les propositions de médiation et d’ateliers de création ont suscité un vrai engouement”, partage Benjamin Ziziemsky.

La Zoa, une biennale pour en voir de toutes les couleurs

Le fil rouge de cette biennale ? La couleur que les habitants et visiteurs peuvent retrouver aux quatre coins de la ville. Citons notamment les jardins suspendus de la photographe et plasticienne Isabelle Fournier qui se déploient au-dessus de trois carrefours de rues grâce à des toiles légères aux motifs floraux. Inspirée des bouquets peints par Johannès Son, artiste burgien du XIXsiècle, chaque toile ne révèle son image complète que lorsque le public se place au centre, les yeux levés vers le ciel. Mais encore la sculpture monumentale réalisée à partir de cagettes en bois, appelée Projet Rhizome du collectif Artimuse, qui surgit du passage des Cordeliers ou encore les installations colorées de Damien Poulain en passant par les collages de rue géants de l’artiste urbaine Les Murs ont des Oreilles.

Toutes les institutions de la ville se mettent d’ailleurs au diapason de la couleur, dans les bibliothèques ou à l’espace d’art contemporain de Bourg-en-Bresse H2M. Celui-ci a pris l’acronyme de l’hôtel particulier du XVIIIe siècle dans lequel il est hébergé : l’Hôtel Marron de Meillonnas. Le cachet historique du bâtiment avec ses poutres et cheminées crée un cadre singulier pour l’art contemporain. Une toute nouvelle exposition Sous les couleurs de… rassemble de grands noms de l’art contemporain comme le peintre Olivier Debré et les photographes Georges Rousse et Mustapha Azeroual.

Tout l’été, des rencontres, visites guidées, ateliers gratuits (sur réservation) rythmeront le temps de cette biennale qui invite à voir la ville de Bourg autrement.


© Jules Rigobert / Ville de Bourg-en-Bresse

Couleurs d’amour : le patrimoine burgien s’illumine

Du 3 juillet au 29 août, le patrimoine burgien est mis en lumière. La façade du monastère royal de Brou s’illumine au gré de l’histoire d’amour romanesque de Marguerite d’Autriche et de Philibert le Beau tandis que le théâtre de la ville se métamorphose.

Tous les vendredis et samedis, du 3 juillet au 29 août, diffusion en continu, à partir de 22 h à Brou (durée 12 minutes, 6 représentations par soir), et à partir de 22 h 15 au théâtre et à l’hôtel de ville (durée 10 minutes, 6 représentations par soir). Une navette opère le trajet toutes les 15 minutes entre le centre-ville et le monastère de Brou.


Trente bougies pour Cuivres en Dombes !

Cet été, le festival Cuivres en Dombes fête ses 30 ans ! Pour marquer le coup, ce sont pas moins de huit concerts patrimoniaux et vingt et un concerts apéros gratuits organisés au cœur des villages de la Dombes. Aux sons des cuivres, le festival anime châteaux et demeures d’exception, comme le château privé de La Grange, à Lapeyrouse qui ouvre exceptionnellement ses portes pour une soirée du festival. Vous pourrez y écouter les musiciens cuivres et percussions de l’Orchestre philharmonique de Monaco réunis au sein du Monaco Brass et accompagnant la chanteuse Anne Carrère, connue pour ses reprises d’Édith Piaf.

Le château de La Grange à Lapeyrouse © Festival Cuivres en Dombes

Mais cette date anniversaire c’est aussi plus de vingt concerts apéros animant les villages de la Dombes : du cor à la reprise des tubes de Queen et Freddie Mercury en passant par la fanfare béninoise Olaïtan ou le rythme brûlant de la salsa des Balkans, le festival décline une large variété de styles englobant le jazz, le classique, le funk ou la musique du monde. Comme chaque année, la programmation, riche et éclectique, valorise aussi bien des artistes de renommée internationale que des artistes cuivres de la scène nationale et régionale.

La fanfare béninoise Olaïtan

Chaque concert décline une offre de buvette et restauration à prix raisonné et à base de produits locaux et/ou bios. Des ateliers artistiques ambulants auront lieu pour réaliser avec le public l’album des 30 ans et partager des temps artistiques.

Les Étincelantes : un tout nouveau parcours artistique au cœur de la Dombes

Surnommée le “pays aux 1 000 étangs”, la Dombes, est la première région piscicole en eau douce de France. Ce territoire unique, façonné par l’homme, est un véritable paradis pour les oiseaux et abrite une faune et une flore d’exception. Ce n’est pas pour rien qu’en 1970 le parc des Oiseaux s’y est implanté ! Aujourd’hui, avec près de 2 200 oiseaux sur 35 hectares, il présente la plus belle collection d’oiseaux en captivité d’Europe dans des ambiances paysagères et des conditions de bien-être exemplaires. Une journée de visite vous embarquera pour un tour du monde à vol d’oiseau du bush australien aux côtes chiliennes, en passant par la jungle tropicale. Le spectacle d’oiseaux en vol constitue le point d’orgue de la visite au cours de laquelle grands et petits peuvent admirer plus de 250 espèces emblématiques des cinq continents.

En mai, le parc des Oiseaux innove en ouvrant un parcours d’art contemporain original en pleine nature. Le commissariat d’exposition a été confié à Fanny Robin, directrice artistique de la fondation Bullukian, à Lyon. “Je connais bien le parc où je vais souvent avec mes enfants. J’aime décloisonner le plus possible l’art contemporain, loin du musée et les paysages de nature se prêtaient à un projet ambitieux. C’était à la fois une page blanche, où tout était à imaginer, tout en composant avec la nature, sans la dégrader, qui reste le sujet de ce projet”,explique-t-elle.

Entre, d’Emmanuelle Ducrocq © Yves Tonnerieux

Les œuvres, imaginées au contact du lieu et des oiseaux qui le composent, jalonnent “La Petite Dombes”, un espace naturel préservé de 700 mètres qui rouvre exceptionnellement après vingt ans de fermeture au public.

Icare de Cyrille André © Yves Tonnerieux

Sept artistes contemporains, aux esthétiques différentes, abordent le thème de l’oiseau. Symbole de liberté, célébré pour la richesse de ses chants, de ses couleurs et de ses silhouettes, il est récemment devenu une véritable sentinelle de la qualité de notre environnement. “La figure de l’oiseau traversait déjà le travail de nombreux artistes invités comme celui de Chourouk Hriech, originaire de Bourg-en-Bresse, ou de Cyrille André qui utilise l’oiseau comme figure récurrente dans son œuvre tandis que d’autres comme l’illustratrice Édith Carron, qui signe l’affiche des Étincelantes, s’essaient pour la première fois à la sculpture”, partage Fanny Robin. Au total, une quinzaine d’œuvres, que le visiteur découvre parfois soudainement dans la végétation, invitent à une paisible déambulation. L’exposition en peine nature est programmée jusqu’en novembre, le temps de voir les œuvres varier au fil des saisons…


Le saviez-vous ?

Le millier d’étangs (environ 1 200) de la Dombes a été créé par l’homme dès le Moyen Âge. Ce paysage “en miroir” est régi par l’évolage, une alternance ancestrale entre la mise en eau pour la pisciculture et l’assec pour la culture céréalière. Véritable sanctuaire de biodiversité, la Dombes constitue la première zone de France pour la reproduction des oiseaux migrateurs. L’architecture locale y est tout aussi singulière, marquée par l’utilisation du pisé et de la brique rouge (le “carron”), visibles dans ses fermes et châteaux.


© Musicales du parc des Oiseaux

Les Musicales du parc des Oiseaux

Fin août, ce festival, devenu incontournable, accueille chaque année près de 30 000 spectateurs dans un cadre naturel exceptionnel faisant dialoguer musique et paysage. À l’affiche cette année, Calogero, Les Ogres de Barback, Jeanne Cherhal, Julien Clerc… Quinze artistes seront présents pour seize concerts dans un lieu unique.


Infos pratiques

Où loger ?

  • Le Griffon d’Or, hôtel 3* en plein centre de Bourg-en-Bresse
  • Cabanes insolites (perchées ou flottantes) et camping, à Saint-Paul-de-Varax – domainedeladombes.com

Où se restaurer ?

À ne pas manquer

  • Les Étincelantes, exposition en plein air de mai à novembre, au parc des Oiseaux – parcdesoiseaux.com
  • Couleurs d’amour, spectacle son et lumière, du 3 juillet au 29 août, à Brou et dans le centre-ville de Bourg-en-Bresse – bourgenbressedestinations.fr

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