À Lyon, où le célibat progresse, les façons de se rencontrer se diversifient. Enquête sur les nouveaux terrains de la rencontre amoureuse, entre applications, réseaux sociaux et retour aux échanges réels.
Attablé à une terrasse d’un restaurant du bas des pentes de la Croix-Rousse, Louis*, 29 ans, est un peu stressé. Dans quelques minutes, ce juriste va rencontrer Emma*, 27 ans, infirmière à l’hôpital Édouard-Herriot. Mis en relation via Mado, une application de rencontre lyonnaise [voir page suivante], cela fait maintenant trois semaines qu’ils échangent des messages. “Les premières secondes sont les plus importantes. J’espère que ça va bien se passer. En tant qu’homme, c’est beaucoup plus difficile d’être pris au sérieux sur les applications. Il m’est déjà arrivé d’avoir de mauvaises surprises avec des personnes bien différentes de ce que leur profil promettait ou leurs photos”, souffle-t-il en habitué des plateformes. Comme beaucoup de jeunes actifs, Louis assume de confier une partie de sa vie sentimentale aux algorithmes. “En fait, je gagne du temps. Depuis ma sortie d’études, je me suis beaucoup investi dans mon travail et je n’ai pas eu beaucoup d’occasions de sortir. Mes amis sont éparpillés en France et commencent à se ranger. Je suis donc obligé d’optimiser si je veux trouver quelqu’un de sérieux en dehors de mon cercle professionnel.” Le lendemain, verdict : la soirée s’est bien passée et les deux jeunes gens ont décidé de se revoir.
40 % de célibataires à Lyon
À Lyon, la vie de couple reste une norme solidement installée. Parmi les habitants de 15 ans ou plus, 30 % sont mariés (Insee), 6 % sont pacsés et 12 % vivent en concubinage ou en union libre. Le mariage est néanmoins en chute libre de -29 % depuis 1975. L’âge joue un rôle déterminant : 57 % des 25-39 ans vivent en couple, contre 63 % des 40-54 ans, mais seulement 18 % des 20-24 ans. La ville demeure également marquée par une forte homogamie sociale : selon l’Insee, quatre couples sur dix appartiennent au même groupe social.
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