Fusillades, règlements de comptes, incendies criminels, tueurs à gages. Lyon et la France découvrent avec effroi ce que quelques journalistes et chercheurs annonçaient depuis vingt ans : le narcotrafic n’est plus un problème de quartier. C’est un système criminel organisé, armé, enraciné. La ville de Lyon en est devenue, malgré elle, le nouveau laboratoire.
Il n’est plus une semaine dans l’agglomération lyonnaise sans que les règlements de comptes entre trafiquants ne fassent des victimes. Les chiffres sont là, cliniques. C’est le ministre de l’Intérieur lui-même qui les a lâchés : depuis le début de l’année, dans la région lyonnaise, près de soixante-dix actes d’intimidation ont été enregistrés, autant que sur toute l’année 2025. La cadence s’emballe. Si Laurent Nuñez est sorti de son silence, c’est que l’info a pris une tournure nationale. Le 11 mai, un incendie criminel dans le quartier du Prainet à Décines-Charpieu a coûté la vie à trois personnes et fait quatorze blessés. Le Prainet : 2 500 habitants sur 15 hectares, un quartier prioritaire de la politique de la ville, 45 % de taux de pauvreté, près d’un jeune de 16 à 25 ans sur trois ni scolarisé ni employé*. Le terreau idéal. Depuis plusieurs semaines, le quartier est le théâtre d’une guerre entre bandes rivales – tirs sur des façades, incendies de portes palières, une passante blessée par balle au mollet fin avril en rentrant chez elle avec ses enfants. Le 11 mai au matin, un incendie d’une violence extrême ravage un immeuble de la rue Sully. Le bilan est lourd : trois morts, quatorze blessés, trente-huit habitants relogés dans un gymnase. Trois civils pris dans la guerre des autres.
Il vous reste 78 % de l'article à lire.
Article réservé à nos abonnés.

Amazon ouvre son site le plus high-tech de France à Lyon