La nomination annoncée de Vincent Roberti comme numéro deux du Comité d’organisation des JO 2030 doit relancer un projet fragilisé. Il aura quelques semaines pour trancher les sites, dont celui du hockey masculin.
Un préfet pour sortir de la crise de gouvernance ? En passe d'être nommé numéro 2 du Comité d'organisation des JO-2030, Vincent Roberti devra boucler en quelques semaines la carte des sites olympiques, la ville hôte du hockey sur glace masculin restant à désigner.
En février, le départ du directeur général Cyril Linette pour "désaccords insurmontables" avec le président Edgar Grospiron avait provoqué un séisme au sein du Comité d'organisation des Alpes 2030, déjà fragilisé par les démissions successives de la directrice des opérations, du directeur de la communication et du président du comité des rémunérations.
Les JO (enfin) "sur les bons rails" ?
L'Etat avait alors diligenté une mission d'inspection sur la gouvernance du Cojop, et l'ex-délégué interministériel aux JO-2024 Michel Cadot avait été chargé d'une mission d’intérim. Lundi, la nomination de Vincent Roberti, actuel préfet du Tarn-et-Garonne, comme bras droit d'Edgar Grospiron va être proposée aux parties prenantes des JO-2030 - soit les représentants du gouvernement, des comités olympique et paralympique ou encore des régions organisatrices de ces Jeux d'hiver, Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes.
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"Il y aura une confirmation lundi avec un vote en bureau exécutif", a déclaré la ministre des Sports Marina Ferrari dans une interview diffusée jeudi par le média Savoie News. M. Roberti "est un excellent préfet, il a toutes les qualités. Je pense que maintenant nous sommes sur les bons rails pour que les Jeux avancent vite", a-t-elle estimé. Énarque, ingénieur de formation, Vincent Roberti, 59 ans, a exercé dans l'administration centrale mais aussi dans de grandes collectivités territoriales, en Isère et dans le Rhône notamment.
Sur sa page LinkedIn, il met en avant son "goût pour l'action publique" et affiche aussi son intérêt pour le sport: il a ainsi participé en septembre au cross annuel du 17e régiment de génie parachutiste de Montauban, et aussi assisté en avril à Grenoble à la finale de la Ligue Magnus de hockey sur glace remportée par Bordeaux.
22 juin, date butoir
Le hockey sera d'ailleurs le dossier le plus urgent auquel Vincent Roberti va devoir s'atteler, après le refus du nouveau maire de Nice Eric Ciotti d'accueillir les épreuves masculines dans le stade de football de l'Allianz Riviera, comme le prévoyait le projet Alpes 2030.
Face à l'absence d'alternatives viables dans la région sud, le Cojop a indiqué fin avril "étudier" un repli vers des "équipements existants", à Lyon et Paris notamment, pour organiser ce temps fort des Jeux d'hiver qui génère d'importantes recettes de billetterie.
Paris Entertainment Company, l'exploitant parisien de l'Accor Arena (Bercy) et de l'Adidas Arena (Porte de la Chapelle) s'est porté candidat, tout comme la LDLC de Décines-Charpieu, près de Lyon, qui présente son enceinte de 16.000 places comme "la solution la plus crédible, la plus aboutie et la plus durable".
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Ces candidatures - Grenoble ou encore Gap pourraient également se positionner pour l'accueil du hockey masculin - seront examinées lundi lors du bureau exécutif mais continueront à être étudiées "jusqu'à début juin", a récemment expliqué Renaud Muselier, président de la région Paca. La carte définitive de l'ensemble des sites qui accueilleront les compétitions doit être bouclée avant le 22 juin, date à laquelle elle doit être validée par le Comité international olympique (CIO) lors d'une commission exécutive.
Outre le hockey sur glace, plusieurs inconnues demeurent sur cette carte: la répartition des épreuves de ski alpin entre Courchevel et Val d'Isère, la localisation du ou des site(s) paralympique(s) ou encore celle de l'anneau de glace qui accueillera en Italie ou aux Pays-Bas le patinage de vitesse sur longue piste, la France ne disposant pas d'un tel équipement.
Fin février, avant même le blocage niçois autour du hockey masculin, Edgar Grospiron avait déjà reconnu devant les sénateurs "quatre mois de retard sur la finalisation de la carte des sites".
