La suppression de la ZFE lyonnaise est actée. La question que tout le monde se pose : à quel prix pour la qualité de l'air ? Élus, scientifiques et riverains n'ont pas la même réponse.
La réponse est nuancée et les acteurs lyonnais eux-mêmes sont loin d’être unanimes. Le Parlement a définitivement adopté, le 14 avril dernier, la loi de “simplification de la vie économique” actant la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), dont celle de Lyon. La décision est contestée au Conseil constitutionnel mais elle dessine déjà un clivage fort entre la Ville et la Métropole de Lyon. Le maire écologiste Grégory Doucet avance le chiffre de 34 % de baisse de la pollution au dioxyde d’azote et de 18 % concernant les particules fines entre 2019 et 2024, attribuant ces résultats à la ZFE. Il avertit que la suppression du dispositif risque de faire revenir des véhicules très polluants en ville. La Métropole, elle, tient un discours inverse. Sa présidente Les Républicains Véronique Sarselli juge le dispositif “injuste et déconnecté des réalités du terrain”, soulignant que le parc automobile s’est, de toute façon, transformé : les véhicules les plus polluants ont reculé de plus de 60 % entre 2011 et 2025 et les voitures électriques dépassent désormais 24 000 unités sur le territoire. Sous-entendu : la ZFE n’est plus nécessaire.
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Sur le plan scientifique, le tableau est plus complexe. Guillaume Sabiron, chercheur à l’IFP Énergies nouvelles, rappelle que la pollution locale lyonnaise, notamment les oxydes d’azote nocifs pour les voies respiratoires, est très localisée. Un feu rouge, un rond-point ou une pente suffisent à créer ce qu’il appelle des “hotspots” de pollution concentrée. En gros, à une échelle trop macroscopique, ces zones à fort risque sanitaire restent invisibles. Et, en clair, si la tendance globale à l’amélioration de l’air peut se poursuivre grâce au renouvellement naturel du parc, des points névralgiques très localisés pourraient se dégrader sans que les outils de mesure actuels ne le captent forcément. La suppression des ZFE ne signe pas automatiquement le retour d’une pollution généralisée mais elle retire un levier de contrôle sur les situations les plus critiques.
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