L'Etat a dévoilé son bilan et ses priorités concernant la lutte contre la pollution aux PFAS en Auvergne-Rhône-Alpes.
Suite aux découvertes de 2022 concernant les PFAS, une mobilisation interministérielle a été engagée pour répondre aux enjeux sanitaires et environnementaux liés à la pollution de ces perfluorés.
Afin d'apporter des réponses concrètes aux habitants touchés et aux acteurs du territoire Auvergne-Rhône-Alpes, une feuille de route régionale avait été publiée par l'Etat. Cette dernière vient d'être actualisée. Elle vise à dresser le bilan des actions engagées et à fixer les priorités pour 2026 autour de quatre axes. L'objectif ? "Protéger durablement la santé des populations, en s’appuyant sur la science et l’innovation, la mobilisation collective et la transparence", expliquent les services de l'Etat.
Réduire les pollution PFAS à la source
Alors que l'Auvergne-Rhône-Alpes est la région la plus avancée de France en termes de surveillance des rejets dans l'eau, l'enjeu est désormais d'agir. Ainsi, les 41 sites les plus émetteurs ont été contraints de mettre en œuvre des plans d'action pour réduire leurs émissions. En 2026, ces derniers seront contrôlés par la DREAL (direction générale de l'environnement de l'aménagement et du logement), l'objectif étant de réduire les rejets et tendre vers leur suppression à l'horizon 2030.
En parallèle, l’État engagera, cette année, une nouvelle étape, avec la surveillance de stations d’épuration urbaines et industrielles, incluant des analyses des eaux et des boues par les exploitants. "Un cadre national permettra d’adapter la gestion des boues (épandage, incinération…) selon des seuils de teneurs en PFAS, afin de mieux prévenir les transferts de pollution vers les sols et les milieux", précise la préfecture de région.
Eau et denrées alimentaires
Aujourd'hui, les contrôles des PFAS dans l’eau distribuée couvrent déjà 96 % de la population rhônalpine et 17 situations de non-conformité ont été résolues. C'est notamment le cas du champ captant de Ternay, qui alimentait les habitants avec une eau contaminée aux PFAS au-delà des normes imposées. Grâce à une aide de l'Etat, ce dernier s'est doté d'un système de filtration au charbon actif lui permettant de respecter les nouvelles normes début 2026. En 2026, cette surveillance sera étendue aux captages de plus faibles débits. L’État annonce poursuivre son accompagnement des collectivités pour un retour durable à la conformité, tout en anticipant les évolutions à venir, notamment l’élargissement des contrôles à de nouvelles substances telles que le TFA (micropolluant). La surveillance des eaux de source sera également poursuivie.
En parallèle, des investigations menées sur le sud lyonnais et le secteur de Rumilly, ont conduit les services de l’État à émettre localement des recommandations ciblées, de non consommation de produits des jardins privés ( œufs, fruits, légumes...) : "En 2026, les efforts porteront sur l’approfondissement des connaissances, le renforcement des plans de surveillance et l’adaptation des recommandations, en lien avec les avancées scientifiques", précisent les services de l'Etat. A noter que les contrôles réalisés par les services de l’État sur les productions agricoles et les élevages professionnels, montrent à ce stade une conformité aux valeurs réglementaires existantes.
L'Etat affirme soutenir la recherche
Enfin, l'Etat affirme soutenir plusieurs initiatives régionales structurantes. "Les actions engagées visent en particulier à mieux caractériser l’exposition des populations et des travailleurs, à renforcer les démarches de prévention et d’information du public, ainsi qu’à accompagner le développement de solutions industrielles innovantes", précise la préfecture. Ces actions devraient également permettre de structurer un véritable écosystème régional, notamment à travers la mise en place d'un HUB d'excellence dédié aux PFAS.
En parallèle, les services de l'Etat poursuivront leurs analyses exploratoires dans l'environnement, notamment dans les sédiments.
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