Vallée de la chimie
Vallée de la Chimie, Sud de Lyon.

Une seule offre de reprise pour Polytechnyl, 450 emplois menacés à Lyon

Plus de 450 salariés de l'entreprise chimique Polytechnyl risquent de perdre leur emploi près de Lyon et à Valence, dans la Drôme, un seul repreneur ayant déposé une offre minimaliste, a appris mardi l'AFP auprès des syndicats.

Cette filiale française du groupe belge Domo, qui produit des plastiques techniques à base de nylon pour de nombreux secteurs industriels (automobile, textile...) a été placée en redressement judiciaire en janvier. A une semaine d'une audience cruciale devant le tribunal des affaires économiques de Lyon, une seule offre de reprise a été déposée par la société d'investissement américaine Lone Star, qui propose de conserver uniquement 72 salariés sur environ 550.

"Un choc pour tous les salariés"

Elle ne concerne que le site rhodanien, et porte uniquement sur les brevets, la marque Technyl, la recherche, les stocks et le service commercial. Mais pas l'outil de production ni l'immobilier. "C'est un choc pour tous les salariés", qui se partagent sur les sites de Saint-Fons (Rhône) et Valence, rapporte Patrick Leray, délégué CFE-CGC.

"Les seules usines (du groupe Domo, ndlr) qui vont fermer, c'est la France", souligne aussi Pascal Mayen, délégué Unsa, regrettant la perte d'un "savoir historique, qui a été développé pendant 70 ans". "Cela parait extraordinaire qu'on ne donne pas sa chance à l'entreprise alors qu'on a démontré qu'on est rentable, si on achetait les matières premières au prix du marché", argumente-t-il, dénonçant que ces dernières soient fournies par un concurrent.

Une centaine de personnes travaillant pour des entreprises extérieures (manutention, restaurant d'entreprise) sont également concernées, souligne M. Leray. Les syndicats s'inquiètent en outre des conséquences d'une fermeture sur les autres entreprises de la vallée de la chimie, évoquant un possible "effet boule de neige" puisque Polytechnyl fournit des intrants à certains de ses voisins.

Dans un communiqué publié la semaine dernière, l'intersyndicale Unsa-CFE-CGC-CGT faisait part de sa "déception" après une rencontre à Bercy. "Nous demandons une protection temporaire et le temps nécessaire pour concrétiser les solutions", écrivaient les syndicats. Le ministre délégué à l'Industrie "suit la situation de très près et travaille à dégager une solution", avait précédemment indiqué à l'AFP le cabinet de Sébastien Martin.

130 postes déjà supprimés

La mise en faillite fin 2025 de trois filiales de Domo en Allemagne et "l'échec des négociations entre actionnaires, banques et créanciers visant à établir un plan global de financement" ont "eu des répercussions directes sur Polytechnyl", avait expliqué Domo France en janvier pour justifier son placement en redressement.

Dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), 130 postes ont déjà été supprimés depuis l'été 2025. Il reste aujourd'hui quelque 450 salariés à Saint-Fons, au sud de Lyon "dans la vallée de la chimie" où Polytechnyl est présent depuis le début des années 1950, et environ 90 à Valence.

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